Monday , 17 August 2026

Prix des carburants : le pouvoir d’achat sous la menace d’un effet domino

Avec l’essence désormais à Rs 70,65 le litre et le diesel déjà à Rs 71,25, la hausse des carburants risque de dépasser rapidement le cadre des stations-service.

Le premier impact sera direct sur les automobilistes. Le second pourrait être plus diffus : transport, livraison, services et coûts d’exploitation des entreprises pourraient progressivement transmettre une partie de la hausse au consommateur. Celui-ci risque ainsi d’être frappé deux fois.

La première facture est immédiate. La hausse de Rs 6,40 par litre d’essence représente Rs 256 supplémentaires sur 40 litres, Rs 320 sur 50 litres et Rs 384 sur 60 litres. Pour les ménages qui utilisent quotidiennement leur véhicule pour travailler, conduire les enfants ou répondre à leurs obligations familiales, le surcoût se répétera plusieurs fois dans le mois.

Mais l’enjeu dépasse le plein d’essence. Le niveau actuel du diesel constitue également un facteur de pression sur l’économie. À Rs 71,25, il pèse déjà sur les activités dépendantes du transport commercial et de la distribution. Le risque est que les entreprises qui ne peuvent plus absorber entièrement leurs coûts supplémentaires finissent par en répercuter une partie sur leurs clients.

C’est là que peut s’enclencher l’effet domino : frais de déplacement plus élevés, livraisons plus coûteuses, prestations réajustées et, éventuellement, pressions sur certains prix de détail.

Les statistiques montrent que le terrain est déjà sensible. Entre mars et juin 2026, l’indice des prix à la consommation a progressé de 2,4 %. Statistics Mauritius attribue notamment 0,5 point à la hausse de l’essence et 0,1 point à celle du diesel, auxquels s’ajoutent des hausses du pain, de l’électricité, du gaz ménager et des repas préparés. L’inflation moyenne sur douze mois atteignait 4,1 % en juin, contre 2,9 % un an plus tôt.

Pour le consommateur, le danger est donc cumulatif : payer davantage pour se déplacer, puis éventuellement davantage pour certains biens et services.

À cela s’ajoute la situation du Price Stabilisation Fund. Selon le ministre du Commerce Michael Sik Yuen, son déficit s’est creusé de Rs 250 millions en seulement une semaine, entre le 7 et le 14 août. Ce déficit étant financé par l’emprunt, il génère aussi des intérêts.

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