Monday , 29 June 2026
Me Rashad Daureeawo

Visa aux Pakistanais – Dans une lettre au PM – Me Rashad Daureeawo dénonce des délais «anormalement longs»

Le dossier des visas pakistanais revient sur la table du Premier ministre. Dans une lettre adressée au Dr Navinchandra Ramgoolam, le Senior Counsel Rashad Daureeawo demande une révision de la politique de visa appliquée aux ressortissants pakistanais souhaitant se rendre à Maurice. Le sujet est posé sans détour : « Request for Review of Visa Policy Affecting Pakistani Nationals and Adoption of Principles of Parity, Reciprocity and Fair Treatment ».

Des délais qui interrogent

Le constat dressé dans cette correspondance est sévère. Selon Me Daureeawo, les demandeurs pakistanais feraient face à des délais de traitement « unusually lengthy », parfois « extending to many months or even years ». À cela s’ajouteraient des exigences administratives jugées « significantly more restrictive » que celles imposées à des ressortissants de plusieurs autres pays.

L’image de Maurice en question

La lettre estime que ces situations soulèvent des questions importantes de « fairness, transparency, economic opportunity and the international image of Mauritius ». Autrement dit, derrière le langage diplomatique, c’est bien l’image d’un pays ouvert, juste et accueillant qui est mise à l’épreuve.

Des cas précis mis en avant

Me Rashad Daureeawo cite aussi des cas précis. Il affirme avoir été à Islamabad lorsque « Mme Kader Bhayat cherchait urgemment un visa pour Maurice » après le décès de son époux, M. Kader Bhayat, en 2013. Il évoque aussi le cas d’un navire pakistanais, le Tippy Sultan, dont l’entrée pour une visite de bonne volonté à Maurice n’aurait pas été autorisée. Autre exemple mentionné  : « The Pakistani husband of Anika Bhayat was not cleared for visa for a long time till the intervention was made at the PMO ».

Grands principes, petite réalité

Ces exemples servent à illustrer ce que l’auteur présente comme un problème plus large. Maurice, rappelle-t-il, s’est bâti une réputation internationale comme État démocratique fondé sur « the rule of law, equality before the law, respect for human dignity and openness to international cooperation ».

Ces valeurs, écrit-il, ont contribué à faire de Maurice une destination attractive pour les investisseurs, les touristes, les professionnels, les religieux, les imams, les érudits et les familles ayant des liens dans le pays.

Des portes fermées

Mais la réalité administrative, telle que décrite dans la lettre, semble raconter une autre histoire. Les restrictions actuelles pourraient, selon Me Rashad Daureeawo, « discourage economic activity, reduce tourism potential and create a perception of unequal treatment ». Une formule prudente, mais lourde de sens : Maurice risque de donner l’image d’un pays qui parle d’ouverture, tout en fermant certaines portes plus lourdement que d’autres.

Cinq principes réclamés

La demande adressée au gouvernement repose sur cinq principes. D’abord, la « Parity of Treatment », afin que les demandes de visa des ressortissants pakistanais soient évaluées selon des critères « clear, objective and reasonable ». Ensuite, la « Reciprocity », pour renforcer les relations bilatérales entre Maurice et le Pakistan par des arrangements de visa « mutually respectful ». La lettre réclame aussi plus de « Transparency », afin que les demandeurs soient clairement informés des documents requis, des délais et des raisons d’un éventuel refus.

« Individual Assessment »

L’auteur insiste également sur l’«Efficiency », avec un traitement des demandes dans des délais « reasonable and predictable ». Enfin, il plaide pour une « Individual Assessment », afin que chaque dossier soit examiné selon ses propres mérites et non affecté négativement par « nationality alone ».

Egalité de traitement

Me Rashad Daureeawo prend soin de reconnaître le droit souverain du gouvernement de protéger la sécurité nationale et de réguler l’immigration. Mais il ajoute que ces préoccupations légitimes doivent être équilibrées avec les principes de « fairness, proportionality and equal treatment  ».

Réputation internationale

La conclusion de la lettre ramène le débat à une question de réputation. Maurice, écrit Me Rashad Daureeawo, a historiquement bénéficié de relations solides avec plusieurs nations, y compris le Pakistan, et des contributions de personnes d’origines diverses ayant enrichi la société mauricienne. Un régime de visa perçu comme équitable et transparent ne ferait, selon lui, que renforcer l’image de Maurice comme « a modern, inclusive and internationally respected nation ».

Reste maintenant à savoir si cette demande de révision restera une lettre de plus dans les tiroirs de l’État, ou si le gouvernement acceptera de regarder en face une politique qui, selon cette correspondance, fait peser sur Maurice le soupçon d’un traitement inégal.

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