Par rapport à cette question, nous pouvons citer un Hadîth rapporté par Abû Houreira (Radhi Allâh ‘Anhou), dans lequel celui-ci affirme : « Le Prophète d’Allah récitait dans la Salât de Fadjr, le vendredi, Alif lâm mîme tanzil as-Sadjdah (sourate 32) et Hal ataa (c’est-à-dire la Sourate Al-Insâne (L’Homme, sourate 76))» (cité par l’Imâm Al-Boukhârî et Mouslim dans leur Sahîh).
À partir de cette Tradition, nos savants affirment qu’il est recommandé (Moustahab) de lire ces deux Sourates, le vendredi, lors de la prière de l’aube. D’ailleurs, dans son commentaire du Sahîh-ul Boukhârî, Moufti Taquî ‘Outhmânî écrit : « Le jour du vendredi, dans la Salât de Fadjr, le Prophète (sallallâhou ‘alayhi wa sallam) récitait ces deux Sourates, c’est-à-dire que c’était son habitude de les réciter, la plupart du temps. C’est pour cette raison que certains Dhârites affirment qu’il est nécessaire, le jour du vendredi, durant la Salât de Fadjr, de réciter seulement ces deux Sourates, et non d’autres. Néanmoins, cet avis n’est pas correct.
Selon la plupart des savants, si quelqu’un les récite en ayant l’intention de suivre le Messager d’Allah, In-cha Allâh, cette personne sera récompensée, et cela est également Mustahab (recommandé), à condition de ne pas considérer cette pratique comme étant une obligation. En un mot, de les lire parfois, et de lire d’autres Sourates parfois, et de ne pas faire en sorte de les réciter tout le temps. Concernant cette pratique, il y a beaucoup d’excès [de la part de certains] d’un côté, et de l’autre côté beaucoup de laxisme [de la part] de certains autres […] Il faut donc adopter une voie médiane… » (In’âm-oul Bârî – Volume 4/ Pages 64 & 65)
De même, l’Imâm An-Nawâwî écrit : « Ce Hadîth est un argument pour notre « Madhhab » et ceux qui sont de notre avis sur le fait qu’il est recommandé de lire ces deux Sourates dans la prière du matin, le vendredi. Ainsi, il n’est donc pas Makhûh (déconseillé) de réciter un verset de prosternation dans la prière ou encore de faire les prosternations. L’Imâm Mâlik et les autres ont mentionné cela. Mais, ce Hadîth est un argument contre eux. » (Commentaire de Mouslim).
Néanmoins, d’après nos savants, il n’est pas approprié de réciter ces deux Sourates tous les vendredis, au cours de la Salât de Fadjr, étant donné que cela revient à les déterminer ; et en règle générale, il est déconseillé de fixer de manière spécifique des Sourates pour telle ou telle prière. De plus, selon certains savants, agir ainsi tout le temps peut semer la confusion dans l’esprit des gens, qui pourraient croire qu’il est obligatoire ou Sounna Mouhakkada de les réciter, tous les vendredis, lors de la Salât de Fadjr (voir Ad-Dourr-ul Mandhoûd – Volume 2 / Page 416 – ‘Oumdad-ul Qârî – Volume 5/ 36).
À suivre.
Mufti Housman Omarjee (Île de La Réunion – Imâm à la Mosquée de Saint-Pierre)
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