À 20 ans, Widaad Oozeeraully vient de voir sa passion pour les langues récompensée au niveau national.
En effet, Widaad Oozeeraully a reçu un Outstanding Cambridge Learner Award for High Achievement in French Language and Literature, distinction qui salue une performance exceptionnelle dans cette matière. « Au-delà des certificats et des récompenses matérielles, je considère cette consécration comme un témoignage silencieux d’une chose beaucoup plus personnelle : la manière dont ma passion et mon amour des langues m’ont conduite jusqu’ici », confie celle qui faisait partie de la toute première cohorte d’élèves issue de la mixité au Royal College de Curepipe.
L’amour des livres
Depuis l’enfance, Widaad entretient une relation particulière avec la lecture. Elle se décrit volontiers comme un « rat de bibliothèque ». Cet amour lui vient notamment de sa mère, qui lui lisait des histoires lorsqu’elle était petite.
« Je me souviens qu’à l’école, lorsque les autres enfants sortaient jouer pendant la récréation, il m’arrivait de rester en classe pour continuer à lire. J’étais déjà fascinée par ces mondes qui existaient entre deux couvertures », raconte cette habitante de Quatre-Bornes
Sa mère étant marocaine, le français a naturellement occupé une place importante dans son enfance. De retour à Maurice, elle a continué à cultiver cette langue, allant jusqu’à acheter des manuels scolaires français pour approfondir ses connaissances.
Son véritable coup de foudre pour la littérature française survient toutefois à neuf ans, lorsqu’elle découvre Le Petit Prince, d’Antoine de Saint-Exupéry. « Je le relis chaque année. Et pourtant, il ne cesse jamais de m’émerveiller », dit-elle. Pour Widaad, un bon livre ne vieillit jamais : c’est le lecteur qui évolue et découvre, au fil des années, de nouvelles dimensions d’une même œuvre.
Une distinction après le HSC
Lors des examens du HSC, en 2025, la jeune femme n’a pas vécu les épreuves comme une simple contrainte. « C’était plutôt l’occasion de mettre sur papier mes réflexions, mes interprétations, mes opinions et les idées que les œuvres avaient fait naître en moi », explique-t-elle. Elle s’est classée 8e au niveau national parmi les filles de la filière Arts, juste après les lauréates, et 5e au niveau national en littérature anglaise pour la session de novembre 2025.
Son parcours littéraire l’a conduite de Shakespeare et Chaucer aux poètes indiens, puis de Racine à Françoise Sagan et Philippe Grimbert. Parmi les œuvres étudiées, Petit Pays, de Gaël Faye, reste celle qui l’a le plus profondément marquée. Elle rend notamment hommage à sa professeure de français, Mme Sahaduth, qui lui a permis d’en apprécier pleinement la richesse et la prose poétique.
Une réussite collective
Pour Widaad, cette réussite est aussi celle de ceux qui l’ont accompagnée. Elle commence par rendre grâce à Allah, qu’elle considère comme « l’architecte véritable » de son parcours.
Elle exprime également une profonde reconnaissance envers ses parents. Sa mère a notamment quitté son pays et sa famille afin d’offrir à ses enfants davantage de possibilités. « Mes parents ont toujours été mon plus grand soutien. Ils ont souvent placé mes besoins et mes rêves avant les leurs. Ils m’ont donné bien plus qu’un soutien financier : leur temps, leur présence, leur confiance et leur amour. Ces réussites sont autant les leurs que les miennes », affirme-t-elle avec gratitude, en ayant également une pensée pour son dada et son frère.
Elle remercie également ses enseignants, parmi lesquels M. et Mme Nazim Sokeechand, M. Armoogum, M. Purmessur, Mme Catherine, Mme Sahaduth et Mlle Razeh, ainsi que ses amis.
De la littérature à la psychologie
Si les langues et la littérature demeurent au cœur de ses passions, Widaad envisage désormais un autre domaine : la psychologie. Elle souhaite poursuivre une licence à Istanbul, avec l’ambition d’explorer éventuellement une double formation en neurolinguistique ou en neurosciences.
Fascinée par l’esprit humain, les émotions, la mémoire, le langage et les comportements, elle souhaite contribuer à une meilleure compréhension de la santé mentale et, à terme, participer à des recherches à la croisée de la psychologie, de la psychiatrie, de la neurologie et des neurosciences.
Un projet qui pourrait lui permettre de réunir ses deux passions : comprendre l’être humain et raconter l’être humain.
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