mercredi , 23 septembre 2020

Noor Muhammad Nizam Baboorally, artiste calligraphe : «La calligraphie arabe : un cadeau de Dieu»

Noor Muhammad Nizam Baboorally plus connu sous le nom de Hafeez Noor de Paris, présente au grand public mauricien 171 œuvres originales de calligraphie arabe. Vous pouvez voir l’exposition jusqu’au 11 mars 2020 au Botawala Lounge, Taher Bagh, à Port-Louis.

Chanel, Dior, Salvator Ferragamo, autant de grandes marques pour lesquelles Nizam a prêté sa plume. Connu dans le monde calligraphique latin en France, cet artiste a déjà proposé ses services à de nombreux chefs d’Etat, des familles royales et de hautes personnalités. Il nous vient tout droit de Paris pour nous faire découvrir l’art de la calligraphie arabe mais sous un autre angle. En effet, les œuvres de Nizam ont la particularité d’être des représentions calligraphiques à connotations religieuses. Elles renferment des versets coraniques, des wazifas soit des récitations religieuses et des duah, soit des formules de supplications. « Le but de cette exposition est de montrer la beauté des versets coraniques. Habituellement je travaille uniquement sur du noir et blanc mais j’ai cru comprendre que les Mauriciens étaient friands de couleurs alors j’ai écrit quelques créations avec un peu de couleurs chaudes », nous confie-t-il en riant.

Né à Maurice, Nizam a émigré à La Réunion puis s’est installé en France dans la capitale. Destin tout tracé ou chemin qu’il a construit à sa façon ? Qu’importe ! Nizam s’y était préparé depuis toujours. La calligraphie latine coule dans ses veines depuis sa naissance. Il est, assure-t-il, le bénéficiaire d’un don familial qui se transmet depuis presque 7 générations. « Je pourrais dire que je suis né avec une plume à la main. Je n’ai jamais suivi de cours concernant la calligraphie latine mais j’ai toujours voulu apprendre à écrire l’arabe », raconte-t-il.

Il est Hafeez-ul-Quran certes, mais il maîtrise les versets coraniques dans la lecture mais pas dans l’écriture. C’était son plus grand souhait de devenir un maître de la calligraphie arabe. « Mon père et mon grand-père étaient des bijoutiers-joailliers. Ils maitrisaient l’art calligraphique latin et effectuaient des gravures sur les bijoux. Ils m’ont transmis ce don mais je voulais le faire évoluer en quelque chose qui serait beaucoup plus bénéfique pour moi spirituellement », laisse-t-il entendre. Un jour, il fait la rencontre d’un grand calligraphe irakien. Celui-ci le démotive au départ mais lui prodigue un conseil qui changera sa vie à jamais. « Il était très impressionné par mon travail. Il m’avait demandé d’observer les calligraphies du monde entier. Et le jour où je pourrais observer avec mon cœur et non avec mes yeux alors c’est à ce moment-là que j’arriverais à la contemplation », souligne-t-il.

Noor Muhammad Nizam Baboorally

Don spirituel

Par la suite, il a acquis un don spirituel et une faculté de pouvoir écrire en arabe. Travaillant dans le milieu événementiel toute sa vie, il décide même d’en faire son métier et devient calligraphe professionnel. Désormais, il maîtrise la calligraphie latine, arabe et hébraïque. « Un jour, je me suis réveillé j’ai trempé ma plume dans l’encre et la première lettre que j’ai dessinée était un Alif. S’est ensuivi le mot Allah tout naturellement. C’est un vrai cadeau de Dieu », dit-il.

En ce qui concerne la calligraphie des versets coraniques, Nizam le fait de façon complètement bénévole. Il a déjà participé à diverses expositions et animé également des démonstrations auprès des instituts religieux de France. « Nous sommes tous fiers mais je n’ai pas les chevilles qui enflent en disant que je prête ma plume à de hautes personnalités. En tant que musulman, il n’y a pas de grande fierté, c’est uniquement spirituel », fait-il ressortir.

La Surtee Soonee Mussulman Society, qui organise cette exposition, invite tous les Mauriciens, les écoles, les instituts d’art et religieux à venir apprécier les œuvres jusqu’au 11 mars au Botawala Lounge à Taher Bagh, Port-Louis, de 9h à 17h. L’accès est gratuit.

Noor Muhammad Nizam Baboorally

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