Depuis Mill Valley, en Californie aux États-Unis, Muhammad Hashmi Hussein Boodhoo vit son mois de jeûne au rythme des horaires américains tout en s’adaptant à une culture différente de celle qu’il a connue.
Etabli en Californie depuis quelques années, notre compatriote raconte que le mois de Ramadan aux États-Unis est une expérience un peu différente de celle qu’il a connue à Maurice, surtout qu’il est loin de sa famille. « Mais cela reste un moment très important pour moi », confie Hashmi Boodhoo, connu comme « Hashmi Cuisine » sur les réseaux sociaux.
Depuis Mill Valley, il vit ainsi le mois béni au rythme des horaires américains. Celui qui a transformé sa passion pour la cuisine en métier – il est chef dans la restauration – doit composer avec un rythme de travail particulièrement soutenu, sans pour autant délaisser ses obligations religieuses. « Je travaille souvent entre 14 et 15 heures par jour mais j’essaie de garder la discipline du jeûne, la prière et la réflexion. Ramadan me rappelle l’importance de la patience, de la gratitude et du partage », nous dit-il humblement.
Sehri et iftar au rythme du travail
Pour ce jeune homme suivi par des milliers d’internautes sur les plateformes numériques, la journée de jeûne commence vers quatre heures du matin avec le sehri. Ses longues journées exigent des repas nourrissants mais légers. « La plupart du temps, je prends de la talbina, qui est très bénéfique pour le corps. Parfois, je prépare aussi un smoothie dans lequel j’ajoute de l’oatmeal. Et bien sûr, je bois beaucoup d’eau pour bien m’hydrater avant de commencer la journée », explique-t-il.
En Californie, l’iftar a généralement lieu entre dix-huit heures et dix-huit heures trente. À cette heure-là, Hashmi est souvent encore au travail. Il rompt donc son jeûne simplement avec une datte et de l’eau. Ce n’est qu’à l’heure de la pause qu’il prend un repas plus consistant, composé le plus souvent d’un sandwich, d’une salade ou parfois de tacos. « Jeûner n’est pas un handicap et surtout on a été encouragé à jeûner depuis l’enfance, alors on y est habitué. Les jours où je ne travaille pas, j’en profite pour cuisiner et préparer des plats que je partage aussi sur ma plateforme Hashmi Cuisine », souligne-t-il.
Ramadan loin des siens
À 27 ans, loin de son pays natal, de sa famille et de ses amis, le chef mauricien ne compte pas de musulmans dans son entourage immédiat. Pourtant, cela ne l’empêche pas de vivre des moments de partage avec ses proches sur place. Curieux de découvrir les pratiques de l’Islam, ses amis – issus de cultures et de religions différentes – lui posent souvent des questions sur le mois de Ramadan. « C’est toujours une belle occasion de partager et d’expliquer notre culture et nos traditions, et surtout de leur parler de cette période spirituelle qui nous tient à cœur. »
Hashmi se souvient également des prières de Taraweeh qu’il accomplissait autrefois dans la mosquée de son quartier à Maurice. Aujourd’hui, en raison de son emploi du temps chargé, il ne lui est pas toujours possible de s’y rendre à temps. « J’essaie d’y assister quand je peux. En revanche, je ne manque pas la salât-ul-du Fajr à la mosquée chaque matin », ajoute-t-il.
Le jour de l’Eid sera, lui aussi, particulier. Comme le veut la tradition, il débutera par la prière de l’Eid à la mosquée. Fidèle à ses racines mauriciennes, Hashmi ne manquera pas non plus de préparer un plat incontournable des jours de fête : le briyani. « Je partage ce repas avec mes amis d’ici et même si je suis loin de ma famille, j’essaie de recréer cet esprit de partage et de convivialité qui rend l’Eid-ul-Fitr si particulier pour nous Mauriciens », confie-t-il.
Dans un contexte où son pays d’adoption traverse actuellement des tensions géopolitiques liées à la guerre avec l’État iranien, son quotidien en est-il affecté ? « Pendant ces moments de difficultés, je reste concentré sur ma foi et mon travail. Mais dans mon quotidien ici en Californie, cela n’affecte pas directement ma vie mais comme beaucoup de gens d’ici et d’ailleurs, nous souhaitons la paix. Dans ces moments de doutes, j’essaie surtout de rester positif et de me concentrer sur les choses qui rassemblent les gens, comme la cuisine et la culture », conclut Hashmi Boodhoo.
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