- Louanges à Allah (swt) et Salutations au Prophète Muhammad (saw).
«Certes Allah a acheté aux croyants leurs propres personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah. » Surah at Tawbah (9), verset 111.
« Et quant à ceux qui luttent pour Notre cause, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers. Allah est en effet avec les Muhsinin (bienfaisants). » Surah Al Ankabout (29), verset 69.
Sommes-nous si conditionnés par l’idéologie kufr que nous éprouvions une certaine réticence à l’égard de l’activisme, une hésitation à nous engager dans des luttes pour la justice ? Pourquoi les versets précédents où Allah (swt) promet à ceux qui combattent pour la Cause d’Allah (swt) le Paradis, n’ont plus aucun effet sur nous ? Pourquoi résistons-nous à l’activisme ? Pourquoi sommes-nous allergiques aux appels des activistes ?
Idéologie individualiste
La réponse réside dans la façon dont le monde qui nous entoure nous façonne. Nous ne naissons pas avec une aversion pour la défense de ce qui est juste. Au contraire, nous sommes conditionnés à voir l’Islam à travers le prisme d’une idéologie individualiste qui dépouille notre vie de l’essence de la foi. L’Islam est devenu une quête égoïste ; nous nous intéressons davantage au salut personnel en ignorant la situation critique de notre Ummah, croyant que de telles quêtes peuvent nous détourner de la recherche de la proximité avec Allah.
De nombreux jeunes musulmans ont malheureusement succombé à un « islam » qui se situe en dehors du changement sociétal. Et, malheureusement, de nombreuses sociétés islamiques sur les campus, à Maurice ou ailleurs, promeuvent un musulman quiétiste. Nos salles de prière sont devenues des cavernes, où nous échappons au monde – contrairement au modèle de la mosquée de Médine, où les premiers musulmans avaient changé le monde.
« Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes, car vous ordonnez le Ma’rouf (le bien), interdisez le Mounkar (le mal) et croyez en Allah. » Surah A’li Imraan (3), verset 110.
« Les croyants et les croyantes sont les alliés les uns des autres. Ils ordonnent le Ma’rouf (le bien) et interdisent le Mounkar (mal). » Surah Al’i Imran, verset 71.
Pouvons-nous nous reconnaître dans ces versets ? Sinon, Allah (swt) évoquerait-t-Il des créatures d’un autre monde ?
Chaque être humain naît dans un contexte particulier, portant l’empreinte des idéologies qui façonnent son environnement.
À mesure que nous grandissons, les idéologies qui nous entourent façonnent nos perceptions. Dans le monde d’aujourd’hui, l’idéologie dominante n’est plus un mode de vie lié au Créateur, mais un cadre laïc, principalement guidé par ce qu’on appelle le néolibéralisme.
Néolibéralisme
Le néolibéralisme, l’idéologie qui privilégie l’individualisme, la concurrence et l’intérêt personnel, imprègne tous les aspects de nos vies. Ce n’est pas seulement une théorie économique, c’est une vision du monde qui dicte nos aspirations, nos habitudes et notre conception du succès.
Cette idéologie est incontournable : elle domine les librairies, les podcasts de développement personnel, les médias et le discours public. On nous apprend à nous aimer nous-mêmes, à nous aimer plus que les autres. Il est essentiel de noter que les centres capitalistes modernes comme Dubaï, ne sont pas des exceptions au néolibéralisme, mais plutôt ses incarnations. C’est un mode de vie qui nous oblige à oublier les horreurs du monde. Un paradis de gloutonnerie et de vie superficielle qui fait des visites interminables aux centres commerciaux une distraction du génocide.
Justice et responsabilité collective
« C’est Lui qui a envoyé Son Messager avec la bonne direction et le deen de la vérité, afin qu’elle triomphe sur toute religion, quelque répulsion qu’en aient les mushrikoun (idolâtres) ». Surah At Tawbah (9), verset 33.
Dès ses débuts, l’Islam était plus qu’un ensemble de croyances : c’était un appel à la justice. Les premières générations de musulmans n’étaient pas des croyants passifs mais des agents actifs du changement. Les compagnons du Prophète (saw), des personnalités comme Mus’ab ibn Umair et Umar ibn al-Khattab (ra) étaient animés par la mission de transformer la société pour le mieux.
Le message de l’Islam leur avait inculqué un sens de la mission et une responsabilité pour corriger les torts de la société. L’Islam était et reste une force libératrice, offrant une mission collective qui transcende la spiritualité personnelle.
Comment comprendre autrement que des jeunes compagnons aient devenus des hommes d’État, des politiciens, des généraux, des ambassadeurs, des administrateurs et des gouverneurs ? Ils étaient tous des jeunes, leur âge allant de huit ans, pour Ali ibn AbiTalib (ra), à 26 ans, pour Umar ibn al Khattab (ra).
Le décalage entre la foi et l’activisme
Lorsque le génocide de Gaza avait éclaté, de nombreux Musulmans ont ressenti le besoin urgent de réagir. Ils se sont demandé comment ils pouvaient maximiser leur impact. Cependant, il y avait aussi ceux qui, malgré leurs prières et leur jeûne, semblaient déconnectés de la lutte pour la justice. C’était comme s’ils avaient été immunisés contre l’activisme.
Il s’agit d’une déformation tragique de l’Islam. Une foi qui n’a pas d’Ummah, c’est-à-dire de conscience collective, est incomplète. Trop souvent, nos salles de prière deviennent des cavernes, des lieux d’isolement plutôt que des centres d’engagement. Nous tombons dans la fausse croyance que l’activisme est le domaine des mouvements de gauche et que les musulmans doivent rester à distance.
L’activiste Musulman est activement engagé dans la lutte sur le terrain pour faire prévaloir l’idéologie d’Allah (swt). L’activisme n’est pas étranger à l’Islam, il en fait partie intégrante. Le Prophète Muhammad (saw) et ses compagnons ont illustré leur engagement en faveur de la justice, et il nous appartient de perpétuer cet héritage. Dans un monde dominé par l’intérêt personnel et la passivité, l’appel à l’activisme est plus urgent que jamais.
Il est légitime qu’il y ait des inquiétudes concernant l’impact de l’activisme sur la foi. La peur de compromettre les principes islamiques est réelle. C’est pourquoi l’activisme, pour les musulmans, ne peut pas être une entreprise individualiste – il doit être un effort collectif fondé sur l’éthique islamique.
Il est urgent, pour l’Ummah et ceux qui sont, par conviction, loin de ceux qui se sont laissés piéger ou corrompre par les kuffar (comprenons ceux opposés à l’idéologie islamique), d’identifier et de remettre en question les idéologies qui façonnent notre réticence à agir et de veiller à ce que notre activisme soit en phase avec notre foi et n’affaiblit pas notre conviction.
En parallèle, il convient de mieux comprendre et adopter les concepts fondamentaux de notre deen : le hisbah (l’invitation vers le bien et l’interdiction du mal), la soumission, le sacrifice et le jihad, entre autres.
Ne soyons pas un produit du néolibéralisme. Soyons un produit du message éternel de l’Islam. Revenir à l’activisme devait être notre priorité pour nous armer contre les ennemis d’Allah (swt).
« Ô vous qui croyez ! Répondez à Allah et au Messager lorsqu’il vous appelle à ce qui vous donne la (vraie) vie, et sachez qu’Allah s’interpose entre l’homme et son cœur et que c’est vers Lui que vous serez rassemblés. » Surah Al Anfal (8), verset 24.
Qu’Allah (swt) nous guide et nous aide.
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