Monday , 21 September 2026

MPOX : Ce que chaque Mauricien doit savoir

Depuis quelques années, le monde est confronté à l’émergence de nouvelles maladies infectieuses. Parmi elles : le Mpox (anciennement appelé variole du singe ou monkeypox), une maladie virale qui a suscité une attention internationale particulière. Bien que le risque pour la population générale à Maurice demeure faible, il est important que chacun comprenne ce qu’est cette maladie, comment elle se transmet et quelles mesures permettent de s’en protéger.

Qu’est-ce que le Mpox ?
Le Mpox est une maladie infectieuse causée par un virus appartenant à la même famille que celui de la variole humaine. Toutefois, il est généralement beaucoup moins grave que la variole qui a été éradiquée dans le monde en 1980. Le virus a été identifié pour la première fois chez des animaux en 1958 et le premier cas humain a été documenté en 1970 en Afrique centrale.

Quels sont les symptômes ?
Les symptômes apparaissent généralement entre 5 et 21 jours après l’exposition au virus. Les signes les plus fréquents du Mpox comprennent la fièvre, une fatigue importante, des maux de tête, des douleurs musculaires et dorsales, un gonflement des ganglions lymphatiques ainsi qu’une éruption cutanée caractéristique. Ces symptômes apparaissent généralement quelques jours après l’infection et peuvent varier en intensité d’une personne à l’autre.

L’éruption peut débuter par des taches rouges qui évoluent ensuite en boutons, puis en vésicules contenant du liquide avant de former des croûtes. Ces lésions peuvent être douloureuses ou provoquer des démangeaisons. Elles peuvent apparaître sur le visage, les mains, les pieds, la bouche, les organes génitaux ou d’autres parties du corps.

Comment le Mpox se transmet-il ?
Contrairement à certaines idées reçues, le Mpox n’est pas une maladie limitée à un groupe particulier de personnes. Toute personne peut être infectée.

La transmission du Mpox se fait principalement par contact étroit avec une personne infectée. Le virus peut être transmis par le contact direct avec les lésions cutanées ou les croûtes, par les fluides corporels, ainsi que lors de contacts physiques rapprochés, notamment les relations intimes ou sexuelles.

Une transmission peut également survenir par l’exposition prolongée aux sécrétions respiratoires lors de contacts rapprochés et de longue durée. Enfin, il est possible de contracter la maladie par l’intermédiaire d’objets contaminés, tels que les vêtements, les draps, les serviettes ou d’autres effets personnels ayant été en contact avec une personne infectée.

Il est important de souligner que le Mpox n’est pas considéré comme une infection sexuellement transmissible classique, même si de nombreux cas récents ont été associés à des contacts intimes rapprochés. Le virus se transmet avant tout par le contact direct avec une personne infectée.

Qui est le plus à risque ?
Certaines personnes sont plus susceptibles de développer des formes sévères du Mpox, notamment les nourrissons et les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées ainsi que celles souffrant de maladies chroniques importantes. Ces groupes présentent un risque accru de complications et nécessitent une attention médicale particulière.

Toutefois, il est important de souligner que la majorité des personnes infectées guérissent complètement en deux à quatre semaines grâce à des soins de soutien adaptés, incluant le repos, une bonne hydratation et le traitement des symptômes.

Existe-t-il un traitement ?
À l’heure actuelle, la prise en charge du Mpox repose principalement sur un traitement symptomatique visant à soulager les manifestations de la maladie. Celui-ci comprend notamment le contrôle de la douleur et de la fièvre, une hydratation adéquate, le repos ainsi que la prévention et le traitement des éventuelles infections secondaires.
Des traitements antiviraux spécifiques sont disponibles dans certains pays pour les patients présentant des formes sévères de la maladie ou appartenant à des groupes à haut risque. Toutefois, ces traitements ne sont généralement pas nécessaires, la majorité des patients guérissant spontanément avec des soins de soutien appropriés.

Existe-t-il un vaccin ?
Oui. Des vaccins développés à l’origine contre la variole offrent également une protection contre le Mpox. Le vaccin JYNNEOS, utilisé dans plusieurs pays, est recommandé principalement pour les personnes présentant un risque élevé d’exposition ou ayant été en contact avec un cas confirmé. À l’heure actuelle, une vaccination généralisée de la population n’est pas recommandée par les autorités sanitaires internationales.

Dans le contexte mauricien, aucun programme de vaccination de masse contre le Mpox n’est actuellement en place. Compte tenu du faible nombre de cas rapportés dans le pays et de l’absence de transmission communautaire soutenue, les autorités privilégient la surveillance épidémiologique, la détection précoce des cas suspects, le traçage des contacts et les mesures de prévention.

Comment se protéger ?
Les mesures de prévention du Mpox reposent principalement sur la réduction des risques de contact avec une personne infectée et sur le respect des règles d’hygiène de base. Il est recommandé d’éviter tout contact physique rapproché avec une personne présentant une éruption cutanée suspecte, des lésions de la peau ou des symptômes compatibles avec le Mpox. Les vêtements, serviettes, draps, couvertures, ustensiles personnels ou tout autre objet ayant été en contact avec une personne malade ne doivent pas être partagés, car ils peuvent être contaminés par le virus.

Une hygiène rigoureuse des mains est essentielle : il convient de se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon pendant au moins vingt secondes ou, à défaut, d’utiliser une solution hydroalcoolique. Lorsqu’il est nécessaire de s’occuper d’une personne atteinte du Mpox, le port d’un masque médical et de gants est conseillé afin de limiter le risque d’exposition aux lésions cutanées, aux fluides corporels ou aux sécrétions respiratoires.

Enfin, toute personne développant une fièvre inexpliquée, une éruption cutanée inhabituelle ou ayant été en contact avec un cas suspect doit consulter rapidement un professionnel de santé afin d’obtenir un diagnostic précoce et de réduire le risque de transmission à son entourage.

Dans le contexte mauricien, où les liens familiaux et les interactions sociales sont souvent étroits, la sensibilisation du public et l’adoption de ces mesures simples demeurent les meilleurs moyens de prévenir l’apparition et la propagation éventuelle de la maladie.

La situation mondiale actuelle
Le Mpox demeure une maladie relativement rare à l’échelle mondiale, mais il continue de faire l’objet d’une surveillance étroite par les autorités sanitaires internationales. Depuis le début de l’épidémie mondiale en 2022, plus de 97 000 cas confirmés ont été signalés dans plus de 118 pays.

L’Afrique reste le continent le plus touché, avec plus de 40 000 cas confirmés recensés entre janvier 2024 et le milieu de l’année 2025 dans plusieurs pays africains, entraînant plusieurs centaines de décès.

En 2025, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) rapportait que 60 pays avaient déjà notifié des cas de Mpox au cours des deux premiers mois de l’année, démontrant que le virus continue de circuler à travers le monde.

La période d’incubation du Mpox varie généralement entre 5 et 21 jours, tandis que la maladie dure habituellement entre deux et quatre semaines chez la majorité des patients.

Faut-il s’inquiéter à Maurice ?
La vigilance est nécessaire, mais la panique n’a pas sa place. Grâce à notre système de surveillance sanitaire, aux contrôles aux frontières et à la collaboration avec les organismes internationaux de santé publique, Maurice dispose des moyens nécessaires pour détecter rapidement un éventuel cas importé.

Comme nous l’avons appris avec la COVID-19, la meilleure protection reste une population bien informée. Connaître les symptômes, consulter rapidement en cas de doute et respecter les mesures d’hygiène permettent de réduire considérablement les risques de propagation.

Par Dr Sheik Luqman NISA

Médecin Chercheur en santé publique MBBS

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