vendredi , 30 septembre 2022
Usaamah Allum Saib lors de sa comparution. Munirah devant la Bail & Remand Court, dimanche 10 juillet.

Afzal Subdar poignardé et enterré dans une fosse à Pailles – Gorah Subdar : «Mo garson pa merit sa kalité lamor la»

Afzal Subdar, 31 ans, a été victime d’un meurtre planifié par son cousin qui s’avère être l’amant de son épouse. Son corps a été enterré dans une fosse qu’il a lui-même aidé à creuser. Ce sinistre acte a eu lieu le 2 juillet sur les flancs d’une colline à Pailles.

«Nou fini avek li. » C’était la résolution d’Usaamah Allum Saib pour résoudre le conflit conjugal entre son cousin Afzal Subdar et l’épouse de ce dernier Munirah Bibi Areefa Mukada, 22 ans, qui est sa maîtresse. Pour concrétiser cette sordide idée, Usaamah Allum Saib monte une histoire de toutes pièces. Il laisse croire à son cousin qu’il y a un petit trésor de Rs 200 000 caché au pied de la colline de Pailles. « Mon dire li ena ene travaille pou fer, ena Rs 200 000 embas la terre dans Pailles et bizin fouyer pou trouve l’argent la », a-t-il révélé aux limiers de la MCIT après que son nom a été balancé par Munirah Bibi Areefa Mukada qui était soupçonnée par les enquêteurs. « Mo fine donne coup de main fouiller et après mo fine pique li et kan li fine tomber mo fine enterre li dans fossé la », a-t-il raconté lors de son interrogatoire.

À la rue Maurice-Poupard, Plaine-Verte, à quelques encablures de la mosquée Shaan E Rasool au domicile de Gorah Subdar, père de Muhammad Afzal Subdar, une vive émotion s’est emparée de la maison. Le temps est suspendu. Un silence religieux nous empêche de commencer la conversation. Le visage marqué par la tristesse et les nuits blanches, Gorah, le père, et Bibi Farida, la mère, sont inconsolables. « Nous tous seul conner ki souffrance nous pe passer depuis disparition mo garçon », nous dit Gorah Subdar qui ajoute que son fils ne mérite pas une mort pareille. « Mo garson pa merit sa kalité lamor la, la zistis bizin pendi zot pou sa crime la », lance-t-il.

Les tribulations de cette famille remontent au samedi 2 juillet, le jour où Afzal ne donnait pas signe de vie. « Couma ene papa mo ti ressenti ki mo garçon en difficulté », dit Gorah Subdar. La famille pensait qu’il va pointer le bout de son nez. Mais en vain. Ainsi, le 3 juillet, Farida n’a pas eu d’autres choix que de se rendre à la police pour signaler sa disparition. Pendant ce temps, les proches ont débuté des recherches auprès des voisins, des amis et ils ont passé au peigne fin la région. Les enquêteurs de la MCIT ont pour leur part interrogé le voisinage sans succès.

Un développement de taille est survenu le samedi 9 juillet. Sur la base de certaines informations, des limiers de la MCIT avaient pris la décision de jeter leur dévolu sur l’épouse d’Afzal. Lors de son interrogatoire serré, elle crachait le gros morceau. Elle révèle que son mari a été assassiné par Usaamah Allum Saib, un habitant de Saint-Pierre âgé de 33 ans, avant d’être enterré au pied d’une colline à Pailles. Elle révèle aussi que le meurtrier n’est autre que le cousin de son mari et son amant. Lors de son interrogatoire, elle raconte que depuis quelques temps son ménage battait de l’aile parce qu’elle était victime de violence domestique. Et au mois de septembre de l’année dernière, ils ont fini par se séparer. Et que durant cette période de tourmente, elle avait entretenu une liaison avec Usaamah Allum Saib.

En apprenant les aveux de Munirah Bibi Areefa Mukada, les Subdar n’en reviennent pas. Le dimanche 3 juillet, toute la famille était invitée à un programme spirituel en hommage à un neveu décédé il y a 40 jours. « Madame la fine vine khatam et li fine mange briani alors ki li ti koner ki fine arrive Afzal depuis la veille  », s’indigne le père de la victime. Munirah Bibi Areefa Mukada répond d’une charge provisoire de complot pour commettre un crime, alors que son amant a été inculpé provisoirement de meurtre.

Afzal Subdar, un garçon au grand cœur

Afzal et son épouse au temps des jours heureux.

Gorah Subdar raconte que son fils était un garçon tranquille, obéissant et quelqu’un de grand coeur. « Li pas pou hésité pou aide n’importe ki dimoune dans difficultés et li pas guette communauté », se souvient-il.

Cependant, il déclare que la vie familiale est en dents de scie depuis «ki sa madame la fréquente mo garçon, mo lakaz fine vire en bas la haut. » Son épouse Farida abonde dans le même sens : « Mo garçon fine tout le temp malheureux dans so la vie conjugale et so madame ti pe mange so la vie ». Elle raconte que malgré des déboires conjugaux comme dans tous les couples, son fils était un bon garçon, respectueux et serviable. Il était très attaché à la famille. Il aimait rester sur le lit avec ses trois enfants et leur racontait des histoires. « So trois zenfants pou manque li et zotte pou grandi sans zotte papa », dit-elle.

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