Le prédicateur Zayd Imamane critique vivement les amendements annoncés à la Waqf Act. Pour lui, l’argent des waqfs relève d’un bien religieux et sacré. Il s’interroge sur l’entrée des autorités chargées du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme dans la gestion des waqfs.
Pour Zayd Imamane, le débat autour du Waqf Act touche à une question fondamentale : la protection des biens musulmans. « L’argent des musulmans est sacré, d’après les hadiths, les paroles du Prophète SAW », affirme-t-il. Evoquant le paragraphe 75 de l’Annexe du Budget, il estime que cela signifie, en termes simples, que les institutions chargées de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme auront désormais un droit de regard sur les waqfs.
« Est-ce que ce gouvernement croit que l’argent du Waqf est utilisé pour le blanchiment ou le financement du terrorisme ? » demande-t-il.
La FCC dans les biens musulmans
Zayd Imamane ajoute que les amendements envisagés donneront des pouvoirs importants à la FCC. Selon lui, « la FCC pourra enquêter sur les biens des musulmans ».
Il affirme aussi que cette institution pourrait avoir son mot à dire sur l’utilisation même du nom « Waqf ». « Deuxièmement, ce sont les autorités qui décideront qui peut utiliser le nom ‘Waqf’ », soutient-il.
Il s’inquiète également du pouvoir de demander des informations : « Elle peut exiger à un Waqf de fournir des informations sur la personne, ses bénéficiaires et ainsi de suite », ajoute-t-il.
Intrusion de l’État
Le prédicateur reconnaît que les waqfs peuvent avoir des faiblesses administratives « qu’on peut corriger ».
Mais pour lui, ces manquements ne justifient pas une intrusion de l’État dans la gestion religieuse des biens musulmans. Sa formule est directe : « Ki gouvernma pa vin met so nene dan Waqf. »
Il estime que la correction des faiblesses doit se faire dans le respect de la nature religieuse des waqfs, et non à travers une logique de suspicion liée au blanchiment ou au financement du terrorisme.
Des clauses jugées inacceptables
Zayd Imamane dit vouloir aller plus loin en attirant l’attention sur certaines clauses qu’il juge déjà problématiques dans la Waqf Act.
Il cite notamment le fait que le président de la République puisse décider de la composition du Waqf Board. Il critique aussi la possibilité que la personne appelée à diriger ou présider une structure liée au Waqf ne soit pas nécessairement musulmane.
À ses yeux, cela pose une question de principe : comment des biens religieux musulmans peuvent-ils être encadrés ou administrés par des personnes ou institutions qui ne relèvent pas directement de la communauté concernée ?
La crainte d’une saisie des biens
Pour Zayd Imamane, la question centrale reste celle du contrôle final des biens musulmans. Il s’interroge : « À qui profite le crime ? »
Sa crainte est claire : que les autorités disposent, à terme, d’un pouvoir pouvant aller jusqu’à l’intervention directe sur les biens waqf. « Zot pou ena drwa sezi di bien musulman », affirme-t-il.
Pour lui, les amendements annoncés ne sont donc pas un simple ajustement technique. Ils ouvrent un débat beaucoup plus sensible sur la protection des biens religieux, l’autonomie des waqfs et la place de l’État dans la gestion des institutions musulmanes.
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