jeudi , 21 novembre 2019
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Pour rester à flot : de petits entrepreneurs se tournent vers des créneaux rentables

Les temps sont durs. Les dépenses ménagères grèvent lourdement le  budget familial. Pour augmenter leurs revenus, petits salariés et petits entrepreneurs ont trouvé la parade : changement dejob  pour les premiers et incursion dans des secteurs porteurs pour les seconds. Témoignages.

Mohammad Hashir Ramjany, bandari : «Travailler le soir me causait trop d’inconvénients car je ne pouvais accorder du temps à ma famille»

Mohammad Hashir Ramjany« Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie ». Ce proverbe qu’on prête à Confucius s’applique merveilleusement à  Mohammad Hashir Ramjany. Ancien agent de sécurité, cet habitant de Vallée-Pitot devenu bandari depuis deux ans, est très heureux d’avoir réussi sa reconversion.  « Travailler le soir me causait trop d’inconvénients car je ne pouvais accorder du temps à ma famille. Et le matin quand je rentrais à la maison, j’étais épuisé. C’est pour cette raison que j’ai décidé de devenir bandari », dit-il.

Il avait déjà emmagasiné de l’expérience dans ce domaine car il filait un coup de main  depuis l’âge de 11 ans à son grand-père  qui était un spécialiste de la cuisson du briyani. Selon Hashir, il faut toujours acquérir des connaissances dans plusieurs domaines pour ne pas être réduit au chômage. Au début, poursuit le trentenaire, il a fait face à de nombreuses difficultés car  se mettre à son compte n’est pas une sinécure. « Au début, cela a été difficile de me faire des clients mais tout s’arrange avec le temps », soutient-il. Pour se faire connaître et attirer les clients, Hashir s’est inspiré d’une méthode de communication traditionnelle peu onéreuse. Il  a fait imprimer des cartes et est parti les distribuer dans les mosquées. En outre, il a placé des pancartes dans des boutiques à travers l’île. Sa stratégie a fait muche. Beaucoup de clients l’ont contacté pour passer leurs commandes. D’ailleurs, c’est grâce aux demandes sans cesse grandissantes des clients qu’il a décidé d’offrir des plats plus diversifiés. « Même les non-musulmans m’ont contacté pour me demander si je confectionnais aussi des curry et j’ai su relever le défi », raconte-il. Il estime qu’il ne faut jamais laisser passer sous son nez les opportunités quand elles se présentent. Pour cela, l’acquisition de nouvelles compétences s’avère nécessaire. Maintenant, Hashir est en mesure d’offrir ses services à toutes les communautés et prépare des mets succulents pour toutes les occasions.

Etant bandari à plein temps, Hashir se félicite que le métier nourrit bien son homme.  Les semaines où il n’a pas de commande, il vend du briyani en fin d’après-midi à la rue Saint-Francois, à Port-Louis,.  « Pour élargir ma clientèle, je ne vends pas uniquement du briyani de bœuf. Je confectionne  aussi du briyani à base de poisson et de poulet », nous confie-t-il.  Son conseil aux jeunes : s’adonner pleinement à son travail et développer un amour pour ce qu’on fait. « Travailler seulement pour notre propre plaisir est une erreur. Cela ne marche pas dans la pratique. Il faut étudier le marché pour savoir comment rentabiliser ses services avant de se lancer dans un domaine », conclut Hashir Ramjany.


Ashraf Cheddy, entrepreneur  :  «Vendre le lait est très rentable, mais le problème c’est qu’il est très difficile de travailler seul»

Ashraf CheddyAshraf Cheddy, habitant de Triolet, est un autre entrepreneur qui a exercé plusieurs métiers avant de trouver celui qui lui convient. Au début, cet homme de 51 ans élevait les vaches pour leur lait. Mais avec le temps, la pénurie de main d’œuvre l’a contraint à rendre son tablier. « Vendre le lait est très rentable, mais le problème c’est qu’il est très difficile de travailler seul et de s’occuper de tout. Les jeunes ne veulent pas travailler dans ce milieu et donc on manque de main d’œuvre », explique le cinquantenaire.

Ashraf Cheddy a donc décidé de changer de métier et de domaine d’activités. Il s’est alors tourné vers la construction de corniches et de fausses colonnes de maisons. Le changement est radical et Ashraf Cheddy met en garde contre toute tentation de s’aventurer dans l’inconnu.  Il souligne qu’il faut des connaissances préalables  et un peu d’expérience dans le domaine dans lequel on veut se lancer. « Avant de commencer, je suis parti apprendre les ficelles du métier de mes proches. Quand j’ai vu que cela marchait, j’ai obtenu un prêt bancaire pour pouvoir démarrer et cela a rapporté ses fruits en cinq ans », dit-il. Il avait commencé avec des corniches de 200 pieds carrés, aujourd’hui il en est arrivé à 1200 pieds carrés et a réussi à rembourser toutes ses dettes. Après cinq années de dur labeur, Ashraf Cheddy a su faire son chemin. Les commandes affluent de toute l’île au quotidien. Pour en arriver jusque-là, notre interlocuteur fait ressortir qu’on n’attire pas les clients en se croisant les bras.

« Il faut se faire connaître à travers le marketing qu’on offre tels et tels services et quel est notre point de vente », conseille-t-il. Pour ce faire, il va personnellement dans son camion à la recherche des maisons en construction pour proposer ses produits aux propriétaires ou les entrepreneurs de bâtiments. À son avis, on ne peut pas être sans travail si on fait les efforts nécessaires pour en trouver. Son conseil aux jeunes :  il faut toujours chercher la connaissance. « Ce que pensent les gens importe peu. Vous allez apprendre à prendre du plaisir dans votre travail en le faisant quotidiennement », conclut-il.


Ahmed Bucktawoo, métallier : «Tout le monde peut apprendre les rudiments du métier de planteur»

Ahmed BucktawooLe métallier Ahmed Bucktawoo, un habitant de Pointe-aux-Piments, a, pour sa part, choisi de s’engager dans deux autres secteurs d’activité en même temps pour joindre les deux bouts. Il est ainsi maraicher et éleveur. Au fil du temps, ce trentenaire a réalisé qu’il ne pouvait se fier uniquement à son métier de métallier pour nourrir sa famille. « Maurice étant un pays tropical, le temps est souvent pluvieux et pour moi, c’est difficile de travailleur à l’extérieur pour des travaux de soudure », laisse-t-il entendre. Ainsi, il décida, deux ans de cela, de tenter sa chance dans d’autres secteurs comme la plantation et l’élevage. « L’élevage d’animaux,  je le fais avec l’aide de mon père et la plantation c’est facile. Tout le monde peut apprendre les rudiments du métier de planteur et démarrer un petit commerce», déclare-t-il. Selon lui, les légumes fins sont en grande demande sur le marché et n’occupent pas de grands espaces dans son potager.

Toutefois, Ahmed n’a nulle intention d’abandonner le domaine de la menuiserie métallique. Il estime qu’il ne faut pas délaisser le travail qu’on aime, uniquement pour se faire plus d’argent.  «Personnellement, je pense qu’il est mieux de s’accrocher au travail que vous aimez faire et en même temps trouver d’autres créneaux rentables. Il ne faut jamais se décourager quoiqu’il arrive. On peut toujours trouver des solutions à tous les problèmes », soutient-il. Selon Ahmed, son business est florissant. Ses clients pour des travaux de métal et d’aluminium le contactent chaque semaine alors qu’il livre ses légumes aux marchands des régions avoisinantes. Son conseil aux entrepreneurs ?« On ne doit pas attendre que votre business périclite  pour réagir et entrer dans des créneaux porteurs. Pour être à l’abri, il est important de considérer d’autres options et se trouver d’autres sources de revenus.»

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A propos de Ahmad Fakuddeen Jilani

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