Tuesday , 14 July 2026

Yasseen Inty fauché sur l’autoroute près du port – Ses parents : «Li ti enn garson ekseptionel»

Atroce. C’est ainsi qu’ont pourrait décrire le drame qui a coûté la vie à Muhammad Yasseen Inty, vendredi. Ce passionné de rallye a trouvé une mort effroyable lorsqu’un poids lourd lui est passé sur la tête. Les images de la scène ont profondément choqué les témoins et provoqué une vive émotion.

La route a une nouvelle fois endeuillé une famille. Muhammad Yasseen Inty, 35 ans, a perdu la vie dans un accident de la route, vendredi 10 juillet 2026, sur l’autoroute à Trou-Fanfaron, près du port, en direction sud. Le drame s’est produit vers 13h et impliquait sa motocyclette et un camion.

Selon les premières constatations de la police, Yasseen, domicilié à Terre-Rouge, circulait sur cet axe lorsqu’une collision est survenue avec le poids lourd conduit par Rishiraj Megraz, 49 ans, habitant de 9e Mille, Triolet. À l’arrivée des secours, le médecin du SAMU, Dr Arassen, n’a pu que constater le décès du motocycliste. Le chauffeur du camion a été soumis à un alcootest qui s’est révélé négatif. Il a néanmoins été placé en détention afin de permettre la poursuite des investigations.

Les enquêteurs disposent également d’images captées par une caméra du réseau Safe City. La vidéo montre partiellement les derniers instants avant l’impact. Selon les premières observations, la motocyclette circulait entre le camion et un autre véhicule qui se dirigeait vers Port-Louis. Ces images devront être analysées afin de déterminer avec précision le déroulement de l’accident. L’autopsie pratiquée par le Dr Chamane, Principal Medical Officer, a conclu que le décès est dû à de graves traumatismes crânio-cérébraux.

Douleur inimaginable des parents

Issu d’une famille de deux enfants, Yasseen, célibataire, laisse dans la douleur sa sœur cadette Aanesa, 31 ans, ainsi que ses parents Solayman, 67 ans, et Nasreen, 63 ans. Pour son père, son fils était bien plus qu’un enfant. C’était un homme au grand cœur, toujours disponible pour les autres. « Li ti enn garson ekseptionel. Li ti ena boukou respe pou zot tou ek li ti gran ker. Li ti bizin la pou aid lezot  », confie Solayman, encore bouleversé.
Il évoque également cette passion qui occupait une grande place dans la vie de Yassen : les voitures et le sport automobile. « Mo garson ti passe so letan prepar so loto avek so kamarad ki bien passioné par lekours loto. »
En effet, depuis plusieurs années, Yasseen partageait son temps entre son travail et cette passion qui l’animait depuis son enfance. D’ailleurs, en octobre dernier, STAR avait consacré un long article sur Yasseen Inty et sa passion pour les courses automobiles.

Deux Umrahs avec ses parents

Ses parents gardent aussi des souvenirs précieux des moments partagés avec leur fils, notamment lors de voyages religieux. « Nou finn gagne la chance fer Umrah deux foi avek Yasseen. Enn foi nou ti ale lor diferan vol ek nou ti zwen laba », raconte Nasreen en larmes.

En 2018, alors que ses parents et sa sœur avaient effectué le Hadj, Yasseen n’avait pas pu les accompagner. « Mo garson ti bien regulier dan so deen. La religion ti okip enn plas importan dan so lavi », ajoute son père.

Une dernière journée comme les autres…

Yasseen travaillait comme Machine Operator pour la compagnie Engen à Quay D. Le jour du drame, il était rentré chez lui avant de se rendre au Jummah. Mais un détail anodin allait changer le cours de cette journée.

« Li finn vin lakaz pou baigner avan li ale Jummah mé bonbonn gaz ti fini. Li dir mwa : ‘pa mo pou ale pren gaz pou kapav gagne delo so pou baigner.’ », raconte Solayman, ému.

Pendant que son père se rendait à la mosquée, Yasseen est allé acheter une bonbonne de gaz, est revenu prendre sa douche avant de reprendre la route. Quelques instants plus tard, la terrible nouvelle est tombée.

« Kan mo finn sorti Jummah, mo finn gagne enn call pou dir mwa ki Yasseen finn fer enn grav aksidan. Li ti vremen dir pou mwa », dit le père éploré.

Il explique que son fils se rendait à son travail lorsqu’il a été victime du drame. « Normalman Yasseen servi so loto pou ale partou mé loto la finn en panne et ti kot enn mekanisien. Depi sa li finn koumans servi so motosiklet.  »

Un dernier message avant de partir

Le destin semble parfois cruel. Quelques heures seulement avant l’accident, Yasseen avait publié sur sa page Facebook : « La Course de champions », un message annonçant une prochaine compétition de slalom prévue le 19 juillet au stade Anjalay Coopen, à Belle-Vue.

Un rendez-vous qu’il attendait avec enthousiasme et qui devait réunir les passionnés de sport automobile. Cette compétition se déroulera désormais dans un climat particulier, marqué par l’absence de celui qui partageait cette passion avec tant d’autres.

Le mayyat de Yasseen Inty a eu lieu vendredi soir à son domicile à Eucalyptus Lane, Terre-Rouge, et il repose au cimetière de Bois-Marchand. Qu’Allah lui accorde le Jannat-ul-Firdaus.

Aanesa, la sœur de Yasseen : «Les commentaires blessants nous font mal»

La sœur de Yasseen Inty, Aanesa, dit avoir été profondément touchée par certains commentaires publiés sur les réseaux sociaux après l’accident, vendredi.

« Les commentaires blessants nous font mal. Ban dimounn pe poster nimport ki zafer san panse ki la fami pe traverse enn moman difisil. Mo mama surtou, sa ban post la pe fer li boukou la peine », déplore-t-elle.

Elle lance un appel à ceux qui ont publié des messages jugés irrespectueux. « Si sa drame la ti ariv zot ou enn membre zot fami, lerla zot ti pou kompran sa soufrans la », dit-elle.

Aanesa raconte qu’elle se trouvait au travail, dans une réunion, lorsqu’elle a constaté plusieurs appels manqués de ses parents. Lorsqu’elle a rappelé son père, celui-ci lui a demandé de rentrer rapidement : son frère avait eu un accident.

Peu après, un ami de Yasseen l’a également contactée pour lui annoncer la nouvelle. « Mo finn kit travay emplas ek kan mo finn ariv parti le port, simé ti bloker akoz aksidan mo frer mem. Zot finn dir mwa ale lopital Jeetoo. Kan zot finn dir mwa ale vers la morgue ki monn realiser ki mo finn perdi mo frer pou touzour », confie Aanesa, la voix brisée par l’émotion.

Elle se souvient aussi d’un dernier geste affectueux de son frère avant son départ. «  Vendredi gramatin avan li ale travay, Yasseen finn kit enn tshirt avek mo mama pou li donn mwa. Li ti kit enn sokola ousi avan li aller. »

Un passionné de rallye parti beaucoup trop tôt

Pour ceux qui le connaissaient, Muhammad Yasseen Inty n’était pas seulement un motocycliste. Il était un passionné de sport mécanique, un homme dont la vie était rythmée par les moteurs, les rallyes et les circuits.

Cette passion était née dès son enfance. D’abord attiré par les motos, il s’était ensuite tourné vers les rallyes automobiles. Au fil des années, il avait participé à plusieurs compétitions, aussi bien comme pilote que comme copilote.

Sa Honda EK3 occupait une place particulière dans son cœur. Il aimait préserver l’authenticité de son véhicule plutôt que rechercher uniquement la performance.

Ses amis et sa famille étaient toujours présents pour le soutenir dans cette aventure. Malgré les difficultés liées au financement des courses automobiles, Yasseen poursuivait son rêve avec détermination.

Sa disparition laisse un vide immense dans le monde du sport mécanique mauricien. Quelques heures avant son décès, il parlait encore de cette passion qui l’accompagnait depuis toujours.

Aujourd’hui, le bruit des moteurs laissera place au silence et au souvenir d’un homme décrit par ses proches comme humble, généreux et passionné.

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