samedi , 28 janvier 2023

Maintien des prix des carburants : un mouvement de protestation s’organise

Incompréhension totale dans la population face à la décision des autorités de maintenir les prix des carburants. Plus d’un s’attendait à une baisse compte tenu de la baisse du cours mondial. Cette désillusion va se cristalliser par une série de moyens de protestation.

Pas de « one-off action. » C’est la mise en garde de Nishal Joyram qui avait entamé une grève de la faim de 22 jours pour réclamer la baisse des prix des carburants. En collaboration avec son équipe de soutien, il compte organiser une «  désobéissance civile  », des marches et des manifestations pacifiques. « Le peuple doit se mettre debout et commencer à revendiquer ses droits. C’est pour cela que nous avons opté pour une désobéissance civile. On est en pourparlers avec plusieurs personnes et d’ici la semaine prochaine, je pense que nous serons en mesure d’annoncer une date », précise-t-il dans un entretien au Défi-Plus.

L’équipe de Nishal Joyram souhaite une action concertée de toutes les forces de l’Opposition – qu’elles soient parlementaires ou extraparlementaires. « Il faut taper fort et en permanence à la manière des Gilets Jaunes en France, mais sans violence. La rue a le devoir d’acculer ce gouvernement qui prend la population pour des moutons et qui ne lève même pas le petit doigt face aux incartades de ce gouvernement », nous dit un proche collaborateur de Nishal Joyram. À son avis, la tactique du MSM de Pravind Jugnauth est de saigner à blanc la population pendant quatre ans pour ensuite jouer au Père Noël le plus généreux durant la cinquième année.

La décision de maintenir les prix des carburants a provoqué une douche froide au sein des activités dépendant des carburants. Shameem Sahadut, porte-parole de l’Association des propriétaires de vans scolaires, annonce que son association va faire front commun avec l’Association of Contract Bus et participer à toute action qui sera lancée par l’Association des consommateurs de l’île Maurice (Acim) pour réclamer la baisse des prix des carburants.

Le trou de la STC

Réuni le jeudi 12 janvier, le Petroleum Pricing Committee (PPC) a maintenu le prix de l’essence à Rs 74,10. Par contre, le ministère du Commerce a ordonné de laisser celui du diesel à Rs 54,55 contre une demande de hausse. Pour justifier cette décision, la State Trading Corporation (STC) met en avant la situation déficitaire du Price Stabilisation Account (PSA). Le déficit est passé de Rs 1,5 milliard le 28 décembre 2021 à Rs 4,5 milliards le 13 septembre 2022 et à Rs 4,4 milliards le 12 janvier 2023.

N’étant pas convaincu de ces chiffres, Linion Pep Morisien réclame un audit sur la State Trading Corporation (STC) afin qu’il y ait plus de transparence sur les comptes de cet organisme. « Après quatre mois de baisse majeure des cours mondiaux du pétrole, la STC passe d’un déficit de Rs 3,3 milliards en septembre 2022 à Rs 4,4 milliards en janvier 2023. Soit il y a un problème de mathématiques quelque part, soit on se moque du peuple. Depuis septembre, le prix de l’essence sur le marché mondial a baissé. Malgré cela, le déficit augmente. Ce n’est pas logique. On parle de Rs 1,1 milliard de déficit en plus, soit une augmentation d’environ 30 %. Comment est-ce possible ? L’argent est forcément utilisé ailleurs. Il y a un vrai problème de transparence dans la communication des données », déplore Dev Sunnasy.

De son côté, Paul Bérenger, le leader du MMM, constate que la population est en colère. Il attribue le maintien des prix à la décision du gouvernement « de prendre toutes les réserves de la STC et maintenant c’est la population qui en paie. » Nando Bodha, le leader du Rassemblement Mauricien (RM), juge « scandaleuse  » la décision du Petroleum Pricing Committee (PPC). « Il semble que la vache à lait que constituent les produits pétroliers va être saignée à blanc. Et ce, pour combler le prix des abus et du gaspillage que l’incompétence du gouvernement nous oblige à supporter », fait-il ressortir dans un communiqué de presse.

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