vendredi , 9 décembre 2022

Protéger l’emploi des Mauriciens

L’emploi de l’homme est sacré pour sa survie, son équilibre mental, sa dignité sociale et toute sa fierté.

Perdre son emploi du jour au lendemain entraîne une déroute, une crise psychologique qui pousse vers une rébellion contre l’ordre social. Tout État responsable doit œuvrer pour la protection de l’emploi de tous ses citoyens pour sauvegarder l’ordre social. Avec la Covid-19, la fermeture des frontières, le confinement pendant des mois où les activités économiques étaient suspendues, cela a entraîné certes une perte d’emploi dans plusieurs secteurs notamment le tourisme. L’État a injecté à coup de millions de roupies dans les caisses de ces entreprises du tourisme pour qu’elles ne licencient pas leur personnel.

On a recensé environ 100 000 chômeurs depuis que des confinements ont été proclamés. Le Mauritius Revenue Authority (MRA) a profité pour faire enregistrer tous ces gens qui ont perdu leur travail ou qui n’ont pas de commande afin de leur remettre une assistance financière. Avec des conséquences à venir!

Cependant, force est de constater après avoir congédié bon nombre de nos compatriotes dans le secteur de l’hôtellerie du tourisme, certains hôtels ont recruté du personnel étranger l’an dernier. Du personnel qui ne parle ni français, ni anglais posté dans des restaurants pour servir et desservir. C’est carrément un affront à notre main-d’œuvre locale qualifiée et affable! Ce n’est pas de la xénophobie mais en période de crise de l’emploi, il faut adopter la politique du protectionnisme. Pourquoi choisir de licencier pour recruter des médiocres?

La boutade veut que sans les travailleurs du Bangladesh à Maurice, on pourrait ne pas avoir notre pain quotidien! Ces travailleurs ont déjà envahi notre milieu du travail. On n’aurait pas le réflexe d’Enoch Powell ou de Marine le Pen et son Zemmour pour réserver le travail à leur concitoyen! En parlant des travailleurs du Bangladesh, il est bon de rappeler qu’un milliard de roupies fait l’exode vers ce pays annuellement.

Faut-il blâmer ces Mauriciens qui ne veulent pas pétrir la farine à partir de deux heures du matin ou travailler comme maçon, planteur, porteur dans des camions, jardiniers et tout ce que vous voulez ? Ou encore proclamer que les Mauriciens sont des paresseux?

Pension

Notre Ministre des Finances, tout sorti de l’université de Paris, francophone à plein cœur et français dans l’âme, reprend des mesures fiscales mises au rancart par l’État français pour nous retirer notre National Pension Scheme supplantée par la Contribution Sociale Généralisée suivie de la toute nouvelle Portable Retirement Gratuity Fund auquel chaque employeur doit verser à l’État 4.5% du salaire de son employé. Une valeur ajoutée au salaire de l’employé pour sa pension!

Avec le salaire minimal, combien de petites entreprises, magasins, boutiquiers, boulangeries, pâtisseries, plombiers, etc. ont du remercier leur employé faute de pouvoir honorer salaire minimal et Portable Retirement Gratuity Fund!

Dans une situation où l’économie est précaire, on ne peut jouer au Père Noël pour accorder un boni de fin d’année et autres bénéfices. Dans un marasme économique, il faut suivre cette boutade : « Contente-toi du bouillon, car la chair est trop chère. » On aura promis aux 230 000 pensionnés que leur prestation d’allocation passerait à Rs 13 500 par mois. Peut-on vraiment accorder cette pension?

Il faut reconnaitre que quand le travail se raréfie ou que le chômage bat son plein, on ne peut choisir du travail mais accepter de travailler pour gagner son pain.

On préfère manger du pain sec et boire l’eau du robinet que d’attendre à se payer un burger double à Rs 160 ! A méditer pour les chômeurs qui cherchent à gagner beaucoup d’argent sinon mourir chômeur!

Par Dr Hassam Sakibe Coowar

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