jeudi , 4 juin 2020
Ramadan

Études et religion : le ramadan des étudiants mauriciens à l’étranger

De nombreux étudiants mauriciens poursuivent leurs études supérieures à l’étranger. Ceux de foi islamique observent actuellement le jeûne du ramadan. Quel que soit le pays où ils étudient, ces jeunes ne manquent pas l’occasion d’accomplir ce pilier de l’islam. Ils nous partagent leur vécu de ce mois béni.

Asliyah Meeajan, étudiante en France : «Les délicieux repas de ma mère me manquent»

Asliyah MeeajanAsliyah Meeajan est actuellement en France pour des études en économie. Elle jeûne pendant 17 heures par jour. Si ses parents et ses proches lui manquent énormément durant ce mois béni, elle dit néanmoins vivre ce ramadan avec beaucoup d’émotion et de ferveur. « Je peux compter sur le soutien de mes amies. Ici, le jeûne dure plus de 17 heures. Pendant ce mois, ma famille et surtout les délicieux repas concoctés par ma mère me manquent », nous dit la jeune fille. Elle avance qu’en France, on ne rompt pas le jeûne comme à Maurice. « Il n’y a pas les fritures et autres gâteaux pour l’iftaar. Pour rompre le jeûne, je mange quelques amuse-bouches chinoises », ajoute-t-elle. Par ailleurs, Asliyah avance que dans la région où elle habite en France, il n’y a pas l’appel à la prière (adhan). Elle doit alors être très attentive à l’heure de la salaat-ul-magrib. « Ce n’est pas si difficile. Durant ce mois béni, le Créateur est avec nous. C’est dur mais pas impossible », dit-elle.

Ridwaan Ruhomaun, étudiant à Ontario : «Le taraweeh débute à 22h et se termine à minuit»

310518_rizwaanMohammad Ridwaan Ruhomaun poursuit ses études en décoration intérieure au Canada dans la province d’Ontario. C’est la première fois que le jeune homme observe le ramadan dans ce pays. Il explique que le sehri est aux alentours de 4h10 et l’iftaar à 20h44. Ce qui fait qu’il jeûne pendant environ 16 heures tous les jours. Il précise qu’au début c’était difficile pour lui car à Maurice, il n’avait pas l’habitude de jeûner pendant de si longues heures. « Le ramadan au Canada est complètement différent de celui de Maurice. La différence est vraiment de taille. Par exemple, le taraweeh débute à 22h et se termine à minuit. Physiquement, on se sent épuisé », nous confie Ridwaan. Selon le jeune homme, le ramadan à Maurice est vraiment unique. « C’est un moment unique lorsqu’on entend la sirène retentir pour l’iftaar à Maurice. Sans oublier les fritures », dit-il avec un brin de nostalgie.

Faiz Moosafur, étudiant au Canada : «La possibilité de rencontrer des musulmans de divers pays»

310518_faizÉtudiant en informatique au Canada, Faiz Moosafur nous confie qu’il s’est vite adapté au ramadan dans ce pays. Il jeûne pendant environ 16 heures par jour et quoiqu’il fait chaud et humide, il soutient que cela ne l’affecte pas beaucoup. Au début, il dit avoir éprouvé des difficultés à s’adapter à son nouveau mode de vie mais une fois qu’il en a pris l’habitude, il dit se sentir très à l’aise dans son nouvel environnement. « Il n’y a pas un grand écart entre la salaat-ul-maghrib et la salaat-ul-esha. Donc, j’ai dû mettre en place un bon emploi du temps. Pour être honnête, je suis très friand de fritures à la mauricienne. Je profite de mes week-ends pour en préparer pour tous les jours de la semaine », dit-il. Par ailleurs, le jeune homme se dit très surpris de voir à quel point le ramadan est bien accueilli dans la société canadienne, en particulier avec l’annonce officielle du Premier ministre, Justin Trudeau. « De plus, Toronto est une province multiculturelle et pendant le ramadan, on a la possibilité de rencontrer des musulmans de divers pays qui se réunissent pour accomplir la prière ensemble. Mon seul regret c’est que je suis loin de mes parents durant ce mois béni. L’ambiance unique à la maison me manque », souligne-t-il.

Yasseer Dhoomun, étudiant à Toronto : «Des iftaars organisées dans la ville pour le grand public»

310518_yasseerYasseer Dhoomun étudie la conception mécanique à Toronto. Il observe actuellement son deuxième ramadan au Canada. « La durée du jeûne est plus longue, soit environ 17 heures. Cela a été un peu difficile au début, mais après quelques jours, je m’y suis habitué », nous raconte Yasser. Comme c’est le printemps à Toronto, le climat est très favorable car il ne fait ni trop froid ni trop chaud. « C’est le climat idéal pour observer le jeûne du ramadan. Toutefois, le taraweeh commence aux alentours de 23h et se termine après minuit. En tant que Mauricien, cela ne nous est pas très familier », avance le jeune homme. Concernant la pluralité culturelle à Toronto, Yasseer Dhoomun nous confie qu’il y a une grande communauté musulmane composée majoritairement de musulmans d’origines indienne et pakistanaise. Yasseer estime que cela ressemble à la riche diversité culturelle de l’île Maurice. « Il y a beaucoup de restaurants qui proposent des buffets spécial iftaar et beaucoup de non-musulmans y viennent profiter de l’occasion également. Aussi, des iftaars sont organisées dans la ville pour le grand public, y compris les non-musulmans », conclut-il.

L’entre-aide des étudiantes mauriciennes au Pakistan

De g.à.dr : Drs Nooreen Nunnoo, Summaya Sumun, Nuzha Mungroo, Zainab Kauroo, Zunayrah Kauroo, Shabneeze Bunkur et Nafeesa Moisadeea
De g.à.dr : Drs Nooreen Nunnoo, Summaya Sumun, Nuzha Mungroo, Zainab Kauroo, Zunayrah Kauroo, Shabneeze Bunkur et Nafeesa Moisadeea

Loin de leurs proches, les étudiantes mauriciennes au Pakistan s’entraident pour accomplir le ramadan dans une ambiance festive. Malgré la chaleur torride, ces filles au nombre de quatre, de la Fatima Jinnah Medical University, ne manquent pas d’observer le jeûne et entament leurs études de médecine. Le matin pour le sehri, elles préparent leurs repas composés de riz, de curry, de faratas, de céréales et de lait. Le soir, pour rompre le jeûne, elles préparent des friandises, sucrées et salées, et des fritures. Une étudiante nous confie qu’au Pakistan, l’ambiance du ramadan est incomparable. « Après l’iftaar, tout le monde sort pour faire du shopping en attendant l’heure de la salaat-ul-esha », dit-elle.

Nuzha Mungroo, Zainab Kauroo, Shabneeze Bunkur et Nafeesa Moisadeea ont déjà terminé leurs études de médecine à la Fatima Jinnah Medical University. Trois autres Mauriciennes poursuivent actuellement leurs études dans la même filière. Plus d’une centaine d’étudiants mauriciens sont diplômés de cette université et travaillent déjà à Maurice.

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