Thursday , 30 July 2026

Qadir Mahamoodally, président du Rotary Club de Souillac : «La solidarité restera au cœur de mon mandat»

Membre du Rotary Club de Souillac, Qadir Mahamoodally vient d’accéder à la présidence du club pour cette nouvelle année rotarienne 2026-2027. Fort de son expérience au sein de cette organisation, mais également de son parcours professionnel en tant que sapeur-pompier à l’aéroport, il place son mandat sous le signe du service, de la solidarité et de l’engagement communautaire. Entretien.

Vous êtes le 9e président du Rotary Club de Souillac. Que représente cela pour vous ?
Tout arrive pour une raison. Je me souviens encore de notre toute première conversation, lorsque le président fondateur Carlo m’a invité à rejoindre le Rotary Club de Souillac. À mon retour chez moi, il m’avait envoyé un courriel détaillé m’expliquant la mission, les valeurs et les actions du Rotary.

Quelques jours plus tard, j’en ai parlé à mon cousin et nous avons tous deux assisté à une réunion en tant qu’invités. Nous y sommes venus comme visiteurs, mais nous y sommes restés comme Rotariens. Je suis profondément reconnaissant envers l’ensemble des membres fondateurs pour la confiance qu’ils m’ont accordée et pour m’avoir ouvert les portes de cette grande famille qu’est le Rotary.

Quel est votre parcours au sein du club ?
Au fil des années, j’ai eu le privilège de servir le club à travers différentes responsabilités, notamment au sein de l’administration, en tant que responsable de l’Image publique, Sergeant-at-Arms, puis secrétaire. Chacune de ces fonctions m’a permis d’acquérir une expérience précieuse et de grandir, tant sur le plan personnel que professionnel.

Aujourd’hui, en tant que 9e président du Rotary Club de Souillac, c’est à la fois un honneur et une grande responsabilité de représenter notre club. En tant que membre, j’ai vécu les premiers moments de cette aventure, avec de petites idées qui, au fil des années, se sont transformées en grands projets. Mon rôle aujourd’hui est de poursuivre cette continuité, en restant fidèle à l’esprit initial du club qui est d’être au service de la communauté.

Le thème de cette année est « Créer un impact durable  ». Que signifie concrètement cette devise pour vous ?
« Créer un impact durable  », c’est faire une réelle différence dans la vie des gens, quelle que soit l’ampleur ou la portée de nos actions. Nous vivons aujourd’hui dans un monde en constante évolution, marqué notamment par l’ère numérique et par des changements rapides. Dans ce contexte, il est essentiel de continuer à agir au niveau communautaire et individuel.

Même si une action vous semble modeste, elle peut avoir une portée durable. Cela peut être aussi simple que de mettre un sourire sur le visage d’une personne, de lui apporter un soutien ou un soulagement afin qu’elle puisse envisager l’avenir avec davantage de sérénité.

Je crois profondément que ce sont les petites actions, lorsqu’elles sont réalisées avec constance au fil du temps, qui finissent par produire un impact considérable sur la société.

Le Rotary, c’est avant tout être au service des autres»

Quelle est votre vision du Rotary Club de Souillac ?
En tant que président, ma vision est simple : poursuivre les belles initiatives déjà entreprises par le club tout en mettant l’accent sur quelques priorités essentielles. La solidarité restera au cœur de ce mandat, aussi bien entre les membres du club qu’auprès des habitants du Sud de l’île.

Nous voulons être à l’écoute, comprendre les besoins de notre communauté et continuer à servir. Il faudra également mobiliser davantage les différentes forces vives de la région, afin de travailler ensemble pour l’avancement et le bien-être des habitants du Sud.

Quels seront les principaux projets ou initiatives que vous souhaitez lancer au cours de cette année rotarienne ?
Cette année, l’une de nos principales priorités sera notre jeunesse. Nous souhaitons nous mobiliser face à deux fléaux qui touchent de nombreux jeunes  : la drogue et le harcèlement. Cela, à travers des actions de sensibilisation, de prévention et d’accompagnement. Notre jeunesse est aujourd’hui confrontée à de nombreux défis, mais il ne faut jamais oublier qu’elle représente les piliers de la société de demain. Ces jeunes ont besoin de notre soutien, d’un encadrement et d’un accompagnement.

Nous avons également d’autres projets, notamment autour de la sensibilisation à la sécurité routière, afin de promouvoir des comportements responsables et contribuer à la protection de tous les usagers de la route. Nous souhaitons aussi renforcer nos relations avec les ONG, les établissements scolaires et les différentes forces vives des régions concernées afin de travailler ensemble et obtenir un impact encore plus important.

Quels sont, selon vous, les problèmes les plus préoccupants aujourd’hui dans le Sud ?
La drogue est aujourd’hui une substance malheureusement trop accessible. Elle est présente dans de nombreux endroits, parfois même à proximité des établissements scolaires, et son accessibilité est également liée aux prix proposés.

Ce problème ne concerne pas uniquement la région du Sud, tout le pays. Nous souhaitons sensibiliser la population aux dangers liés à la consommation de drogues, mais surtout faire comprendre aux jeunes que l’usage de substances illicites peut détruire leur propre avenir, celui de leur famille, mais également affecter toute une communauté. Il faut comprendre qu’une personne confrontée à la dépendance n’est jamais seule dans cette souffrance. Son entourage, son quartier et toute la société ressentent également les conséquences de ce fléau.

Envisagez-vous des partenariats pour prévenir ce fléau ?
La drogue et aussi d’autres fléaux, comme le harcèlement, la violence, les agressions, sont devenus préoccupants et touchent tellement profondément notre société qu’il ne peut être combattu par une seule entité. Il faudra mobiliser toutes les parties prenantes pour mener un travail collectif qui commence d’abord au sein de la famille, à la maison, puis avec les ONG, les travailleurs sociaux, les institutions et tous les acteurs concernés. C’est uniquement à travers une mobilisation commune que nous pourrons véritablement faire une différence.

Vous êtes sapeur-pompier à l’aéroport. En quoi cette profession influence-t-elle votre manière de diriger et de servir la communauté ?
La discipline et la réflexion avant l’action sont des valeurs fondamentales dans la formation des pompiers. Mon expérience et mon métier m’ont appris l’importance du travail en équipe, mais également la nécessité d’assumer la responsabilité de ses décisions. Nous sommes formés à comprendre qu’une action peut changer le cours des événements, mais qu’elle peut également entraîner une série de conséquences. C’est pourquoi il est essentiel de réfléchir avant d’agir.

Chaque sapeur-pompier est animé par une conviction profonde, celle qui dicte que la vie humaine est sacrée. C’est également ce qui motive mon engagement dans la lutte contre le fléau de la drogue, car trop de jeunes et de membres de notre société sont tragiquement emportés par ce problème. Chaque jeune que nous réussirons à aider représentera une vie que nous aurons peut-être contribué à sauver.

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