Wednesday , 15 July 2026

Iftar de partage entre enseignant et élèves : Tariq Jhungeer fait perdurer la tradition

Si le mois de Ramadan est avant tout un mois de jeûne, il est également un symbole de partage et de solidarité. Certains enseignants s’efforcent ainsi d’incarner pleinement ces valeurs à travers leurs actions.

Tariq Jhungeer, jeune enseignant, a instauré depuis quelques années une tradition singulière ; celle de se réunir avec ses élèves autour d’un iftar, symbole de partage et de fraternité. « Je suis convaincu que l’enseignement ne se limite pas à la seule transmission des connaissances. Un enseignant doit également tisser des liens avec ses élèves afin de favoriser un apprentissage plus harmonieux et efficace », explique ce professeur d’anglais.

Ainsi, il y a environ sept ou huit ans, alors que certains de ses élèves se trouvaient encore en sa compagnie à l’heure de l’iftar, il a spontanément décidé de leur offrir la possibilité de rompre leur jeûne et leur a accordé un moment pour s’alimenter, pour prier s’ils le souhaitaient.

Une tradition qui perdure

Ce simple geste s’est progressivement transformé en une tradition qui perdure chaque année durant le mois de Ramadan. Désormais, Tariq Jhungeer convie systématiquement ses élèves à partager un iftar dans une ambiance conviviale et bienveillante. « Mes anciens élèves répondent également présents à cet appel, revenant chaque année pour revivre ces instants de fraternité. Pour eux, Ramadan ne saurait être complet sans ces retrouvailles chargées d’émotion et de solidarité », confie-t-il, reconnaissant envers ses élèves.

Au fil des ans, l’organisation de l’iftar s’est affinée et repose désormais sur une dynamique collective où chacun apporte sa contribution. Tandis que les élèves préparent des collations et des boissons, leur enseignant se charge lui aussi de prévoir divers mets pour l’occasion. « Les samoussas sont incontournables sur notre table, et les enfants en raffolent. Mais les quiches, les naans et les mini-pizzas connaissent également un grand succès. Comme quoi, les gourmandises plaisent toujours aux jeunes », dit-il en riant.

Iftar ouvert à tous

Bien que cet événement soit ancré dans une tradition musulmane, Tariq Jhungeer en fait un moment inclusif, ouvert à tous. « Mes portes sont ouvertes à l’ensemble de mes élèves, quelles que soient leurs croyances », affirme-t-il. Il n’est d’ailleurs pas rare d’y voir des élèves issus de différentes confessions, curieux de découvrir et de partager cette expérience unique.

Il insiste sur le fait que cet iftar est l’occasion de permettre aux élèves de différentes croyances religieuses, de découvrir un iftar typiquement mauricien et musulman, un moment dont ils ont souvent entendu parler sans jamais y avoir pris part. « Dans cette même dynamique d’échange interculturel, ces rencontres se prolongent parfois par des dîners collectifs », ajoute-t-il. Au fil du temps, cette initiative a également suscité l’intérêt de ses collègues, qui se joignent désormais à lui pour partager ces instants empreints de convivialité et de respect mutuel.

Vivre les valeurs de solidarité

Au-delà de la perpétuation d’une tradition initiée dans sa salle de classe, cet iftar revêt pour Tariq Jhungeer une signification plus profonde ; celle de préserver un lien privilégié avec ses élèves, qu’ils soient toujours scolarisés ou qu’ils aient déjà quitté les bancs de l’école.

Pour lui, ces retrouvailles sont une occasion précieuse de renouer avec eux, d’échanger sur leur parcours et de continuer à les accompagner bien au-delà de l’enseignement formel. « Nous parlons souvent de partage, de tolérance et de respect à nos enfants, mais la meilleure manière de leur inculquer ces valeurs est de les leur faire vivre à travers des moments qui en sont empreints  », précise-t-il.

L’enseignant est également conscient d’une réalité souvent passée sous silence ; les conditions de vie des élèves en dehors du cadre scolaire, et notamment au sein de leur foyer. Il explique que comme les adultes, ces jeunes font face à leurs défis et moments de peine. « Tous les enfants n’ont pas nécessairement la possibilité de rompre le jeûne dans la sérénité et entourés d’amour. En tant qu’enseignant, j’espère que ce moment leur apporte cette paix intérieure », conclut-il.

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