jeudi , 19 septembre 2019
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Amina

Calvaire d’une Marocaine mariée à un Mauricien : «Une gynécologue m’a demandé d’avorter de mon bébé de 7 mois»

Mère d’une fille de 3 ans et enceinte de 7 mois d’un deuxième enfant, Amina, qui est originaire de Tanger, ville portuaire du nord du Maroc, souffre le martyr aux mains de son époux qui lui avait promis la belle vie à Maurice.

C’est en larmes que nous avons rencontré Amina en compagnie des dirigeants de la Soonee Mosque à Rose-Hill qui lui assurent un soutien en leur nom personnel. Les larmes ruissellent sur ses joues et les cernes sous ses yeux et son visage pâle indiquent qu’elle souffre terriblement. Amina a épousé un Mauricien venu demander sa main au Maroc en 2015. L’homme a tout fait pour convaincre la famille d’Amina que cette dernière serait une princesse à Maurice et qu’il ferait tout pour qu’elle soit heureuse. Les fiançailles et le nikah ont eu lieu au Maroc et Amina, qui est ingénieure de profession, a tout abandonné pour suivre son époux à Maurice.

Alors qu’elle croyait vivre un contre de fées, le retour à la réalité sera très douloureux.  En effet, après son mariage civil, elle apprend avec stupeur que son époux est divorcé et est père de 3 enfants.

Amina raconte qu’elle n’avait pas le choix et qu’elle a accepté de vivre auprès de son époux et des 3 enfants. « J’ai aimé ces enfants comme mes propres enfants », dit-elle. Au mois de décembre 2015, son époux l’emmène ainsi que les enfants en Malaisie et à Singapour.

De retour à Maurice, elle tombe enceinte de son premier enfant. Après 4 mois de grossesse, elle se rend au Maroc pour être auprès de ses parents. Elle est restée au Maroc pendant 3 mois après son accouchement et son époux lui a fait comprendre qu’il ne pourrait venir la voir. Elle rentrera à Maurice avec son bébé.

Après 2 ans, son époux achète un appartement pour que sa fille et elle puissent vivre convenablement. Tout semble aller pour le mieux. Une fois encore elle se trompera.

Époux infidèle

Le calvaire d’Amina débute au mois de février 2018 quand elle découvre que son époux a renoué avec une femme avec laquelle il avait rompu avant le mariage. Quand Amina lui reproche son infidélité, il la bouscule et la maltraite verbalement. « Il m’a dit de retourner au Maroc parce qu’il aime une autre femme », raonte-t-elle. Amina ne voulait pas entendre parler de séparation car au Maroc c’est considéré comme une disgrâce.

Malgré le désaccord d’Amina, il achète un billet d’avion pour le Maroc pour sa fille et elle afin qu’il soit libre. Après 7 mois, il vient au Maroc pour rencontrer les parents d’Amina. Il leur demande une dernière chance et promet de commencer une nouvelle vie et même d’emmener Amina accomplir le hadj pour qu’il demande pardon devant la Ka’aba. Au mois de septembre 2018, Amina écoute les conseils de ses parents  et retourne vivre à Maurice. Elle commence à subir la violence verbale de son mari et se rend à la police pour demander un ordre de protection. Sa demande est prise à la légère et elle allègue qu’une policière a conseillé à son époux de prendre lui aussi un ordre de protection. Amina raconte que son époux emmène sa maîtresse à la maison et la maltraite jour et nuit.

Enceinte à nouveau

Elle tombe enceinte de son deuxième enfant et après 7 semaines de grossesse, son époux l’emmène chez une gynécologue. Cette dernière conseille à Amina de se faire avorter car elle a un kyste au niveau de l’ovaire. « Je savais que c’était faux et j’ai refusé de prendre les médicaments que la doctoresse m’a prescrits», dit-elle. « Ton époux ne veut pas de cet enfant », lui aurait-dit la gynécologue. Elle était bouleversée. « C’est un crime que de tuer un bébé », a-t-elle alors lancé à la gynécologique. Son époux l’a insultée et l’a sommée de retourner au Maroc.

Enfermée dans une chambre, Amina vit comme une prisonnière. Durant le mois de Ramadan, elle a frappé à la porte d’un voisin d’appartement pour avoir un peu de nourriture. Actuellement, ce sont les familles des dirigeants de la mosquée et les voisins qui lui offrent de la nourriture. Amina ne veut pas retourner au Maroc pour mettre au monde son deuxième enfant car au Maroc l’enfant sera déclaré illégitime.

Les dirigeants de la Soonee Mosque trouvent  que les plaintes de la Marocaine n’ont pas été prises en considération. Ils allèguent qu’un haut gradé de la police est de conivence avec l’époux d’Amina et l’informe de toutes les plaintes faites contre lui par son épouse.

Ils comptent avoir une rencontre avec le Commissaire de police pour dénoncer ce haut gradé de la police. En attendant, ils accordent tout leur soutien à Amina et son enfant et ne comptent pas laisser faire le mari. «Nous irons de l’avant avec cette affaire car en tant qu’humains nous n’avons pas le droit de rester les bras croisés et d’assister au drame d’une mère de famille qui n’a personne pour la soutenir », laisse entendre un des dirigeants de la mosquée.

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