dimanche , 4 décembre 2022

Amputé des deux jambes après une infection : Muhammad Gowsool cherche deux prothèses pour pouvoir se rendre à la mosquée

  • « Mo aksepte Allah so desizion »

Sa situation n’ébranle pas pour autant sa foi dans son Créateur. Même amputé des deux jambes, le sexagénaire multiplie les démarches afin d’obtenir deux prothèses de jambe pour qu’il puisse de nouveau se rendre à la mosquée et accomplir ses prières quotidiennes.

Nul ne peut ressentir la souffrance et connaître l’état d’esprit d’une personne amputée des deux jambes et clouée au lit nuit et jour. L’histoire de Muhammad Gowsool Allamanmaly, âgé de 66 ans et habitant Sébastopol, est émouvante, voire écœurante, et nous fait comprendre que la vie réserve parfois des surprises qui ne sont pas forcément agréables. Marié à Rosheeda, Muhammad Gowsool est père de trois enfants. Malgré son incapacité physique, il ne se laisse pas abattre et ne s’apitoie non plus sur son sort. Au contraire, il dit accepter la volonté du Créateur. « Allah so desizion sa, mo bizin aksepte li akoz tou dan So lamé  », nous dit-il avec beaucoup de courage et de conviction.

Cependant, il admet qu’il ne s’attendait jamais à se retrouver un jour cloué au lit. Car, depuis son jeune âge, Muhammad Gowsool était un bosseur et a travaillé très dur comme planteur. Il passait le plus clair de son temps dans son champ où il cultivait principalement des pommes d’amour. « Mo ti travay bien dir ek zamé mo pa ti atan ki mo pou retrouv mwa dan ene pozition parey. Mé seki fin ekrir, pa kav barer », laisse-t-il entendre. Il raconte qu’une année de cela, il a commencé à ressentir des douleurs intenses au niveau des deux jambes suite à une infection. Il s’est alors rendu à l’hôpital SSR à Pamplemousses pour des traitements qui n’ont toutefois pas stoppé l’infection.

Gangrène

Dès lors, Muhammad Gowsool multiplie les allers et retours à l’hôpital où il est même admis à plusieurs reprises pour être traité par des spécialistes. Son épouse Rosheeda souffre, pour sa part, de maladies cardiovasculaires et est contrainte de faire le trajet en autobus de Sébastopol à Pamplemousses pour rendre visite à son époux hospitalisé. « Mo si mo malad, mo ene patient cardiak ek mo bizin suiv tretma lopital », nous dit Rosheeda lors de notre visite chez la petite famille cette semaine. Il y a trois mois, après plusieurs traitements, les médecins ont pris la décision de lui amputer ses deux jambes qui commençaient à devenir noires. « Dokter ti dir mwa ki la kangrain (NDLR : gangrène) pou monté ek mo pou mor si pa koup mo dé lipié », raconte-t-il.

Estomaqué par cette terrible nouvelle, Muhammad Gowsool, les larmes aux yeux, donne son accord aux médecins pour aller de l’avant avec l’intervention. « Sa ler la, mo fin plorer ek mo fine deman Allah duah pou sov mo lavi », ajoute-t-il. Après l’amputation, il soutient qu’il ressentait une vive douleur qui était des fois insoutenable et que seules les injections pouvaient atténuer. De retour à la maison après plusieurs jours à l’hôpital, le sexagénaire n’a d’autre choix que de garder le lit, le dos en appui sur un oreiller. « Mo ledo fer mal ek mo gagne boukou doulerr », nous dit-il. Pour sa toilette, il est aidé par son épouse et sa fille qui le place avec difficulté sur un fauteuil roulant pour l’emmener à la salle de bains. « Parfwa moral a zero ek mo gagn envi plorer kan mo geter kuma mo fin vini. Mé bizin pense Allah », relativise-t-il.

Reprendre goût à la vie

En effet, malgré son état, Muhammad Gowsool est un battant et il garde la foi dans le Créateur. Désormais, il n’a qu’un souhait : pouvoir de nouveau se rendre à la mosquée. « Mo triste ki aktuelmen mo pa pe kapav ale masjid. Zamé mo pa ti pe mank mo namaz ek mo ti pe lir Quran tou le zour », fait-il ressortir. Ainsi, il souhaite se procurer de deux prothèses de jambe qui lui permettra de pouvoir se déplacer sans aucune aide et subséquemment diminuer la charge sur son épouse et sa fille au quotidien. « Mo ti pou konten ki ban frer et ser ed mwa pou mo kapav asté sa dé protez la seki en nylon. Seki dan lopital la, li boukou tro lour pou mwa », espère-t-il. En outre, Muhammad Gowsool compte sur la générosité des Mauriciens pour avoir un fauteuil motorisé pour faciliter ses déplacements. « Mo ti pou kapav ale masjid ek pa bizin res lor lili toute la zourné.  »

Muhammad Gowsool laisse échapper une larme quand il nous raconte les difficultés auxquelles il est confronté au quotidien. Avec sa pension de vieillesse, il fait vivre sa famille et achète ses médicaments. « Mo meksin bien ser ek bizin asté pou mo madam si », fait-il comprendre. Il lance un appel aux frères et soeurs pour une contribution financière en termes de Zakât, Lillah et autres donations pour l’achat des deux prothèses qui coûteront plus de Rs 75 000. « Ed mwa retrouv lazwa de viv ek en retour Allah pou ed zot ek zot zenfan. Allah ki fine oulé ki mo retourn kot Li san mo lipié ek mo aksepte So volonté », conclut-il.

Il est possible de verser vos contributions sur le numéro de compte suivant à la MCB: J000312969864. Vous pouvez aussi appeler Muhammad Gowsool sur le 5925 2531 si vous souhaitez lui rendre visite.

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