Aadil Ameer Meea récuse les propos de Joanna Bérenger selon lesquels il aurait dissimulé ses convictions sur la question LGBT lorsqu’ils étaient tous deux au MMM. Le ministre de l’Industrie, des PME et des Coopératives rappelle que sa position était publique dès 2018. Tout en assumant leurs divergences, il souligne que, sur les grandes questions de conscience, le MMM laisse à ses parlementaires la liberté de vote, et juge réducteur de limiter le progressisme à un seul sujet de société.
Des convictions publiques depuis 2018
Aadil Ameer Meea a tenu à remettre les choses au clair après les récents propos de Joanna Bérenger concernant ses convictions sur la question LGBT. « Dans une interview, Joanna Bérenger affirme que je révélerais aujourd’hui des ‘positions conservatrices’ que j’aurais ‘bien cachées’ à l’époque où elle-même appartenait encore au MMM. Joanna Bérenger défend, pour sa part, les droits des personnes LGBT et inscrit cette position dans l’orientation ‘progressiste’ revendiquée par le FPM », déclare le leader adjoint du MMM en guise de mise en contexte.
Aadil Ameer Meea conteste cette lecture et estime qu’elle ne correspond pas aux faits. Le ministre soutient, en effet, qu’il n’a jamais fait mystère de sa position sur ce sujet. Il assume depuis longtemps des convictions personnelles et religieuses différentes de celles défendues par Joanna Bérenger, tout en affirmant respecter pleinement son droit d’avoir une autre opinion. « Joanna a son opinion et je la respecte. J’ai la mienne et je souhaite qu’elle soit également respectée. Nous vivons dans une démocratie et nous n’avons pas l’obligation de penser tous de la même manière sur des questions de société », fait-il ressortir.
Mais c’est surtout l’affirmation selon laquelle il aurait « bien caché » ses convictions qui interpelle Aadil Ameer Meea. Sur ce point, il affirme que les faits sont clairs : « En 2018, alors député du MMM, je m’étais déjà exprimé publiquement sur l’homosexualité dans le contexte de la controverse entourant une marche du Collectif Arc-en-Ciel à Port-Louis. À l’époque, j’avais explicitement lié ma position à mes convictions personnelles et religieuses. Ma position était donc connue publiquement plusieurs années avant la création du FPM, alors que Joanna Bérenger était elle aussi toujours membre du MMM. Je n’ai donc rien révélé aujourd’hui. Ma position était publique à l’époque où Joanna était encore au MMM. Elle était connue et je l’assumais déjà. Je ne vois donc pas ce que j’aurais caché. »
Au MMM, la liberté de conscience revendiquée
Le désaccord entre les deux responsables politiques existe pourtant bel et bien. Joanna Bérenger défend les droits des personnes LGBT et rattache cette divergence à l’orientation « progressiste » qu’elle revendique aujourd’hui pour le FPM. Aadil Ameer Meea assume, lui, une position différente, fondée notamment sur ses convictions personnelles et religieuses.
L’élu mauve de la circonscription No 3 rappelle surtout que le MMM n’a jamais été un parti où chaque membre devait adopter exactement la même position sur toutes les questions de société. Sur les grandes questions de conscience, comme la peine de mort, l’avortement ou les questions LGBT, le parti ne donne pas de consigne de vote : ses parlementaires votent librement, selon leur conscience. Le débat sur l’avortement en 2012 en constitue à ses yeux un exemple parlant. Lors du vote de la loi dépénalisant l’avortement dans certaines circonstances, des parlementaires MMM avaient voté pour et d’autres contre, selon leurs convictions respectives, sans que cela ne remette en cause leur appartenance au parti.
Pour Aadil Ameer Meea, cette liberté de conscience fait justement partie de l’histoire du MMM. « Au MMM, nous avons toujours pu avoir des sensibilités différentes sur certaines questions de société. Le MMM n’est pas un parti monolithique : il rassemble des croyants de toutes les religions et des non-croyants, unis par les mêmes valeurs politiques fondamentales. Partager ces valeurs ne signifie pas nécessairement avoir la même opinion sur tout. Il est donc réducteur de prétendre que le MMM n’aurait qu’une seule philosophie sur ces questions », explique-t-il.
Le progressisme au-delà de la question LGBT
Aadil Ameer Meea récuse ainsi l’idée selon laquelle sa propre position sur le sujet LGBT permettrait de conclure que le MMM serait devenu un parti conservateur. « Joanna Bérenger estime que mes positions amènent à s’interroger sur l’évolution du MMM et explique que cela permet de comprendre pourquoi le mot ‘progressiste’ figure dans le nom de sa nouvelle formation. Le MMM n’a jamais eu besoin d’un adjectif supplémentaire pour définir son identité. Le MMM est un parti de gauche et le restera. Il a toujours évolué avec son temps tout en respectant la liberté de conscience de ses membres », soutient-il.
Le ministre juge également réducteur de limiter le progressisme à une seule question de société. « Être progressiste, c’est d’abord se battre pour la justice sociale, pour l’emploi, pour le pouvoir d’achat, pour l’égalité des chances et pour la protection des plus vulnérables. C’est aussi défendre les droits de l’enfant, l’éducation et la famille, qui reste le premier lieu de la solidarité. C’est le combat que le MMM mène depuis sa création, et c’est aussi le mien », affirme-t-il.
Aadil Ameer Meea ne cache pas que sa foi guide ses choix personnels. « J’ai mes convictions religieuses et je crois profondément aux valeurs familiales. Ces convictions ne m’empêchent pas de respecter chaque personne dans sa dignité. Personne ne doit être victime de violence ou de discrimination », tient-il à préciser.
Pour le ministre, le débat peut donc être ramené à quelque chose de simple : Joanna Bérenger défend sa vision sur le sujet LGBT ; lui reste guidé par sa foi et attaché aux valeurs familiales, ainsi qu’à la protection et aux droits de l’enfant.
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