samedi , 31 octobre 2020
coronavirus

L’urgence de santé mondiale décrétée : le coronavirus a déjà fait plus de 250 morts

L’épidémie liée au virus chinois ne cesse de faire des ravages en Chine et progresse dans le monde. Le bilan s’alourdit de jour en jour avec près de 12 000 cas de contamination et 258 décès. L’urgence de santé mondiale a été décrétée par l’OMS, le jeudi 30 janvier. Notre compatriote, le Dr Sumayyah Hosany qui travaille à Wenzhou, estime qu’il ne faut pas céder à la panique. Imaan, professeur en physique en Chine, a, lui, préféré rentrer au pays.

Dr Sumayyah Hosany de Wenzhou : «Il n’y a pas lieu de paniquer»

Dr Sumayyah HosanyBien que le bilan de l’épidémie en Chine s’alourdit et s’élève à 258 morts et que le nombre de personnes infectés s’élève à presque 12 000, notre compatriote, Dr Sumayyah Hosany, qui travaille au Pan Health Medical Center, un hôpital privé situé à Wenzhou, appelle au calme. « On ne doit pas céder à la panique », dit-elle.

Le Dr Sumayyah Hosany fait ressortir que le coronavirus est bien présent mais « qu’il n’y a pas lieu de paniquer ». Elle explique que le coronavirus est un syndrome et non une maladie. « Un syndrome comporte plusieurs symptômes qui doivent être traités. De par mon expérience de médecin, j’estime que le coronavirus tombe dans la catégorie d’un influenza qui provoque le grelottement et la pneumonie. Les symptômes principaux sont la fièvre et des signes respiratoires de type toux ou essoufflement. Dans les cas les plus sévères, le patient peut présenter une détresse respiratoire aiguë, une insuffisance rénale aiguë pouvant entraîner un décès », explique-t-elle.

Le Dr Hosany indique que ce n’est pas vrai de dire que l’épidémie de coronavirus soit due à la consommation de la viande d’animaux du marché de Wuhan. « C’est banne supposition. Ban chercheurs enkor pé rodé si sa virus-là sorti dépi zanimo sovaz », lance-t-elle. Aussi, selon elle, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est donnée pour mission de faire la lumière sur la provenance de l’épidémie. « Le coronavirus est à transmission respiratoire et probablement animale mais la source n’est pas encore identifiée », dit-elle.

Au Pan Health Medical Center à Wenzhou où elle travaille, seulement trente cas ont été rapportés en trois jours et aucun décès n’a été enregistré. Au début elle avait paniqué par manque d’informations et aussi par les faussetés sur les réseaux sociaux. « Mo ti peur et mo fine alle supermarché et mo fine acheter pour Rs 15 000 provisions (3000 Yuan) pou mo garder et mo mette les gants et masque pou sorti. Mo ti pe dire ki apocalypse pe vini », raconte-t-elle. Ses craintes se sont dissipées suite aux explications des grands professeurs du centre médical où elle travaille. « J’ai compris que le coronavirus peut être traité et qu’il n’y a pas lieu de céder à la panique  », affirme-t-elle.

Campagne de sensibilisation mondiale

Selon Dr Sumayyah Hosany, la meilleur arme contre le coronavirus est la sensibilisation pour empêcher la panique générale. Elle ne souhaite pas que cette épidémie se répande dans d’autres pays. « Si sa arriver pou éna des milliers de morts », dit-elle. C’est pour cette raison qu’elle est en faveur d’une campagne de sensibilisation mondiale. Le Dr Hosany dit qu’il faut prendre toutes les précautions nécessaires, car le coronavirus est plus virulent que le SARS et MERS qui ont fait des centaines de victimes en 2002. « Bizin prend prékotion mais fodé pas paniquer parski la panique amène banne réaction négatif », ajoute-t-elle. Elle a passé 10 ans en Chine et connaît la capacité de ce pays en termes de traitement , de précaution et de sensibilisation.

Le Dr Hosany recommande le port du masque comme préconisé par l’OMS cette semaine. « Chacun doit observer une hygiène quotidienne stricte. Il faut se laver les mains fréquemment et porter un masque de protection en cas de rhume et de toux. Il faut se couvrir la bouche et le nez si vous toussez, éternuez ou si vous vous mouchez. Dans l’attente d’un vaccin contre ce virus, il n’existe pas de solution miracle », souligne-t-elle. Notre interlocutrice ne veut pas être alarmiste et conseille aux Mauriciens de prendre les précautions d’usage de base et d’éviter la foule. Elle recommande aussi de consommer de la viande bien cuite, de même pour les œufs.

Soulignons que le Dr Sumayyah Hosany a fait toutes ses études de médecine à Wenzhou, en Chine. Elle a pris de l’emploi au Pan Health Medical Center et réside en Chine depuis 10 ans. Elle a épousé le Dr Hamad Abdul Zahir, un chirurgien orthopédiste d’origine pakistanaise. Il travaille dans le même centre médical.


Imaan, professeur à Suzhou : «Le virus progresse très vite»

ImaanNous avons rencontré Imaan, professeur de physique et de mathématiques dans une institution au nom de Dulwich College basée à Suzhou près de Shanghai. Il vit en Chine depuis 2014 avec son épouse et son fils. Ces derniers sont rentrés depuis le mois de décembre tandis que lui était resté sur place pour voir comment évoluait la situation. L’inquiétude de sa famille face à la situation qui se dégrade l’a forcé à rentrer au pays cette semaine.

Imaan nous raconte qu’à Suzhou la situation n’est pas aussi grave qu’à Wuhan, l’épicentre de l’épidémie virale. Malgré les précautions, le virus gagne du terrain et la population chinoise est en alerte maximale. Il explique que partout à Suzhou, la température corporelle est contrôlée que ce soit dans le métro, les restaurants ou les supermarchés. « Personne n’a le droit de voyager dans les autobus et le métro sans masque », dit-il. Imaan indique qu’il suit la situation à travers les medias, les réseaux sociaux et Wechat comme tous les étrangers. «Banne information ki pe circuler pe paraitre ki sa virus-là mortel et li pe propagé bien vite», ajoute-t-il.

« Les gens sont sur leurs gardes et circulent rarement. Toutes les écoles sont fermées jusqu’au 17 février par mesure de précaution et tout le monde attend une décision du gouvernement. J’en ai profité pour rejoindre ma famille à Maurice », explique notre compatriote. Il espère retourner à Suzhou aussitôt l’épidémie endiguée. « La Chine est très affectée économiquement et prendra du temps à relever la tête. L’épidémie de coronavirus est pire que l’épidémie de SARS en 2003. Les gens sont infectés plus rapidement malgré les soins dans les hôpitaux », laisse-t-il entendre.

« Chauve-souris, koalas, rats… »

Il rappelle que c’est de l’étrange marché de Wuhan que l’épidémie de pneumonie est partie. « Ou capave gagne serpent par kilos, chauve-souris, koalas, les rats, liciens et ban produits de mer. Chinois content mange zanimo grillé. Li illégal mais l’autorité ferme lizié », souligne-t-il. À Suzhou où il habite, des restaurants turcs, iraniens et pakistanais ont ouvert leurs portes et ne vendent que des produits halal.

Notre interlocuteur fait ressortir que les laboratoires de nombreux pays tentent de développer un vaccin contre le coronavirus mais qu’il pourrait prendre trop de temps. « La solution réside dans la prière pour avoir la protection d’Allah. Le prophète Muhammad nous a enseigné de faire les ablutions (wudhu) pour être en état de propreté. Beaucoup de maladies ont été éliminées par la simple pratique de l’islam », rappelle-t-il.

Notre interlocuteur exhorte les Mauriciens à prendre toutes les précautions nécessaires. Il se dit étonné que les policiers de l’immigration basés à l’aéroport ne portent ni masque ni gants. « Pourtant l’avion par lequel j’ai voyagé pour rentrer à Maurice était rempli de ressortissants chinois. Par contre, je suis satisfait que les officiers du ministère de la Santé étaient présents pour prendre la température des passagers  », dit-il encore. Imaan souhaite que la situation retourne à la normale pour le bien des commerçants. « Éna boucoup commerçants musulmans depuis Moris alle en Chine pou zotte business. Mo conseille zot attanne ki la situation stabiliser », conclut-il.

Portrait

Imaan a embrassé l’islam en 2012. Étudiant à l’université de Maurice à cette époque, il passait son temps à faire des recherches sur toutes les religions. Après avoir lu plusieurs livres, il est tombé sur un ouvrage sur l’islam qui l’a transformé. Il a commencé à vivre pleinement l’islam et a pris comme épouse une jeune fille qui a accepté elle aussi de se convertir à l’islam. De leur union est né un garçon âgé aujourd’hui de trois ans et demi. En 2014, Imaan a mis le cap sur la Chine. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la physique pour le compte de la Cambridge University Press.

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