samedi , 21 septembre 2019
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Sameer rescapé de la drogue : «La prière est la seule solution pour sortir de cet enfer»

Pris dans la spirale infernale de la drogue, Sameer, un ancien toxicomane, est arrivé à s’en sortir. Grâce à sa volonté mais surtout grâce à sa foi en Dieu. Il a accepté d’apporter son témoignage pour nos lecteurs.

Malgré la mise sur pied d’une commission d’enquête sur la drogue, une vigilance accrue à l’aéroport et dans le port et les efforts inlassables de l’ADSU (Anti Drug Smuggling Unit) qui multiplient les arrestations, la drogue synthétique fait des ravages dans le pays et des centaines de jeunes ont été foudroyés par une overdose.

Sameer nous raconte l’enfer qu’il a vécu et comment il a décidé de s’en sortir. Il reconnaît avoir causé un tort immense à sa famille et regrette d’avoir cédé à la tentation par faiblesse sous la pression des pairs.  La délivrance pour lui est venue en 2011 quand il s’est inscrit au programme de traitement d’entretien à la méthadone.

Sa première expérience

Flashback. Sameer a gouté à la drogue alors qu’il n’avait que 16 ans. Il travaillait dans une foire et gagnait bien sa vie. Il se souvient de son premier «taf». « C’était lors du mariage de mon frère. Je voulais essayer l’héroïne pour connaître le plaisir de planer, » dit-il. Il deviendra accro et n’a pu sortir de cet engrenage. En 1997, il fait la connaissance d’un dealer qui lui propose de se rendre en Inde pour prendre livraison d’un colis de drogue. En Inde un sac lui est remis et il retourne à Maurice sans être inquiété.  « Mo ti encore jeune. Mo ti pé gagne l’argent boucoup. Mo ti pe amène la belle vie. Manger boire dans grand restaurant, » raconte-t-il. Avec l’argent de la drogue, il achète un terrain pour construire sa maison.

Sameer ne se rend pas compte qu’il a franchi la ligne rouge. Il ne peut se passer de la drogue. Un jour il se fait arrêter avec une seringue et il est coffré par la police. Après quelques mois il s’en sort avec une amende.

Il réalise alors qu’il a fait le vide autour de lui. L’entourage familial lui manque. Seule sa mère le comprenait et faisait tout son possible pour qu’il mette fin à cette vie infernale. Au fil des ans il a consommé toutes sortes de drogue, fortes et échappe à la mort à plusieurs reprises. Pris dans cet engrenage, il n’avait plus de conscience de son état physique et psychologique. Il tombe malade et devient une loque humaine. Il s’autodétruisait jour après jour sans parvenir stopper sa déchéance.

Pour sortir de cet enfer et retrouver l’estime de ses proches, il décide de se rendre dans un centre de désintoxication à la Hindu House. Après quelques sessions il rechute. « J’étais naïf et faible. Je fumais du gandia, du haschich puis je suis passé à l’héroïne, à la cocaïne et autres substances plus fortes, » laisse-t-il entendre.  Sans domicile, il erre dans les rues. Il était sale et portait des vêtements crasseux. Il passait son temps dans un jardin avec des amis et dormait parfois sur les bancs du jardin.

Mettre fin à ses jours

En 2015, il perd sa mère.  Ne pouvant plus supporter sa situation il pense  mettre fin à ses jours. « Plusieurs fois mo fine pense pou fini avec mo la vie », dit-il.

Il repousse cette idée noire et se rend chez un médecin et lui explique son désir de mettre fin à sa dépendance. Le médecin lui administre une injection et lui prescrit des comprimés.

Malgré le fait que la tentation est plus forte, Sameer émet le désir de sortir avec une équipe pour la propagation de l’islam à travers l’île. Il passe trois mois avec son groupe mais trouve moyen de lui fausser compagnie à deux reprises pour se procurer sa dose. Mais durant le mois de ramadan il ne touche pas à la drogue et à deux reprises il a accompli l’I’tikaf.

Sameer ressent l’ardent désir de sortir de l’enfer de la drogue et persévère avec des sessions de spiritualité. « Mo faire mo namaz, mo faire zikr et mo repousse la tentation et mo trouve mo chemin ouvert, » affirme-t-il.

Sessions de thérapie

C’est en 2011 que Sameer découvre que sa vie commence à fleurir. Les sessions de thérapie et la prise des médicaments chaque jour desserrent l’emprise de la drogue sur lui. Sameer ne rate pas le traitement à la méthadone et graduellement ne pense plus à la drogue. Il se rend régulièrement à la mosquée et accomplit ses cinq prières quotidiennes.

En 2015, il fait la connaissance d’une mère de deux enfants. Sameer accepte de faire le nikah avec elle. Pendant ce temps, une bonne samaritaine au nom de Rasheeda a appris qu’il voulait changer sa vie après avoir connu l’enfer de la drogue. Rasheeda lui propose d’occuper un terrain pour l’élevage de canards, de cabris et de vaches. Sameer reprend goût à la vie et rend heureuse sa famille. Sa passion pour la pêche l’emmène chaque jour dans le nord du pays pour «gagne ene curry et parfois pou partage avec les voisins». Quand un ami lui offre une voiture pour véhiculer sa famille, son bonheur est complet.

En 2016, avec la maladie de la fièvre aphteuse, Sameer a perdu ses cabris et vaches. Il pense construire un grand poulailler pour l’élevage sur les flancs de la montagne à Vallée des Prêtres. Il attend l’aide des particuliers qui désirent l’aider pour financer son projet. Sameer a promis de mettre une croix sur son passé de toxicomane et aujourd’hui il vit une vie heureuse entourée de sa famille.

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