Tuesday , 5 May 2026

Djouneid Fatemamode : «Le MSC doit devenir une plateforme proche des citoyens»

Issu d’une famille modeste de Souillac, Djouneid Fatemamode arrive à la présidence du Mauritius Sports Council (MSC) avec un parcours forgé sur le terrain, auprès des jeunes et des compétitions de proximité. Entre bonne gouvernance, visibilité accrue du sport, digitalisation et détection des talents, il veut faire du MSC un moteur de renouveau pour le sport mauricien.

Pour commencer, qui est Djouneid Fatemamode au-delà de cette nomination ? Quel parcours vous a conduit à la présidence du Mauritius Sports Council ?
Je suis issu d’une famille modeste originaire de Souillac. Mon père travaillait comme artisan dans un établissement sucrier et ma mère, femme au foyer. J’ai fait mes études secondaires au Collège Royal de Port-Louis, puis poursuivi à l’Université de Maurice ainsi qu’à l’Open University.

Sur le plan professionnel, je suis délégué médical chez Glenmark Pharmaceuticals, avec des portefeuilles en oncologie et en respiratoire. Mais au-delà de ma carrière, je suis avant tout un passionné de sport et un père de famille, ce qui renforce mon engagement envers la jeunesse.

Depuis mes débuts professionnels, je me suis investi dans l’encadrement des jeunes, notamment dans le foot five. Aujourd’hui, je suis fier de voir certains d’entre eux évoluer au plus haut niveau national, comme Salman Hansye ou Vaishnav Dhoopnarain, qui ont débuté sous mon encadrement.

Cette passion m’a conduit à organiser des compétitions d’envergure. À travers Foot 80, nous avons rassemblé près de 400 jeunes pendant trois ans dans une compétition élite, permettant à plusieurs joueurs d’intégrer des équipes régionales et nationales. Nous avons également lancé une Football Youth League regroupant plus de 1 000 joueurs issus de 9 académies, répartis en cinq catégories d’âge, avec des matchs organisés à travers toute l’île. Malgré les défis logistiques, cette initiative a été un succès.

Nous avons aussi innové avec des événements comme le Tournoi de la presse, qui a marqué les esprits par son concept et son organisation. Aujourd’hui, voir ce type d’initiative repris est une grande fierté.

Qu’avez-vous ressenti lors de votre nomination  ?
J’ai ressenti une profonde émotion et une immense reconnaissance. J’ai immédiatement pensé à mes parents, à mon parcours et à toutes les personnes qui m’ont soutenu.

C’est également un moment de gratitude spirituelle : j’ai remercié Allah pour cette opportunité, reçue un vendredi, un jour particulièrement symbolique pour moi.

Que représente cette nomination dans le contexte actuel du sport mauricien  ?
Cette nomination a suscité beaucoup d’attention, notamment chez les jeunes. Dans un contexte social parfois difficile, elle incarne un espoir.

Le sport a le pouvoir de rassembler. Aujourd’hui, nous faisons face à plusieurs défis : l’addiction aux écrans, le manque d’enthousiasme, les fléaux sociaux, et une couverture sportive encore insuffisante. Il est temps de redonner au sport la place qu’il mérite.

Je vois cette nomination comme une responsabilité envers la jeunesse mauricienne. En venant d’un village, je ressens profondément la fierté des gens. Cette confiance est précieuse, et je me dois d’y répondre par le travail et les résultats.

Il est temps de redonner au sport la place qu’il mérite»

Comment votre expérience de terrain influence-t-elle votre vision à la tête du MSC ?
L’expérience de Foot 80 m’a appris que même avec peu de moyens, il est possible de créer un impact fort. Grâce au live streaming et à la valorisation des talents, nous avons transformé un simple terrain en référence nationale.
Au MSC, je souhaite démocratiser la visibilité du sport. Le sport doit entrer dans chaque foyer, devenir un sujet de conversation et une source d’inspiration quotidienne.

Quel regard portez-vous sur l’état actuel du sport mauricien ?
Le sport mauricien a traversé des périodes difficiles, notamment avec la pandémie, mais je tiens à saluer la résilience des fédérations et des athlètes.

Nous devons cependant être lucides sur nos ambitions. Maurice compte un seul médaillé olympique, Bruno Julie en 2008. Si nous visons plus haut, cela nécessitera un soutien structuré et durable.

Nos athlètes font preuve d’un mérite exceptionnel, conciliant travail et entraînement. Il est impératif d’élargir la base, de détecter les talents plus tôt et de les accompagner efficacement.

Concernant les infrastructures, je prévois des visites de terrain dès le début de mon mandat afin d’identifier les contraintes et proposer des solutions adaptées.

Quelles sont vos trois priorités immédiates ?
Ma première priorité est la bonne gouvernance  : transparence, professionnalisme et rigueur dans la gestion. Ensuite, je souhaite instaurer une communication efficace entre le MSC, les fédérations et les sportifs. Nous devons avancer ensemble avec une vision commune.

Enfin, je veux renforcer la visibilité du sport. Nous allons travailler sur un plan média structuré, en collaboration avec la presse, afin de mettre en lumière les acteurs du sport à travers le pays.

Comment rapprocher le MSC des jeunes et des disciplines moins médiatisées ?
Il est essentiel d’utiliser les outils modernes, notamment les réseaux sociaux. Aujourd’hui, le contenu sportif local reste sous-exploité. Je souhaite créer un véritable écosystème autour de chaque événement sportif. Le sport doit être célébré, promu et partagé. Le MSC doit devenir une plateforme accessible, proche des citoyens et engagée dans la valorisation de toutes les disciplines.

Quels projets pour renforcer la base sportive ?
Nous allons commencer par un travail de cartographie des infrastructures et des disciplines par région.
L’objectif est de rendre le sport accessible dès le plus jeune âge et de mieux encadrer les talents émergents. Un jeune athlète doit être soutenu par tout un écosystème : institutions, communauté et modèles inspirants.
Je privilégie une approche réaliste : chaque projet sera étudié en termes de faisabilité avant d’être annoncé, en collaboration avec le ministère.

Quelle sera votre relation avec les acteurs du sport ?
Le travail d’équipe est indispensable. Je souhaite une approche participative où chacun peut s’exprimer.

Nous organiserons des sessions de travail basées sur des données concrètes, avec des plans d’action clairs. Les initiatives seront encouragées, soutenues et valorisées.

Quel bilan souhaitez-vous laisser à la fin de votre mandat ?
Je souhaite laisser un environnement sportif dynamique, structuré et inclusif.

Mon ambition est de faire du sport un véritable pilier de notre société, soutenu par la digitalisation et l’innovation. Grâce à la technologie, nous pourrons mieux suivre les performances, analyser les besoins et améliorer notre efficacité.

En résumé, je veux que mon passage au MSC soit associé à un renouveau, une énergie nouvelle et des résultats concrets pour le sport mauricien.

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