dimanche , 17 octobre 2021

Bois-Chéri en zone rouge : le manque de communication dénoncé

Depuis une semaine, le village de Bois-Chéri qui compte environ 5000 habitants, est en zone rouge après que plusieurs cas de Covid-19 y ont été recensés. Les habitants dénoncent le manque de communication et trouvent injuste que toute la région ait été décrétée zone rouge alors que seulement une petite partie de la région est infectée. Témoignages.

Nushrat Begum-Wozir : «La fête Eid-ul-Adha sera différente»

Nushrat Begum-Wozir, enseignante à l’école primaire de Bois-Chéri, trouve que l’instauration de la zone rouge entraîne beaucoup de problèmes. Elle se fait du souci pour ses élèves en Grade 5. « Je n’arrive pas à comprendre la logique derrière le confinement en zone rouge alors que seulement une partie de Bois-Chéri est concernée », dit-elle. Elle fait part de son cas personnel le jour où le village a été décrété zone rouge et déplore le mauvais timing du bouclage de la zone. « Mon époux et mes enfants étaient déjà en route pour le travail et l’école, et ils ont dû rebrousser chemin. J’ai eu juste le temps de me rendre à la superette pour acheter quelques provisions avant que la police ne barricade la zone », laisse-t-elle entendre.

Nushrat Begum-Wozir se dit très peinée pour les travailleurs indépendants, surtout les maçons, chauffeurs de taxi, planteurs de légumes entre autres. « Cette anné, la fête de l’Eid-ul-Adha sera bien différente pour ma famille. J’ai un frère qui réside à Rivière-du-Rempart qui devait me rendre visite mais il lui sera interdit d’entrer en zone rouge. C’est vraiment triste », se désole-t-elle.


Shabaz Sobratty : «Mo pe vive ene vrai cauchemar»

Shabaz Sobratty, qui est éleveur, laisse entendre que le confinement en zone rouge a de graves répercussions sur son business. « Mo pe vive ene vrai cauchemar », soupire-t-il. Il indique que le stock de nourriture pour ses cabris, moutons et taureaux est épuisé. « Kan mo pe alle coupe l’herbe pou donne zanimo manger, la police mette barrière et empêche moi sorti », tempête-t-il.

Autre gros problème qu’il doit gérer dans sa maison est la santé fragile de sa grand-mère et celle d’un membre de la famille qui est handicapé mental. Il trouve inacceptable que les autorités n’aient pas pris en ligne de compte les problèmes auxquels font face ceux qui travaillent pour leur propre compte. « Ou lève dormi ou trouve ou dan zone rouge. Ena voisins fini prépare manger pou so snack Curepipe. Marchand macatia fine prépare so provisions pou li sorti », raconte-t-il.

Shabaz Sobratty prévoit qu’il sera confronté à de gros problèmes en ce qui concerne le qurbani. « Ena dimoune en dehors fine prend part, ena deux dimoune fine désister et mo bizin trouve l’argent pou paye éleveurs-la jour pesage  », dit-il.


Sahzad Dilkholaush : «Trop de temps pour délivrer les WAP»

Sahzad Dilkholaush, mutawalli de la mosquée de Bois-Chéri, trouve que le confinement en zone rouge comporte son lot d’inconvénients pour la majorité des habitants de ce petit village du Sud. « Les habitants travaillent pour leur propre compte et n’ont pas les moyens de faire des économies pour acheter des provisions de première nécessité. À Bois-Chéri, les hommes travaillent dans les champs, d’autres sont chauffeurs d’autobus et receveurs », dit-il.

Autre problème auquel Sahzad Dilkholaush fait face est le WAP pour sortir de la zone rouge pour aller travailler. « Le WAP est un document important mais les autorités prennent trop de temps pour le délivrer. On ne se soucie pas de ces malheureux qui doivent faire vivre leurs familles », s’emporte-t-il. « Dan Bois-Chéri, pena grand sipermarsé, ena laboutik ek tabazi ki pena asé proviszion pou tou habitans », nous dit le mutawalli. Il lance un appel au gouvernement pour que le nécessaire soit fait rapidement pour que les travailleurs puissent avoir leur permis ce lundi pour leur faciliter la tâche.

Néanmoins, Sahzad Dilkholaush affirme qu’il collabore pleinement avec les autorités pour faire respecter les consignes sanitaires à la mosquée. « Nou pe collaboré dan discipline et tout mussalli pe capave accomplir namaz », déclare-t-il. En ce qui concerne le qurbani, il indique qu’il n’y aura aucun problème depuis que les autorités ont annoncé l’assouplissement des mesures pour ceux en zone rouge.

Un anniversaire à l’origine des contaminations

Un anniversaire serait à l’origine de plusieurs cas de contamination à la Covid-19 à Bois-Chéri. Le village est maintenu en zone rouge jusqu’au 4 août prochain.

Selon les dires des habitants, il y aurait eu entre 60 à 70 personnes invitées à cet anniversaire. Ce chiffre, ainsi que la date de l’anniversaire, restent toutefois à être confirmés par les autorités. À ce stade, celles-ci ne savent pas si c’est un membre de la famille qui serait à l’origine de cette contamination ou un invité à la fête. C’est à la lumière des informations que recueillera la police qu’une décision sera prise au sujet d’une éventuelle poursuite pour des infractions à la Quarantine Act.

Ce serait d’ailleurs ce même anniversaire qui serait à l’origine du « Cluster R.E.A.L Garments » avec quelque 96 employés testés positifs à vendredi. Les premiers cas dans cette usine ont été recensés le 13 juillet. Un exercice de dépistage massif entrepris le lendemain a permis de détecter d’autres cas. Décision a donc été prise par la direction de l’entreprise de fermer l’usine ainsi que le dortoir pour être désinfectés et fumigés.

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