vendredi , 22 novembre 2019
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Safe City Project

Safe City Project : les caméras de la discorde

« Tant que la caméra n’est pas placée sur leur propriété privée, je ne vois pas ce que nous pouvons faire. Ils doivent garder leurs portes et leurs fenêtres fermées. » C’est ce qu’a répondu le ministre Mentor, sir Anerood Jugnauth, à une question parlementaire du député Osman Mahomed à l’Assemblée nationale au sujet de l’installation des caméras et la protection de la vie privée et la confidentialité des citoyens.

Sir Anerood Jugnauth a expliqué que la police prend des mesures appropriées pour protéger la vie privée et la confidentialité des citoyens. « Conformément à l’article 14 de la loi, la police se verra confier les fonctions de responsable du traitement des données », a déclaré le ministre Mentor. Il a aussi dit que la loi prévoit des garanties suffisantes pour la protection de la vie privée et la confidentialité des citoyens et par conséquent, il n’est pas nécessaire d’introduire des normes et réglementations. « Conformément à l’article 47 de la loi, un code de pratique spécifique sera publié par le Commissaire à la protection des données pour le Safe City Project avant la mise en service du système », précise-t-il.

Le député Osman Mahomed, qui s’est confié à notre journal après la session parlementaire, qualifie les réponses du ministre Mentor de « scandaleux ». « Pour moi, ce n’est même pas une réponse, surtout si cela vient d’un senior ministre », déplore-t-il. Trouvant les réponses du ministre Mentor insatisfaisantes, Osman Mahomed se demande pourquoi une personne doit fermer sa fenêtre et sa porte seulement parce qu’on a braqué des caméras sur sa maison ? « Le propriétaire d’une maison a tout son droit de vivre son intimité et a le droit d’ouvrir sa fenêtre et sa porte quand il le veut », avance le député du PTr. Même si les caméras sont placées sur la route, elles enregistreront une partie de la maison et l’étage de celle-ci. Pour lui, c’est une intrusion dans la vie privée et l’intimité des citoyens. « La façon dont il m’a répondu démontre que ce n’est pas son problème, les gens doivent se conformer à sa loi », dit-il encore. Le leader de son parti, Dr Navin Ramgoolam lui a toutefois assuré que ce projet sera revu si le PTr revient au pouvoir. Entretemps, il suggère que les caméras doivent être contrôlées par des experts pour donner à la population l’assurance que sa vie privée est protégée comme prétend le ministre Mentor.

Contestation devant la justice

Toutefois, l’avocat Neil Pillay explique qu’un individu a tout son droit de contester cette loi devant la justice s’il sent que l’intimité de sa vie privée est menacée par ces cameras. « Mais en général, cela ne devrait pas causer un problème aux gens parce que ces cameras sont braqués sur le chemin et le trafic. On ne pourra toutefois pas éviter qu’une partie de la cour d’une personne soit enregistrée. À retenir que le but de ces cameras est de sécuriser le public », explique-t-il.

Rappelons que l’installation de 4 300 caméras CCTV dans quelque 2 000 endroits spécifiques est en progression. « D’ici décembre 2019, le projet Safe City deviendra une réalité », avait déclaré le Premier ministre, le 5 mai dernier lors de l’inauguration d’un nouveau poste de police à Camp-Diable.

Inspecteur Shiva Cooten : «Les caméras feront baisser le taux de criminalité»

L’inspecteur Shiva Coothen, de la Police Public Relations Office (PPRO) pour sa part, estime que les cameras installées constituent un excellent outil qui va grandement aider la police pour traquer des suspects et serviront également à prévenir des actions malveillantes dans chaque région. « Les caméras dissuaderont certainement des voleurs dans la région et feront baisser ainsi le taux de criminalité », estime l’inspecteur de police. Il donne l’exemple des caméras qui sont installées dans la région de Flic-en-Flac qui ont, ces derniers temps, réduit la criminalité dans la région de 80%. « C’est une baisse considérable et c’est dans l’intérêt de la population », fait-il ressortir. L’inspecteur Shiva Cooten tient à rassurer la population que les cameras opéreront en toute l’égalité, en respectant les droits  et l’intimité de tous les citoyens.

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