lundi , 17 février 2020
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En cette période de fin d’année : les marchands ambulants prennent leur mal en patience

Les marchands ambulants de la capitale relocalisés sur trois sites nous confient leurs difficultés. Ils font un pressant appel à la mairie de Port-Louis pour les aider à remonter la pente.

«Nous prenons notre mal en patience ». Ces propos sont d’Hyder Raman, le président de la Street Vendors Association. Selon lui, les marchands ambulants ont travaillé dur pendant une trentaine d’années et méritent un meilleur avenir. Concernant le « Late night shopping », Hyder Raman se réjouit que la mairie ait accepté la demande des marchands pour l’extension de leur horaire de travail. Il déplore cependant certains manquements. L’éclairage à l’extérieur de la foire et la sécurité sont absents à la tombée du jour. Au Ruisseau du Pouce, les marchands ne peuvent continuer à travailler après 18h car à la nuit tombée, le site est envahi par des individus à l’allure louche. Les femmes qui travaillent sur ce lieu ne se sentent pas en sécurité. Hyder Raman déplore également un manque de patrouille policière dans ces trois lieux.

Hyder Raman se dit toutefois optimiste qu’avec le projet d’Urban Terminal les marchands pourront éventuellement voir la lumière au bout du tunnel. En attendant, poursuit-il, avec la relocalisation des marchands de la rue Decaen à l’Immigration, les ventes ont considérablement baissé.

« Nous sommes patients car notre objectif principal est l’Urban Terminal, »dit-il.

Feroz Wahedally : «Il n’y a pas de Late Night Shopping à la rue Engineer»

« Travail fine mort ici dans la rue Engineer». C’est en ces termes que Feroz Wahedally, marchand de vêtements pour enfants, nous fait part de sa détresse. Pour lui, la rue Engineer est un lieu isolé qui n’attire pas le moindre client. Avec l’absence d’arrêt d’autobus à proximité il n’y a pas de mouvement de piétons dans la rue et donc les clients se font rares. « A cette période de l’année, on ne voit aucun client. Jour après jour, la situation empire», dit-il. Son chiffre d’affaires, poursuit-il, a chuté de 75 %. D’autre part, il souligne que pas moins de 30% de marchands ont déjà rendu leur tablier car l’avenir, selon eux, est sombre. « Il n’y a pas de Late night shopping ici car, les lumières s’éteignent dès qu’il est 19h. Idem pour le jour de Noël. Les clients ne fréquentent pas cette foire pendant la journée. Pensait-on qu’ils allaient faire le déplacement le soir », se demande-t-il d’un ton désespéré. Feroz Wahedally nous indique qu’au début de 2020, les marchands vont solliciter une rencontre avec le Lord maire afin que des actions concrètes soient prises pour remédier à la situation des marchands ambulants.

Waheda Ramjane : «Difficile de croire qu’on est en décembre»

« Dans place Immigration travail pas marsé», nous lance Waheda Ramjane. Veuve et mère d’une fille, Waheda se sent frustrée car elle n’arrive pas à joindre les deux bouts. Elle indique que les gens du nord du pays ne sont pas habitués à faire des achats chez eux et pour cette raison leur chiffre d’affaires reste bas. « En plus, deux marchands de sacs qui travaillent à côté de moi. Je ne sais pas comment j’arriverai à écouler mes marchandises», se lamente-t-elle. Elle admet que le gouvernement fait beaucoup de développements pour les années à venir, mais en attendant ces deux ans, il lui est difficile de maintenir la tête hors de l’eau. « Difficile de croire qu’on est au mois de décembre,» dit-elle encore.

Jabeer Ajaree : «Les ventes ont chuté»

Selon Jabeer Ajaree, jeune marchand de sacs, « les ventes ont chuté » après la délocalisation des marchands ambulants de la rue Decaen à la place de l’Immigration.

« Auparavant, il y avait du travail pour la majorité des marchands et seulement une poignée de marchands se plaignaient. Maintenant, la situation inverse s’est produite », déplore-t-il. Seuls les importateurs de marchandises, selon lui, arrivent à écouler leurs marchandises. En outre, Jabeer a perdu tous ses clients de la gare du sud. Il estime que cela va prendre beaucoup de temps avant que les choses se stabilisent

Nazir Mohamedally : «Pas de grand mouvement dans les parages»

Même son de cloche au Jardin de La Compagnie: pas d’arrêt d’autobus dans les parages, les débordements par temps pluvieux et la boue. Plusieurs marchands se plaignent de leurs conditions de travail. Nazir Mohamedally, marchand ambulant depuis une trentaine d’années, n’arrive pas à supporter la forte chaleur et le soleil. « La mairie de Port-Louis nous a promis qu’elle étendrait la structure en tôle. Je demande au Lord maire de faire le nécessaire le plus vite possible pour que nous puissions travailler en toute sérénité, » lance-t-il. Il a provisoirement étendu une bâche au dessus de sa tête pour se protéger de l’ardeur de soleil. En temps pluvieux, ses articles sont trempés. En outre, les seuls clients de la foire sont les gens qui travaillent à proximité. « Les nouveaux clients se font très rares, » dit-il encore. Nazir s’arme de patience en attendant l’Urban Terminal.

Salim N : «Nous sommes reconnaissants envers le gouvernement»

Salim N, marchand de pantalons à la place de l’Immigration, quant à lui, se dit reconnaissant envers le gouvernement d’avoir accordé aux marchands ambulants une place où ils peuvent travailler sans avoir à fuir la police et sans crainte de voir celle-ci saisir leurs marchandises. « On doit réaliser que maintenant nous avons au moins un coin», fait-il ressortir. Selon lui, avec leur double pension de vieillesse, les personnes du 3e âge font mieux leurs emplettes. « Les clients viendront avec avec l’avènement du projet Urban Terminal dans deux ans. Il faut être patient. Des jours meilleurs nous attendent », dit-il.

Le lord Maire: “Tout se déroule selon les normes”

Sollicité pour une réaction, le lord maire, Mahfooz Cadersaib, maintient que tout se déroule selon les normes. “Du côté de la municipalité de Port-Louis on n’a reçu aucune plainte concernant la lumière,” nous affirme-t-il.

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