Friday , 1 December 2023

Khutbah – La Réflexion du vendredi : la culture de la peur

« Si Allah te touche d’un malheur, nul ne saurait détourner [ce malheur] sauf Lui, et si [Allah] te touche d’un bonheur, [nul ne saurait arrêter celui-ci, car] Allah, sur toute chose, est omnipotent. » Surah 6 verset 17Les exemples d’utilisation de la peur pour atteindre un objectif particulier ne manquent pas dans le monde, que ce soit sur le plan historique ou contemporain. Pour n’en citer que quelques-uns :

Concernant la cause palestinienne, des civils sont bombardés tous les jours, des hôpitaux et des écoles sont détruits, des enfants sont emprisonnés. Autre exemple, le journaliste Jamal Khashoggi a dû vivre loin de sa terre natale; pourtant, il a été impitoyablement tué dans l’enceinte d’une ambassade et aucun morceau de son corps n’a pu être retrouvé à ce jour. Il y a aussi le cas du prédicateur Saleh Al Talib, ancien imam de Masjid Al Haram, qui a été condamné à 10 ans de prison en Arabie saoudite parce qu’il s’était exprimé contre la soi-disant politique de modernisation du Royaume.

Il existe aussi des centaines d’Ulamas, soient emprisonnés dans leur pays natal, tels que l’Egypte et la Tunisie, ou forcés à l’exil.

Opinion différente

La propagation de la peur pour faire taire les opposants ou ceux qui ont une opinion différente a invariablement été utilisée, à différentes époques, par les puissants de l’histoire. À l’époque de Moosa (A.S), le tyran Pharaon n’avait pas hésité à adopter une politique d’élimination des bébés mâles afin de préserver son pouvoir; les Qu’raysh de Makkah avaient adopté une position impitoyable à l’égard des membres de l’Ummah à l’époque du Prophète Muhammad (SAW) dans le but d’instiller la peur dans le cœur et l’esprit des personnes intéressées par l’Islam en tant qu’idéologie.

Il convient de noter que le recours à la répression n’est pas toujours une mauvaise chose en soi. Par exemple, la grande majorité de la population accueillerait volontiers des mesures dures et extrêmes contre les barons de la drogue, responsables de divers maux de la société mauricienne.

La répression est cependant une arme à double tranchant; c’est lorsqu’elle est utilisée pour réprimer ceux qui s’opposent à ceux qui sont au pouvoir qu’elle devient un moyen de répandre la peur, comme nous l’avons illustré précédemment.

« Quand Allah couvre les gens de miséricorde, aucune force ne peut l’arrêter. Et s’Il la retient, aucune force, autre que Lui, ne peut l’envoyer. Il est le Tout-Puissant, le Plus Sage. » Surah Faatir (35) verset 2

Dans le contexte local, des observateurs neutres se demandent de plus en plus si le fait d’avoir et d’exprimer des opinions divergentes à l’égard de certains peut devenir une source d’inquiétude, sur le plan juridique, légale et administrative. Une culture de l’intimidation ou de la peur peut engendrer diverses autres conditions : l’égoïsme, l’indifférence, l’intensification de l’injustice… parce que les citoyens ont peur de réagir.

L’autre forme de répression qui prévalu récemment est le renforcement des lois existantes en vue de provoquer la peur. On l’a vu à Maurice comme en de nombreux pays se proclamant démocrates où les gouvernements ont utilisé le confinement pour rendre plus sévère l’arsenal répressif.

Combattre le mal

Il est bon de se rappeler des valeurs fondamentales de l’Islam: enjoindre le bien et interdire le mal (Surah Ali Imraan (3) verset 104). Le musulman est ordonné par le Tout-Puissant de toujours combattre toute forme de mal et d’injustice, et il devrait toujours se préoccuper de ce qui se passe autour de lui. En l’Islam, il n’y a pas de place pour l’individualisme ou l’égocentrisme, selon le Quran et les enseignements du Prophète Muhammad (SAW). La question n’est pas de manquer de respect ou de défier l’autorité, mais plutôt de ne pas rester silencieux face à l’injustice. Une question fondamentale à se poser est la suivante: QUI devons-nous vraiment craindre? Le Créateur ou ses créatures…

Le message principal à retenir: non à l’intimidation, à l’injustice, à l’indifférence et à l’individualisme. Le Prophète (SAW) a utilisé les moyens dont il disposait à Makkah pour résister, et d’autres moyens pour repousser le mal lorsqu’il était à Madinah. De même Moosa (AS) a sollicité des moyens supplémentaires à Allah (son frère Haroon AS) pour affronter Pharaon. Utilisons chacun les moyens à notre portée pour combattre le mal, et ne cédons pas à la peur ou à la crainte de l’homme.

Il convient de souligner que la peur peut être l’un des facteurs qui retiennent les croyants à s’engager pour la Cause d’Allah. Parmi ces peurs, la peur de manquer du rizq (la nourriture), la peur de l’humiliation ou encore celle de la mort.

Les Ulamas estiment qu’en craignant autre qu’Allah, une personne reconnaît implicitement que le pouvoir d’infliger le mal ou d’accorder le bien relève d’aucun autre pouvoir qu’Allah. Cette crainte peut être considérée comme l’adoration d’un autre qu’Allah ou l’attribution des attributs d’Allah à cet autre pouvoir. Qu’Allah nous aide à tenir ferme à son idéologie.

« …Allah nous suffit ; Il est le meilleur Protecteur… » (Surah Ali Imraan (3) verset 173)

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