dimanche , 23 février 2020
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HSC – Cuvée 2019

HSC – Cuvée 2019 : après l’effort, la récompense

Les résultats du Higher School Certificate (HSC) pour la cuvée 2019 sont officiels depuis le vendredi 7 février 2020. La liste des lauréats a été proclamée, vendredi matin, par la ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun. Cette année encore, le collège Royal de Port-Louis impose sa suprématie avec ses 9 lauréats. Chez les filles, le collège Dr Maurice Curé a produit 6 lauréates et est précédée par le Queen Elizabeth College (QEC) qui en compte une de plus. Pour 2019, le taux de réussite à Maurice est de 75,21%. STAR est parti à la rencontre de ces jeunes qui ont fourni des efforts incommensurables afin de pouvoir briller au plus haut niveau.

Hayfa Fatima Soobratty : « Fière d’être une fille de Plaine-Verte »

Hayfa Fatima SoobrattyHayfa Fatima Soobratty, du collège Dr Maurice Curé, est première lauréate dans la filière scientifique. Elle a décroché la SSR National Scholarship côté filles. Depuis le cycle primaire, elle a démontré de grandes qualités et ses enseignants avaient fondé de grands espoirs sur elle. Et selon Hayfa, au collège Dr Maurice Curé où l’environnement est propice pour l’épanouissement des étudiantes qui aspirent à faire partie de l’élite, les enseignants mettent les bouchées doubles pour que les enfants soient prêts pour les examens.

Pour les examens du HSC, Hayfa était certaine d’être lauréate. Quand elle a entendu son nom en premier à la radio comme la lauréate qui a décroché la bourse SSR, elle s’est jetée avec joie dans les bras de sa mère. Elle n’a pas oublié de remercier en même temps le Créateur qui est à la base de son succès. D’ailleurs, sa mère confirme que la spiritualité occupe une large place dans la vie de la jeune fille. Elle a déjà accompli l’umrah à deux reprises, ne rate pas ses namaz et fait la lecture du Coran régulièrement. La première chose qu’elle a faite après avoir appris qu’elle est lauréate, a été d’accomplir deux rakaats de namaz de remerciements tout comme ses parents. « Dieu joue un grand rôle dans ma vie et c’est par la grâce d’Allah que je suis lauréate. Même si je ne l’avais pas été, j’aurais accepté la décision, car c’est Allah qui décide de tout. », soutient-elle.

Ses parents ont joué un rôle prépondérant dans sa réussite. Ils ont été à ses côtés tout le long de son parcours et ils l’ont soutenue moralement. Hayfa pense aux conseils de ses enseignants qui l’ont guidée durant les moments difficiles. « À chaque fois quand j’avais des difficultés pour trouver des réponses, je partais voir mes professeurs qui ont été gentils envers moi », indique-t-elle. Pour être lauréate, il n’existe pas de potion magique, nous dit Hayfa. Le tout c’est de croire en sa capacités et ne pas se contenter du minimum. « Compete against yourself not against others », dit-elle. Elle conseille aux aspirants lauréats de travailler en équipe et d’utiliser leur temps à bon escient. Hayfa croit que la réussite réside dans la façon d’aborder les choses et de savoir traiter les informations. « Avant les examens, il faut aussi mettre de côté les sorties entre amies pour ne pas brouiller ses esprits et rester connectés avec les objectifs fixés », poursuit-elle.

Toutefois, les études n’ont pas empêché Hayfa de participer à toutes les activités extracurriculaires du collège. Elle se passionne pour le badminton et adore la lecture. La lauréate est d’avis que le critère de 5 ‘credits’ pour monter en HSC est une bonne chose, car cela aide à rehausser le niveau d’éducation et diminuer le taux d’échec.

Études en médecine

Par ailleurs, Hayfa Fatima pense que le bonheur se trouve dans l’entente familiale et quand la famille est soudée il n’y a rien de plus beau. Elle estime qu’il faut encourager les jeunes à se tourner vers des activités sportives pour rester loin du fléau de la drogue. « Il faut qu’ils respectent et honorent leurs parents pour avoir la bénédiction du Tout-puissant », souligne-t-elle. D’ailleurs, elle dédie son succès à ses parents, son papa Sanah-Ulla qui travaille pour son compte, sa maman Faaiza, enseignante au MITD, et son frère Umar, étudiant. Elle a une pensée spéciale pour la famille Soobratty et Udhin. Son père, Sanah-Ulla, est fier de son succès et remercie Allah pour ce grand bonheur. Faaiza, sa mère, s’attendait à ce que Hayfa soit lauréate mais pas à décrocher la bourse nationale SSR. « Cela a été un moment de grande joie et j’ai pleuré de bonheur », dit-elle.

Hayfa compte partir pour le Royaume-Uni où l’Irlande pour des études en médecine. C’est à travers les documentaires à la télévision qu’elle a pris goût pour la médecine. Elle dit que son bonheur n’est pas complet si elle ne dit pas qu’elle est une fille issue de la région de Plaine-Verte. « Je suis fière d’être une fille de Plaine-Verte et le suis encore plus sachant que cette région produit des lauréats chaque année », dit-elle.

Très bonne performance de Doha Secondary School

  • Doha Secondary School continue sur sa bonne lance. 118 de ses 126 candidats (93,65%) ont réussi aux examens du Higher School Certificate (HSC). Sans compter que trois d’entre eux se sont classés après les lauréats, nommément Khansa Rayya Baubooa (Arts), Noormohammad Parwez Goburdhun (Economie) et ABD-Ussalaam El-Hayek (Sciences). Du coté de Doha College de Souillac, 6 candidats sur 10 ont été reçus.
  • Chez Inst of Islamic & Secular Studies de Vallée-des-Prêtres, 11 des 12 candidats ont réussi.
  • Le collège Islamic Form VI de Vallée-des-Prêtres a enregistré un taux de réussite de 55% (56 sur 102).
  • Au Muslim Girls College, 25 des 33 candidates ont été reçues (75,76%).
  • Le collège Aleemiah section filles a fait mieux que Aleemiah section garcons. Soit 81,48% (22 sur 27) contre 66,67% (6 sur 9).
  • Dar-Ul-Ma’arif Secondary School a réalisé un sans-faute car ses deux candidats ont été reçus.

Bibi Zakeeyah Chutoo : « Il faut faire des sacrifices si vous voulez réussir »

Bibi Zakeeyah ChutooZakeeyah Chutoo (19 ans) du Queen Elizabeth College a décroché la MCB Foundation Scholarship dans la filière technique. Elle s’était classée huitième l’année dernière et sa seconde tentative aura été la bonne. Elle nous confie avoir été ivre de bonheur lorsqu’elle a entendu son nom à l’annonce des lauréats. « J’étais sur mon lieu de travail quand j’ai entendu mon nom. C’est incroyable mais je suis contente d’avoir réalisé un sans-faute cette fois. C’était ma dernière chance. Il fallait plus de courage et de persévérance », dit cette habitante de Pailles.

Même si le parcours a été long et exténuant, elle se dit très fière de rendre heureux ses parents qui étaient toujours à ses côtés pendants ses études et qui lui ont toujours conseillé de continuer à prier. « Ainsi, je me suis dit que si je n’arrête pas de prier, le Créateur aussi ne va pas arrêter de m’aider. Je faisais toujours mes prières », ajoute-t-elle. Elle laisse entendre que pour être lauréate, le travail doit débuter dès l’entrée au secondaire. « Ce n’est pas à la dernière minute qu’il faut réviser. On doit être régulier et constant. Il faut faire des sacrifices si vous voulez réussir. Il faut aussi avoir de la détermination », soutient-elle. D’ailleurs, elle se dit en faveur du critère de cinq « credits » pour accéder en Grade 12 et estime que c’est un moyen de hausser le niveau de notre éducation.

Le père de la jeune lauréate, Zeyeed, est comptable et sa mère, Waheeda, est enseignante. Zakeeyah, qui avait obtenu huit distinctions aux examens de School Certificate, indique qu’elle avait pris cinq leçons particulières et une sixième de sa mère. Selon elle, les leçons particulières apportent un support additionnel. Très contente et fière de la performance de sa fille aînée, Waheeda nous dit que Zakeeyah se dévoue entièrement à tout ce qu’elle entreprend. « Ma fille sait se surpasser. Elle s’est donnée à fond dans ses études pendant ces trois dernières années. C’est une battante. Ses efforts ont finalement porté leurs fruits », dit-elle, émue.

Zakeeyah est considérée comme un exemple pour son petit frère et ses deux petites sœurs. Elle n’a pas seulement consacré son temps à ses études mais elle a aussi participé à diverses activités qui lui ont permis de développer sa personnalité et libérer pleinement son potentiel. Elle a participé à des débats et était secrétaire-générale à la Model United Nation (MUN). « Je faisais aussi du volontariat et participais à des activités de collecte de sang », souligne-t-elle. Désormais, elle pense poursuivre des études de droit en Angleterre, car elle souhaite devenir avocate. « J’aime la loi et la justice. Je crois qu’il y a encore de la place pour tout le monde dans le monde judiciaire », confie-t-elle.

Suhaylah Bibi Carim Bacor : « À Plaine-Verte, nous avons des jeunes capables »

Suhaylah Bibi Carim BacorSuhaylah Carim Bacor, 18 ans, fait la fierté du collège d’État Droopnath Ramphul. Elle est lauréate de la cuvée 2019 dans la filière scientifique. Mais elle fait aussi la fierté de Plaine-Verte et espère que sa consécration comme lauréate va changer la perception négative du public sur cette région de la capitale. « À Plaine-Verte nous avons des jeunes capables. Dans quelques années, ces jeunes seront des professionnels qui retourneront au pays avec leurs diplômes en poche  », lâche Suhaylah.

Elle estime que pour être lauréate il faut faire beaucoup de sacrifices et qu’il faut minimiser le « relaxation time ». « Le rêve ne suffit pas. Il faut bosser très dur et croire en ses capacités. Le rôle des parents est primordial surtout pour le soutien psychologique », admet Suhaylah. Elle est d’avis qu’accomplir le namaz régulièrement est très important et qu’il aide les enfants à rester connectés avec le Créateur. Elle a été à la madrassa jusqu’en Grade 10. « Je n’oublierai jamais mon père et ma mère qui ont été à mes côtés tout le temps. Mon père venait me récupérer après les leçons particulières très tard dans la nuit. Ma maman restait éveillée jusqu’à ce que je termine mes révisions », raconte-t-elle.

Selon la lauréate, le niveau d’intelligence de tous les enfants n’est pas pareil et ainsi ils doivent faire des efforts et travailler beaucoup de questionnaires d’examens antérieurs. Pour réussir, souligne Suhaylah, il faut de la régularité dans l’effort, la motivation et le respect des enseignants de Grade 7 jusqu’au Grade 12. Elle se dit en faveur du critère de 5 ‘credits’ pour accéder en Grade 12. « C’est une bonne initiative. Cela contraint l’enfant à avoir une bonne base dès le Grade 7. De toute les façons pour décrocher un job dans la fonction publique, il faut 5 ‘credits at one and same sitting’ », dit-elle. Abordant le problème de société, Suhaylah jette un regard moins alarmiste et pense que la classe de Moral Values doit être obligatoire à l’école pour ainsi changer l’état d’esprit de l’enfant depuis son jeune âge.

Par ailleurs, Suhaylah compte se rendre à l’étranger pour des études en Computer Science. Elle n’a pas encore décidé si elle retournera au pays. La politique pourrait l’intéresser si une nouvelle génération de politiciens propose de nouvelles idées et cesse avec les mêmes clichés, les fausses promesses, le communalisme et les mensonges. Soulignons que Suhaylah se passionne pour l’art à la main, les broderies, la fabrication de bracelets et les dessins pour la pose du henné. Elle est d’avis que les réseaux sociaux sont mal utilisés par les jeunes. « Si éna ène contrôle c’est ene bonne chose  », lance-t-elle.

Elle dédie son sucées à ses parents, ses enseignants du primaire au secondaire. « Je dis un grand merci au Créateur qui est à la base de mon succès », soutient-elle. Pour sa part, Anwar Hussein Bacor ressent une grande fierté et il est content que sa fille ait récolté les fruits de ses efforts. Il est d’autant plus fier que Plaine-Verte a produit plusieurs lauréats. Sa maman, Farzanah, enseignante du secondaire, n’a pas de mots pour remercier Allah pour Ses faveurs. « Ma fille a fait beaucoup de sacrifices, mais à aucun moment elle n’a été stressée même pour les examens. Elle a toujours su avoir la tête sur les épaules », dira-t-elle.

Aliyah Jownally: « Sans mes parents, je n’aurai pas été lauréate »

Aliyah Jownally:Aliyah Jownally, 18 ans, est lauréate du collège Dr Maurice Curé dans la filière scientifique. Elle déborde d’enthousiasme et, selon ses amies, elle est généreuse et toujours souriante. Aliyah est au comble de la joie quand elle pénètre dans l’enceinte du collège, chaperonnée par sa mère, Nazeemah, son père, Iqbal, sa sœur, Hannah, son petit frère et sa tante. Elle se dirige vers les journalistes pour répondre aux questions posées sans aucune crainte et avec aisance.

Aliyah a fait ses études primaires à l’école du gouvernement Sir Veerasamy Ringadoo et depuis toute petite, elle était d’une vive d’intelligence. Elle avoue qu’elle puise ses forces en Dieu. « Allah est la lumière des cieux et de la terre et Allah me suffit comme protecteur  », dit-elle. Le matin de la proclamation des résultats, elle était chez elle les oreilles collées à la radio et était entourée de ses parents. Quand elle a entendu son nom, elle a ressenti une joie immense et les larmes coulaient d’elles-mêmes sur ses joues. Elle raconte qu’elle a fait beaucoup d’efforts et que ses sacrifices n’ont pas été vains. Elle remercie ses enseignants, notamment MM. Heetun, Sookeechand, Ramchurn, Boodhun, Mme Seegobind et tous les autres qui l’ont soutenue. Elle n’oublie pas l’ex-recteur, M. Soondress Sawmynaden, pour ses efforts inlassables. « C’est un gentleman », dit-elle.

Aliyah conseille aux jeunes qui veulent réussir de maximiser leurs efforts et de croire en leurs capacités. «  Sans l’aide d’Allah, je n’aurai pas été lauréate », souligne-t-elle. Elle a des mots élogieux pour ses parents. « J’aurai toujours de la gratitude envers mon père et ma mère. Ils m’ont inculqué de bonnes manières et des valeurs que sont le respect de nos aînés. Sans eux, je n’aurai pas été lauréate. Je leur dis merci pour tout », ajoute-t-elle. Elle pense poursuivre des études en médecine en France. « Honnêtement, je n’ai pas encore décidé si je retournerai  », laisse-t-elle entendre.
Par ailleurs, Aliyah est pour le durcissement des lois afin de protéger les jeunes qui tombent dans le fléau de la drogue. Elle est très préoccupée par la violence domestique et trouve que la loi n’est pas assez sévère contre les hommes qui agressent leurs conjointes. Aussi, elle se prononce en faveur du critère de 5 « credits  » pour accéder en Grade 12. « Il faut viser l’excellence, car ce n’est pas normal que seulement 30% d’étudiants ont obtenu 5 ‘credits’ », estime-t-elle. Aliyah est d’avis que la politique est une bonne chose et qu’il faut faire de la place aux jeunes pour « remplacer les dinosaures qui ont fait leur temps ». Elle se dit très concernée par l’épidémie de coronavirus qui a déjà fait des centaines de victimes. «  Je suis triste surtout pour les enfants qui sont contaminés. Je souhaite que l’OMS trouve un remède », dit-elle encore.

Aliyah tient aussi à remercier ses grands-parents paternels, Aniff et Sarah, de même que ses grands-parents maternels, Ibrahim Sorefan et Asmoon. Pour remercier le Créateur de Ses faveurs, la famille Jownally s’envolera pour l’Arabie saoudite dans quelques jours pour accomplir l’umrah.

Bibi Nuha Shifa Krumtally : « Une lauréate nourrie à la prière et à la discipline »

Bibi Nuha Shifa KrumtallySurdouée et déterminée. Nuha Krumtally nous dira que c’est par la grâce de Dieu qu’elle est lauréate. « J’accorde beaucoup d’importance à la prière et à la lecture du Coran ». À 17 ans, elle est l’une des deux lauréates du collège d’État GMD Atchia dans la filière Économie. Parveen Krumtally, la mère de la lauréate, nous raconte que depuis toute petite, Nuha a développé un amour pour ses swalaats et la lecture du Coran. Depuis l’âge de six ans, la jeune fille est disciplinée, disent ses parents. Elle se lève tôt pour la prière du matin, lit le Coran et se prépare pour aller à l’école. « Parfois, elle réveille son petit frère pour prier et souvent c’est avec sévérité qu’elle le fait », souligne Parveen Krumtally.

Dès le primaire, Nuha a démontré qu’elle sortait du lot. Son père, Salim Krumtally, propriétaire de Salim Auto – une compagnie importatrice de véhicules – avance que sa fille a toujours été première de sa classe avec des points qui frôlaient la perfection. C’est d’ailleurs cela qui l’a poussé à demander à Nuha si elle voulait prendre part aux examens du Certificate of Primary Education (CPE) alors qu’elle était en standard 5. « Elle y est parvenue avec un excellent résultat, soit, que des A+ », dit-il. Au lieu d’aller en standard six, Nuha Krumtally intègre le collège GMD Atchia avec un an d’avance sur ses camarades de classe.

Même en étant la plus jeune de sa classe, elle ne cesse d’exceller durant son parcours secondaire en terminant à chaque fois, première de la classe. «  Lorsqu’elle venait prendre ses trophées lors des Prize giving ceremony, elle était sans émotion, elle se concentrait toujours sur ce qu’elle avait à faire, même en classe ce n’était pas facile de la distraire, elle avait pourtant des camarades de classe bavardes », nous explique Laksmi Bisnauthsing, l’adjoint du recteur du collège. En Form 4 et Form 5, Nuha Krumtally a étudié deux filières : les sciences et l’économie et la comptabilité. Son père raconte qu’elle a finalement opté pour la filière économie et comptabilité en Higher School Certificate (HSC).

Parveen Krumtally raconte que Nuha Krumtally n’a pas pris de leçons particulières comme le font les autres élèves. Elle a dû prendre des leçons de comptabilité, car il n’y avait pas d’enseignant durant le premier trimestre. De plus, elle a pris des leçons de General paper lors du troisième trimestre. Toutefois, elle demandait presque chaque jour de l’aide à son recteur, Afhmez Oozeer, qui avait été enseignant en économie. « Elle faisait, souvent des devoirs additionnels et venait les déposer chez moi pour que je les corrige. C’est une fille déterminée », nous confie Afhmez Oozeer qui est en congé pré-retraite.

Finalement, le secret de Nuha Krumtally, c’est de rester constant dans la prière, avoir de la discipline, rester concentrée sur ses objectifs et demeurer humble. C’est comme cela qu’aujourd’hui, elle est lauréate.

Fawwaaz Ibne Sayad Rusmaully : « J’ai travaillé dur depuis la Form 1 »

Fawwaaz Ibne Sayad RusmaullyLauréat dans la filière Économie au collège Royal de Port-Louis, Fawwaaz Ibne Sayad Rusmaully est considéré comme un petit prodige depuis son enfance par ses enseignants et comme un « fils exemplaire » par ses parents.

Dans une déclaration à STAR, Fawwaaz Rusmaully décrit ses montagnes russes émotionnelles. « J’étais stressé concernant les examens de General Paper. Papier essai ça, pa coner ki pou sorti. Mais par la grâce de Dieu, j’ai pu me débrouiller. À partir de là, ça s’est bien passé pour les autres papiers également. Lorsque tout s’est terminé, il y avait à nouveau ce petit stress me demandant si j’ai pu bien travailler ou pas. J’ai ensuite fait l’impasse là-dessus mais à une semaine des résultats le stress est revenu », explique Fawwaaz, se disant finalement soulagé lorsqu’il a entendu son nom à la radio.

Cet ex-élève de Daneswock Sewraj Governement School de Triolet, village d’où il est originaire, indique que très tôt, ses enseignants avaient décelé en lui un élève brillant avec un potentiel de lauréat. « Lorsque j’étais en quatrième, un enseignant m’avait dit que j’avais le potentiel d’être admis un jour au collège Royal de Port-Louis. À l’époque, je ne savais même pas ce que ça voulait dire. Mo pa ti coner mem kiete sa, Royal Port-Louis. Et lorsque je suis arrivé en Form 1, mon enseignante de français, Madame Dabeea, m’avait dit que j’étais un potentiel lauréat et à partir de là, j’ai commencé à travailler dur », déclare celui qui, aux examens de Form V, s’était classé ‘Top of Mauritius’ en mathématiques et ‘Top of the World’ en Additional Maths. En sus, il s’était classé 5ème côté Accounts et 8ème en Economics

Toutefois, le lauréat avance que l’effort seul ne suffit pas. « La spiritualité doit être la priorité et si vous voulez réussir, il n’y a pas trente-six solutions. J’ai d’ailleurs remercié Dieu en premier, car c’est certainement de par Sa volonté que je suis lauréat », considère ce passionné de foot et de jeux vidéo. Ce vendredi-là, Sayad et Taslima Rusmaully, ses parents, ne sont pas prêts de l’oublier. « Sa pas facil pou décrir », indique la mère. Elle explique s’être levée tôt pour le Tahajjud et a passé les heures qui ont suivi à faire des invocations. « Le temps paraissait long et pénible, car il y avait cette attente. Son entourage avait beaucoup d’espoir sur lui et cela rendait la situation encore plus compliquée », explique Taslima Rusmaully. Elle indique qu’elle a choisi de ne pas écouter la radio. « J’ai demandé à ma belle-sœur de m’informer lorsque la proclamation allait débuter. Et enn foi ki nou finn tanne so nom, nou pa finn tanne plis ki ca », dit elle, soulagée.

Son père, Sayad Rusmaully, Assistant Manager dans le Procurement, indique pour sa part qu’il était quelque peu inquiet durant la période des examens. « Il n’est pas de ceux qui étudient jusqu’aux petites heures du matin. Ce qui m’inquiétait. D’ailleurs, je demandais souvent à mon épouse s’il était en train d’étudier. Elle tentait alors de me rassurer car c’est elle qui passait plus de temps avec notre fils à la maison », indique Sayad Rusmaully, précisant que son épouse, jadis fonctionnaire au ministère de la Santé, a mis un terme à sa carrière professionnelle afin de pouvoir s’occuper de Fawwaaz lorsque celui-ci a intégré le cycle primaire. Quoi qu’il en soit, les deux parents s’accordent à qualifier Fawwaaz de « fils exemplaire ». « Il est régulier dans ses prières et il est obéissant. Notre entourage le considère comme un cadeau de Dieu », disent-ils.

Pour la suite, Fawwaaz Rusmaully dit vouloir poursuivre ses études en Acturial Science, Econometric ou en Financial Studies. « J’ai d’ailleurs déjà soumis une demande à plusieurs universités, dont celle de Warwick en Angleterre. Je considère aussi l’option Singapour et la Malaisie », précise-t-il.

Sheik Muhammad Anas Mamode Cassim : « Le soutien des parents et la spiritualité vont de pair »

Sheik Muhammad Anas Mamode CassimSheik Muhammad Anas Mamode Cassim fait la fierté de ses proches mais aussi de Plaine-Verte, d’où il est originaire. Cet étudiant du collège Royal de Port-Louis est lauréat dans la filière scientifique, soit le premier boursier du State of Mauritius Scholarship.

Pour Anas Mamode Cassim, c’est la consécration de sept ans de travail acharné. « J’étais très content et du coup bien ému également. C’est le fruit de 7 années de travail, soit depuis la Form 1 et ce, sans relâche », lance-t-il. Cet habitant de la rue Bénarès à Plaine-Verte, Port-Louis, indique que les examens se sont déroulés dans un contexte quelque peu particulier. « Nous étions en pleine période électorale et du coup, en ce qui me concerne je trouvais l’atmosphère détendue, surtout avec toutes ces promesses électorales qui se faisaient de part et d’autre. Cela m’a beaucoup amusé », lance Anas dans un éclat de rire, estimant que certaines promesses n’étaient tout bonnement pas faisables et rentables.

Visiblement très décontracté, Anas Mamode Cassim explique qu’il était au lit au moment de la proclamation des résultats. « Je pensais que les résultats allaient tomber vers 13h. Je me suis donc permis de faire un petit sommeil. Ce n’est que lorsque j’ai commencé à recevoir des messages sur mon téléphone que j’ai appris la nouvelle », avance ce passionné de lecture.

Sur une note un peu plus sérieuse, Anas Mamode Cassim avance que pour espérer devenir lauréat, le soutien des parents et la volonté divine « vont de pair  ». « Le soutien des parents et très important. Car ce sont eux qui vous motivent et qui vous donne l’énergie nécessaire pour vous aider à vous surpasser et d’aller encore plus loin. Tout comme la spiritualité. Si vous vous êtes fixé comme objectif de devenir lauréat, soyez certain que vous n’y arriverez pas sans la volonté divine », déclare cet ex-élève de l’école primaire Raoul Rivet.

Sheik Irshad Ahmed Mamode Cassim, le père, avance que son fils s’est beaucoup sacrifié. « Anas est quelqu’un de très méticuleux et discipliné de sorte que nous n’avons pas à être son sur dos pour qu’il étudie. Il est tellement absorbé dans ses études que parfois il faut lui demander de décrocher pendant quelques instants. Il a consenti à d’énormes sacrifices et aujourd’hui, par la grâce de Dieu, il est récompensé », avance cet ancien Principal Technical Officer du Central Electricity Board. Ce dernier dit qu’il s’attendait à ce qu’Anas obtienne de bons résultats. « En Form V, sur les 8 matières prises, il a obtenu une unité dans 7 matières et 2 unités en français. Il s’est classé 1er au monde en mathématiques et en physique », dit-il. Selon sa mère, Yasmine Mamode Cassim, Manager en Ressources humaines au ministère du Travail, Anas est un garçon très obéissant et a beaucoup d’affection pour ses parents et grands-parents. « D’ailleurs, une de ses enseignantes a déclaré qu’Anas est un ‘Role model’ pour l’établissement. Il n’avait pas l’esprit de compétition et il était toujours prêt à aider ses amis », soutient-elle.

Anas Mamode Cassim est le benjamin d’une fratrie de 3 enfants. Sa sœur aînée vient de décrocher un doctorat en biologie végétale à Bordeaux, en France. Alors que le cadet de la famille est titulaire d’une maîtrise en ‘networking’ et est employé comme Cadet Technician au Central Electricity Board. Adepte de la physique, Anas Mamode Cassim avance qu’il souhaite poursuivre ses études dans cette filière.

Irfan Arif Mallam-Hassam : « J’aime mon pays et à Maurice, il y a des opportunités »

Irfan Arif Mallam-HassamIrfan Arif Mallam-Hassam est lauréat du collège Royal de Curepipe dans la filière Économie. Il souhaite servir son pays en tant que politicien et pense qu’il est grand temps d’éradiquer la corruption et d’apporter des changements au niveau de l’éducation pour former les citoyens de demain.

Selon lui, le secret de la réussite aux examens réside dans la discipline, la rigueur et la régularité dans le travail. « Surtout pour comprendre les détails qui sont super importants  », dit-il. Irfan indique que quand un élève fait son entrée au collège Royal de Curepipe à l’âge de 11 où 12 ans, c’est déjà une grande réalisation. Surtout que l’enfant est témoin chaque année que le collège Royal de Curepipe produit 8 et parfois 9 lauréats. « L’enfant est motivé et il a envie lui aussi d’être lauréat un jour. C’est à ce moment que vous vous donnez à fond pour être lauréat », ajoute-t-il. Le jeune homme explique qu’il n’est pas plus intelligent que les autres lauréats mais que l’effort soutenu fait la différence. Il est d’avis qu’il faut témoigner beaucoup de gratitude envers le Créateur qui est à la base de tout. Il se dit reconnaissant aussi du soutien de ses parents, ses enseignants, ses amis et tous ceux qui sont derrière son succès.

Après ses études à l’étranger, Irfan compte retourner au pays. « J’aime mon pays, mes parents et à l’île Maurice, il y a des opportunités », lâche-t-il. Abordant les problèmes de société, il est d’avis que chaque société fait face à ses problèmes. Il regrette qu’à Maurice, on a trop tendance à copier sur les pays européens ultralibéraux. « Les maux qui gangrènent notre société sont multiples. Le manque d’accompagnement scolaire, la démission des parents devant leurs responsabilités et l’insuffisante sévérité de la justice pénale sont à déplorer  », dit-il.

Irfan conseille aux jeunes de croire en eux-mêmes et de ne jamais prendre en considération les racontars. Il leur conseille de ne jamais placer la barre trop haut au risque de se mordre les doigts. « Les jeunes doivent avoir la philosophie d’un joueur de tennis qui prend point par point lors d’un match », dit ce jeune passionné de tennis.

Le matin de l’annonce des résultats, il était très stressé. Mais après avoir entendu son nom à la radio, il a senti comme s’il a été allégé d’un poids. Désormais, il compte entreprendre des études de droit à l’étranger et décrocher un degré polyvalent pour se lancer dans la finance, la comptabilité et l’offshore. Il remercie le Créateur, son père Irshad, expert-comptable, sa maman, Shamima, CEO d’une grande compagnie, sa sœur Sooraiya, étudiante, ses grands-parents ainsi que la famille Mallam-Hassam.

Umaira Elyhee : « C’était affolant avec l’art comme matière principale »

Umaira ElyheeElle ne s’attendait pas à être lauréate et rigolait toujours lorsque ses enseignants lui disaient qu’elle avait le potentiel pour en être une. Umaira Elyhee, du Queen Elizabeth Collège, a décroché une bourse dans la filière technique. Très émue, cette capitaine de l’équipe des majorettes du collège, confie qu’elle n’est pas de cette catégorie d’étudiants qui se concentrent uniquement sur leurs études. « Des enseignants ont cru dans mon potentiel. Mais moi je rigolais quand j’entendais cela. Même quand j’ai entendu mon nom à la radio, je n’y croyais pas. Je faisais mes efforts et j’ai tout laissé au Créateur. Je pensais si je faisais mes efforts, le Créateur m’aiderait », dit-elle.

Elle dédie son succès à ses parents, ses enseignants et ses amis. « Sans le soutien de mes proches, cela n’aurait pas été si facile. Mes parents étaient ma force ainsi que mes enseignants au collège et ceux des leçons particulières  », ajoute la jeune lauréate qui habite Curepipe. Selon elle, la préparation pour les examens n’a pas été de tout repos. « C’était affolant avec l’art comme matière principale. Beaucoup croient que la filière technique est facile mais ce n’est pas le cas. Au contraire, il faut avoir un très bon équilibre entre l’art, la physique et les mathématiques. J’étais stressée vers la fin par rapport à la physique », ajoute-t-elle. En outre, pendant ses examens, elle avait supprimé quelques applications sur les réseaux sociaux.

Son père, Dawood, est dentiste et sa mère, Sabina, est femme au foyer. Umaira avait une passion extraordinaire pour l’art depuis son enfance et ses parents l’ont toujours encouragée à dessiner. « J’aime faire plusieurs types de dessin. J’ai participé à plusieurs activités. Depuis 2013, je suis majorette et je n’ai jamais raté l’occasion de participer à des défilés. Cela m’a permis d’avoir plus de confiance en moi-même et d’avoir un équilibre dans la vie  », souligne-t-elle. Son père, Dawood, était au septième ciel. Il nourrissait l’espoir de voir sa fille briller et être la première lauréate de la famille. Il n’a pas été déçu. Pour elle, sa fille se donne à fond dans tout ce qu’elle fait. « Il n’y avait pas de pression sur elle. Elle avait un très bon niveau académique et participait aussi aux activités extracurriculaires. Elle sait comment garder un bon équilibre », fait-il ressortir avec un brin de fierté.

Pour le moment, Umaira n’a pas encore fait son choix pour ses études tertiaires. Elle attendait ses résultats pour prendre une décision. Elle ne cache pas qu’elle a un penchant pour la filière artistique.

Muhammad Aabid Shameem Shamtaully : « J’ai dû redoubler d’efforts »

 Muhammad Aabid Shameem ShamtaullyBel exemple de persévérance que celui démontré par Aabid Shamtaully. Malgré des soucis de santé qui l’ont contraint à garder le lit durant trois mois, il est toutefois parvenu à se hisser parmi les lauréats du collège Royal de Port-Louis, côté Économie.

Pourtant, Aabid Shamtaully a connu une année compliquée. En effet, souffrant de problèmes de santé, cet habitant de Plaine-des-Papayes a dû subir deux interventions chirurgicales en 2019. Ce qui fait qu’il a été cloué au lit pendant trois mois et a manqué par la même occasion plusieurs classes. « Malgré ces contretemps, j’ai redoublé d’efforts. Je m’attendais à obtenir de bons résultats mais je n’étais pas sûr de devenir lauréat. J’étais donc soulagé en sachant que j’ai décroché une bourse d’Etat », dit-il. Le jeune homme souhaite poursuivre ses études dans le domaine de la comptabilité.

Notre interlocuteur se dit d’autant plus ravi, car certains de ces amis proches sont eux aussi lauréats. « Fawwaaz (Ndlr : Rusmaully) et moi, nous nous côtoyons depuis 7 ans, soit depuis le premier jour du collège lorsque nous avons intégré la Form 1. D’ailleurs, nous étions assis l’un à côté de l’autre le premier jour. On s’entraide, on partage nos leçons ainsi que nos devoirs  », dit-il. C’est avec joie qu’il a appris que Fawwaaz est également lauréat dans la filière Économie.

Laila Rojid, la mère d’Aabid Shamtaully, se dit très contente et très fière du parcours de son fils. « Malgré les difficultés qu’il a connues l’année dernière, il n’a pas baissé les bras. C’était d’ailleurs son rêve de devenir lauréat », déclare cette femme au foyer. Elle décrit son fils comme quelqu’un d’assez solitaire. « Il a des amis, certes, mais il a aussi son propre monde à lui. Il a tendance à vouloir se débrouiller tout seul en ce qui concerne ses études, que ce soit pour l’école ou pour les leçons particulières. Li pa pou fatig ou et li honnête dan so travay », confie-t-elle. À cause des soucis de santé de son fils, Laila Rojid indique qu’elle a été aux petits soins auprès d’Aabid, surtout durant la période d’examens. « C’était une étape stressante et j’ai fait du mieux que j’ai pu pour l’aider, que ce soit au niveau des repas ou pour le réveil le matin. Il est toutefois parvenu à surmonter les nombreux obstacles qui s’étaient présentés devant lui  », se réjouit-elle.

Mère et fils seraient d’ailleurs très complices dans la vie de tous les jours. « Nou mem mama, nou mem papa, nou mem zenfan. Nou viv couma camarad, nou partage nou ban problem. Li pa pou rester sans moi, ni moi sans li. Li pa pou casiet moi narien. Depi tipti nou finn viv kumsa », explique Laila Rojid appréhendant par la même occasion de devoir vivre sans son fils si jamais celui-ci décide de poursuivre ses études à l’étranger. « J’ai peur qu’il parte. Je ne suis d’ailleurs pas très en faveur car je crains de devoir vivre sans lui. Je pense qu’il peut faire ses études à Maurice et travailler au pays. Cela dit, il n’a pas encore décidé précisément de ce qu’il compte faire », souligne-t-elle.

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