vendredi , 23 août 2019
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Bhai Hamide

Bhai Hamide et ses fils : pour l’amour des glaces

Rares sont ceux qui n’ont jamais goûté aux délicieuses glaces de Bhai Hamide et de ses fils. Loin des préparations industrielles et privilégiant la recette traditionnelle, les fils de Bhai Hamide proposent aujourd’hui encore des glaces au même goût qui ont su charmer tant de Mauriciens dans le passé. Rencontre avec quatre des fils de Bhai Hamide. Ils nous font remonter dans le temps et nous racontent comment ils ont hérité  l’entreprise de leur regretté père.

Flashback. Le sorbet Bhai Hamide, c’est avant tout une histoire familiale, celle des Hyath. Leur histoire commence il y a plus de 70 ans. Dans les années 1940, portant une sorbetière sur sa tête, Bhai Hamide sillonnait les rues de Port-Louis et de Terre Rouge à pied pour vendre ses glaces. Comme les Mauriciens sont friands de sorbets, Bhai Hamide a poursuivi son commerce tout en continuant à expérimenter divers ingrédients. Puis, un jour, il a réussi à préparer un excellent sorbet fait maison. Bhai est décédé à l’âge de 91 ans. Dorénavant, ce sont six de ses fils qui perpétuent la tradition dans la capitale.

Faizal Hyath :  «Je veux que mes enfants fassent ce métier»

Faizal HyathFaizal Hyath, 51 ans, le fils cadet de Bhai Hamide, habite Terre Rouge. De nature timide, Faizal pensait qu’il ne pourrait jamais vendre des sorbets dans la rue comme ses aînés. Mais ayant confiance en son père, il quitta son poste chez Sunquick comme Production Supervisor et rejoignit le business familial. Depuis 10 ans maintenant, Faizal vend ses glaces au Champ de Mars. Récemment il a loué un emplacement à la rue Desforges pour travailler le soir. Il est père d’un fils de 10 ans et d’une fille de 4 ans. « Je veux que mes enfants fassent ce métier qui rapporte gros, mais il faut le faire à la manière de mon père »,  dit-il.

Vu qu’il reçoit beaucoup de commandes pour des mariages à travers l’île, il a fait d’énormes progrès durant ces 10 ans. Toutefois, Faizal ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et entame des démarches pour avoir un emplacement au Caudan. Faizal se souvient que son père l’avait accompagné à une fonction à Flic-en-Flac pour l’aider à servir le sorbet. « Malgré le fait qu’il avait arrêté de vendre des sorbets, à chaque fois que j’avais besoin de lui, il était présent », raconte-t-il, ému. Dernièrement, des gens lui ont proposé de commercialiser son sorbet, mais Faizal s’abstient de le faire pour ne pas avoir à utiliser de la gélatine.

Ismet Hyath : «Les clients me félicitent d’avoir perpétué la tradition»

Ismet HyathÀ la rue La Corderie, à l’heure du déjeuner, il y a toujours une longue file d’attente composée de fidèles clients. Ils attendent patiemment pour acheter le sorbet d’Ismet Hyath, l’autre fils de Bhai Hamide. Depuis plus d’une trentaine d’années, il vend des glaces dans cette rue. Les Mauriciens, qui viennent des quatre coins de l’île pour faire leurs emplettes dans la capitale, ne ratent pas l’occasion de goûter au sorbet d’Ismet. Ce dernier a abandonné son métier de menuisier pour vendre les sorbets. C’est une décision qu’il ne regrettera jamais. « Mon père m’a toujours demandé de me mettre à mon compte, pour que je puisse offrir une meilleure vie à ma famille », dit-il. Grâce à la vente des glaces, Ismet s’en est bien sorti dans la vie. Il veut à tout prix maintenir la bonne r réputation de son père. « Beaucoup de clients de mon père qui achètent le sorbet chez moi me félicitent d’avoir perpétué la tradition », nous raconte-t-il. Le souhait d’Ismet Hyath est d’exercer ce métier jusqu’à son dernier souffle.

Cassam Hyath : «J’ai connu des générations de clients»

Cassam HyathL’aîné des frères, Cassam Hyath, aujourd’hui âgé de 71 ans, nous raconte comment il sillonnait le Ward IV à Port-Louis quand il avait 14 ans. Encore étudiant, il accompagnait son père après les heures d’école pour vendre des sorbets. « Mon papa roulait en tricycle et vendait toutes ses glaces en quelques heures », raconte-t-il. Cassam Hyath ajoute qu’au fil des années, les clients de son père ont surnommé ce dernier Bhai Hamide et très peu de clients connaissent son nom réel. Cassim était si proche de son père, que même après son mariage, il donnait son salaire à son père pour le conserver. « J’ai un énorme respect pour cet homme qui a su me guider dans la bonne direction et qui nous a laissé comme héritage sa renommée ainsi que la recette de sa glace appréciée par de nombreux Mauriciens. J’ai connu des générations de clients », dit-il. Cassam a un seul regret, son fils ne veut pas prendre la relève. « Pendant quelques années, il a essayé, mais il a dû abandonner, car le prix des ingrédients ne cessait d’augmenter, » indique-t-il. Dans les mois à venir, Cassam partira à la retraite, car à son âge, il est difficile pour lui de rouler à motocyclette avec la glacière au dos. S’il sort de temps en temps pour vendre des glaces, c’est uniquement pour l’amour du sorbet.

Shariff Sheikh Hyath : «Pour moi ce n’est pas l’argent qui compte»

Shariff Sheikh HyathShariff Sheikh Hyath, 59 ans, travaillait comme chauffeur dans une société avant de se mettre à son propre compte. Ses sorbets, il les vend à la foire de Cité Martial et près du collège Islamic. Comme il l’a fait pour ses autres fils, Bhai l’a également encouragé à se lancer dans la vente des glaces. « Il m’a dit que grâce à ce travail, j’aurai du temps pour moi. De plus, je conserverai cette entreprise de famille quand il ne sera plus de ce monde. Je l’ai écouté et j’ai commencé à vendre de la crème glacée. Ce a été un succès immédiat lorsque les gens ont appris que je suis le fils de Bhai Hamide », dit-il. Shariff reçoit beaucoup de commandes de toute l’île pour préparer des glaces dans les mariages. Ses fils et ses belles-filles lui donnent un grand coup de main pour servir de la crème glacée aux invités. Quant à la relève, ses enfants ne veulent pas continuer ce business familial. Pour réussir dans ce travail, Shariff estime qu’il faut savoir converser avec les clients. « Je sers un client comme s’il est un roi », dit-il fièrement. S’il attire autant de clients, c’est parce que Shariff a un atout : le service. Même avec Rs 5, un client peut avoir un cornet de sorbet chez Shariff. « Pour moi, ce n’est pas l’argent qui compte le plus. C’est plutôt la satisfaction des clients », précise le cinquantenaire. Un conseil que son père lui a toujours donné : « Apporte toujours un sourire sur le visage de tes clients. Ils seront fidèles à ton produit durant toute leur vie ». Contrairement à d’autres vendeurs de crème glacée, Shariff a appris de son père à préparer des compotes d’avocats, d’ananas, de kiwis et d’autres fruits naturels pour ajouter  du goût de son sorbet.

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