jeudi , 30 juin 2022

Falling Walls International Summit à Berlin : le Mauricien Jawaad Issoop dans le Top 75 Emerging Talents

À 26 ans, il est le premier Mauricien à figurer dans le Top 75 Emerging Talents au Falling Walls International Summit à Berlin. Architecte de profession, Jawaad Issoop nous raconte son parcours.

Être nommé parmi les professionnels les plus talentueux du monde n’est pas un hasard. C’est grâce à sa persévérance et son dur labeur que notre compatriote Jawaad Issoop s’est retrouvé dans le Top 75 Emerging Talents lors de la conférence annuelle Falling Walls de Berlin, en Allemagne. Il avoue que c’est un immense honneur d’être le premier Mauricien à figurer dans ce classement. « Ce fut un moment incroyable. J’ai eu la chance de mettre en avant une nouvelle compréhension de la vie devant un parterre de professionnels dont certains travaillent à Google, d’autres sont des lauréats du prix Nobel de Harvard, entre autres. Cette nomination valide quand même mon travail, mes études et surtout ma passion pour l’architecture et l’humain », dit-il.

Jawaad Issoop soutient que c’est son projet innovateur – basé sur le remplacement du béton par d’autres matériaux afin de mieux s’adapter au quotidien de l’homme – qui lui a valu cette nomination. « Je suis un touche-à-tout, car je crois fermement qu’il existe une force dans la confluence. Ce projet est à la base la liaison entre les matériaux et la dimension sociale. Remplacer donc le béton par une structure en bois et des parois en terre et en boue, et proposer un système modulaire où l’homme peut réorganiser son habitation par rapport à sa vie qui est dynamique et changeante », explique-t-il.

Riche parcours en Turquie

Après ses études au collège John Kennedy, Jawaad Issoop avait décidé de s’accorder une année sabbatique avant d’aller étudier l’architecture en Turquie en 2015. « L’architecture a beaucoup de sens pour moi. Aussi, devenir architecte était un rêve de gamin », confie-t-il. Ses études en Turquie vont lui apporter beaucoup en termes d’expérience. « Ce qui m’a marqué en école d’architecture en Turquie, c’est d’apprendre à désapprendre; donc se débarrasser de toutes les idées préconçues qui est honnêtement une expérience aussi instructive que ‘challenging’. Mais j’ai eu la chance d’être encadré par des professionnels reconnus dans le domaine et de vivre dans un pays riche historiquement, culturellement et socialement », raconte le Mauricien.

Pendant ses années d’études, il a eu l’occasion de travailler en interne en Espagne et aussi à Rotterdam, aux Pays-Bas, ce qui lui permet d’avoir une plus grande vision du monde de l’architecture. Il avance que sa formation en Espagne avait pour but de cerner l’architecture et la culture européenne. « Le respect de l’histoire et des valeurs propres à l’identité de Barcelone était une expérience qui m’a vraiment aidé à porter un nouveau regard sur moi-même mais aussi sur la société mauricienne », souligne-t-il. À Rotterdam, Jawaad Issoop a eu l’opportunité d’agir comme rédacteur en chef adjoint à MONU, un magazine d’urbanisme et d’architecture.

En 2021, notre compatriote a eu la chance de travailler à Ankara, en Turquie, pour le compte d’une agence d’architecture durant les 7 derniers mois de l’année. Pour lui, ces quelques mois lui ont permis de vivre le métier dans une dimension plurielle, car il côtoyait des professionnels de diverses origines. « Le défi était de trouver une alternative au capitalisme qui nous force à opérer d’une façon contraire au développement durable. Le développement durable englobe la dimension sociale et pas uniquement l’aspect matériel ou scientifique », fait-il ressortir.

L’architecture à Maurice

Actuellement à Maurice, Jawaad Issoop confie que c’était pour lui une évidence de rentrer au pays afin de « se rééquilibrer et se réorienter ». Toutefois, il compte aussi apporter sa contribution à son île natale, qui dit-il, l’inspire profondément. Il soutient qu’il profite de son temps libre pour travailler sur ses projets personnels. « Je pense postuler dans des agences d’architecture dans un proche avenir pour comprendre le système mauricien dans le fond. J’ai hâte d’explorer cela et éventuellement répondre aux attentes », déclare-t-il.

Selon lui, Maurice peut faire mieux dans le domaine de l’architecture. « Notre petite île est un endroit où il fait bon vivre et les opportunités qu’elle présente sont nombreuses. L’architecture reste une façon d’interagir avec l’environnement et la nature, et de comprendre soi-même. Ce qui rend notre contexte culturel intéressant, c’est qu’on a plusieurs origines. Cela doit être respecté et célébré », indique-t-il. Cependant, il avance que le respect du contexte naturel et physique – la compréhension d’une vie subtropicale à travers son climat et ses matériaux – est presque inexistant. « L’architecture est la représentation et le représentant d’un lieu. Ce lieu doit parler de lui-même à travers son propre langage et son vocabulaire à lui. Le béton armé est un matériau qui tient mais l’île Maurice peut faire bien plus surtout au vu des progrès technique et technologique », explique-t-il.

Jawaad Issoop conseille aux jeunes Mauriciens qui veulent embrasser la profession d’avoir surtout une perception nouvelle de l’architecture. « L’île Maurice a certainement besoin de nouvelles perspectives pour résoudre les problèmes d’aujourd’hui. Et cette responsabilité repose sur nos épaules. Les problèmes architecturaux sont récurrents à Maurice mais dans chaque problème, il y a des opportunités », conclut-il.

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