dimanche , 28 novembre 2021

Cateeja Khodaboccus, centenaire : une «dadi» dynamique qui voyage et fait la couture

Vieillir est inévitable mais vieillir en bonne santé peut être une étape merveilleuse de notre vie.

 

Cateeja Khodaboccus, qui a célébré ses 100 ans récemment, ne fait pas son âge et respire la santé. Elle est en pleine forme et a conservé une telle lucidité et une telle vivacité d’esprit qu’on se croirait devant une personne beaucoup plus jeune. Même les rides n’ont pas affecté sa peau et elle conserve l’image d’une « dadi » dynamique. Quand on lui demande à quoi elle attribue sa longévité et comment elle maintient une vie saine et heureuse, elle répond timidement  : « bizin demande Allah kifer li garde moi en bonne santé ».

« Dadi Cateeja » ne souffre d’aucune maladie et n’a pas besoin d’assistance pour se déplacer. Chaque matin, elle se réveille à 4h pour faire ses ablutions et prend son « tasbih » dans sa main en attendant l’appel du muezzin pour la salât-ul-Fajr. Sa fille Kawthar, chez qui elle habite, nous raconte que sa mère ne rate jamais le namaz tahajud ni les cinq prières quotidiennes. Qui plus est, elle se tient débout pour accomplir ses salâts. Durant le Ramadan, elle observe le jeûne de 30 jours et le lendemain de la fête Eid-ul-Fitr, elle observe les 6 jours de jeûne nafil d’affilée.

Aux sessions de Dhikr

Sa fille nous raconte que « Dadi Cateeja » se rend seul par autobus à Pamplemousses et à Terre-Rouge chaque semaine pour assister aux programmes spirituels. En outre, les jeudis elle se rend à Rivière-du-Rempart pour les sessions de Dhikr. Ainsi, l’histoire de Cateeja Khodaboccus est différente des autres centenaires, car pour une femme de son âge, elle accomplit des choses que les autres ne peuvent pas. Nous insistons pour lui demander le secret de sa longévité, elle bouge la tête et sans nous regarder, elle répond : « Allah so travail sa ».

Cateeja Khodaboccus est née à Plaine-des-Roches le 16 décembre 1920. À l’âge de 16 ans, elle épouse Moosa Tincoree, un boucher. Elle a mis au monde 8 enfants dont 7 ne sont malheureusement plus de ce monde. En 1957, elle perd son époux et elle a la lourde responsabilité de grandir ses enfants dont plusieurs sont décédés en bas âge. Elle se retrousse les manches pour travailler comme femme laboureur dans les plantations. Le travail dur ne lui faisait pas peur et même en plein soleil, elle labourait la terre pour planter des légumes pour le compte d’un particulier.

La couture

À l’âge de 60 ans elle a mis fin à son aventure dans les plantations et passait son temps dans la spiritualité. « Dadi Cateeja » trouvait alors plus de temps pour rendre visite à des malades. Elle faisait ses courses au marché et parcourait des kilomètres à pied pour retourner à la maison. Elle s’adonnait à la couture et même aujourd’hui à 100 ans, pour garder la main sans doute, elle adore prendre un morceau de tissu pour faire un ourlet. Aussi, la centenaire est en si bonne santé que les médecins n’ont pas à lui rendre visite. Sa devise ? « Jamais pas koz menti et pas doit personne l’argent ».

Son gendre nous raconte que « Dadi Cateeja » est une personne exceptionnelle et qu’il est difficile de comprendre comment à cet âge, elle peut voyager seule, lire le Coran sans lunettes, faire de la couture, accomplir le namaz tahajud et faire plein d’autres choses que les gens plus portants et moins âgés ne peuvent. Mystère ou miracle d’Allah ? Il nous répond que seul le Créateur détient la réponse. Quand il demande à sa belle-mère si Allah la voit, elle répond « oui ». « Moi mo trouve Allah tous les jours  », lance-t-elle.

Soulignons que Cateeja Khodaboccus devait célébrer son anniversaire de 100 ans au mois de décembre 2020 mais elle a refusé et a insisté qu’elle ne voulait pas couper de gâteau d’anniversaire. Il y a quelques mois, elle a perdu une de ses filles et elle ne voulait pas qu’on organise une fête par respect pour elle. Kawthar nous raconte que sa maman n’est pas une personne difficile mais parfois elle n’écoute pas ses conseils quand elle voyage seule sur une longue distance. « Allah fine choisir moi pou guette mo maman. Li fine fer sacrifice pou grandi nou et c’est nou devoir pou nou guette li », dit-elle.

Faisons ressortir que « Dadi Cateeja » est grand-mère de sept petits-enfants et elle tient à eux sont comme à la prunelle de ses yeux.

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