lundi , 10 août 2020

Doux souvenirs : leur Ramadan mémorable

Chaque année, le Ramadan laisse de beaux souvenirs. Ce mois sacré est unique pour chaque musulman et certains Ramadans sont gravés à jamais dans notre mémoire. Cette semaine, nous sommes partis à la rencontre des personnes qui nous évoquent leur Ramadan inoubliable.

Furhzaad Bengah : «Le premier Ramadan après mon mariage»

Furhzaad Bengah, directeur de Furhz Concept – entreprise spécialisée en photographie et conception du web –, garde encore de beaux souvenirs de son meilleur Ramadan. Marié à Asheerah, consultante en actuariat, en 2017, le couple a vécu son premier ramadan l’année suivant. « Le premier Ramadan après mon mariage était exceptionnel. C’était une nouvelle expérience pour moi et mon épouse. Il n’y avait que nous deux à la maison. C’était aussi notre premier Ramadan sans nos parents. Avant de me marier, le Ramadan chez mes parents n’était pas pareil. J’avoue qu’à l’époque, je ne faisais presque rien. Mais avec le mariage, tout a changé », confie cet habitant de Port-Louis.

Selon Furhzaad Bengah, ce premier Ramadan en couple a automatiquement raffermi les liens entre les deux conjoints. «Le Ramadan avait apporté de la joie et avait renforcé notre relation. Nous avions fait tous les préparatifs du Ramadan ensemble. Le matin, j’aidé mon épouse à préparer le sehri. On se partageait les tâches ménagères. Le premier Ramadan en couple nous a aussi poussés à prier ensemble », confie notre interlocuteur et d’ajouter qu’il passait les weekends du Ramadan chez ses beaux-parents. « Les weekends, nous étions chez les parents de mon épouse. Il y avait plus de monde. Cela a raffermi encore plus nos liens. Désormais, à chaque Ramadan, nous nous efforçons à faire un peu plus la charité », dit-il.

Shagufta Motala : «Mon Ramadan en famille à l’île Maurice»

Shagufta MotalaAssistante-comptable en France, Shagufta Motala confie avoir vécu l’un des meilleurs Ramadans, il y a quelques années, lorsqu’elle était en séjour à Maurice avec sa famille. Les souvenirs de ce Ramadan-là sont encore frais dans sa mémoire. « L’ambiance du Ramadan à l’île Maurice est plus palpable dans la capitale. C’était un Ramadan spécial et unique dans la mesure où tous ceux qui me sont chers étaient là également », dit-elle. Elle laisse entendre qu’elle chérissait particulièrement les moments passés avec ses parents. « Chaque matin, ma mère ou mon père venait me réveiller pour le sehri. Apres le sehri, la famille se réunissait jusqu’à la prière de Fajr. Après celle d’Asr, nous étions tous dans la cuisine pour préparer moult repas ainsi que les fameux gâteaux salés du Ramadan pour rompre le jeûne », se souvient-elle.

Shagufta Motala aimait aussi les rencontres familiales lors de son Ramadan à Maurice. « Un bon repas est forcément un moment de partage, de générosité. On se réunissait autour de la table en compagnie des gens qu’on aime. Un samedi, on était tous là, réunis, à prier en attendant de pouvoir rompre le jeûne. Ces moments de partage étaient symboliques et extrêmement précieux pour moi », ajoute la jeune femme qui, cette année, observe le Ramadan en France. Selon elle, le Ramadan à Maurice est vraiment impressionnant. « À Maurice, vous avez de la chance de pouvoir entendre l’appel à la prière, de pouvoir passer ce mois sacré en compagnie de la famille, des proches et des amis et aussi de pouvoir prier à l’heure », dit-elle.

Dr Mouniir Durgahee : «En Chine où j’ai jeûné durant 21 heures»

Médecin et chargé de cours, Dr Sha Ahmad Mouniir Durgahee confie avoir vécu un Ramadan mémorable lorsqu’il était en Chine. C’était d’ailleurs son tout premier Ramadan dans l’Empire du Milieu. « En 2014, je ne suis pas retourné à Maurice pour le mois du Ramadan. On était en plein été durant cette période en Chine et je me souviens avoir jeûné pendant près de 21 heures. Cela a été difficile par rapport à Maurice où la durée du jeûne est moins longue », se souvient-t-il.

Ce changement radical dans son mode de vie n’était pas une tâche facile pour le jeune homme qui faisait alors ses études en médecine. « Nous étions un petit groupe de Mauriciens à l’époque et nous avions l’habitude d’accomplir les Taraweeh ensemble tous les jours. En quelques occasions, on se rencontrait pour rompre le jeûne ensemble. Mais avec le soleil brûlant et la température qui montait jusqu’à 46 degrés, il était très difficile de sortir pendant la journée », se remémore le jeune médecin. Mais il n’a pas baissé le bras malgré les conditions extrêmes. « C’est la solidarité, l’unité et la foi qui nous avaient permis d’accomplir ce pilier de l’islam. Outre le Ramadan, j’ai aussi vécu le meilleur Eid cette année-là en Chine. On avait préparé un délicieux briani et d’autres plats typiquement mauriciens », ajoute-t-il.

Dr Mouniir Durgahee fait ressortir que beaucoup de gens ont la perception qu’il est interdit de jeûner ou de pratiquer l’islam en Chine. Le médecin tient à faire taire les rumeurs. « J’ai vécu en Chine et j’ai observé le mois de jeûne avec beaucoup de satisfaction. C’est aussi l’occasion de connaître la diversité et la culture de nombreux pays musulmans. Des fois, certains frères pakistanais préparaient le sehri et parfois, notre iftaar était composé de plats arabes. On s’asseyait tous autour d’une seule grande assiette », conclut-il.

Roukshaal Allybocus : «Naissance de mon deuxième fils en 2018»

Roukshaal AllybocusEnseignante et habitante de Camp-de-Masque-Pavé, Rookshaal Allybocus n’y va pas par quatre chemins pour dire que c’est en 2018 qu’elle a vécu le Ramadan le plus mémorable. Elle avait mis au monde son deuxième fils au cours du mois sacré lors de cette année. « En effet, le Ramadan 2018 a été marqué par la naissance de mon deuxième fils qu’on a prénommé Muhammad Owais. C’était un beau cadeau mais en même temps je reconnais que ce n’était pas facile au début. J’étais à neuf mois de grossesse et j’avais un fils d’un an à m’occuper », souligne-t-elle.

Faisant partie d’une famille nucléaire, Rookshaal raconte qu’elle avait la responsabilité de préparer le sehri, l’iftaar, le dîner, de prendre soin de ses deux petits bouts de chou, et de se concentrer en même temps sur ses études. « Heureusement, mon époux m’aidée dans l’accomplissement des tâches ménagères. C’est vers le milieu du Ramadan que j’ai accouché par césarienne. J’étais à l’hôpital pendant une semaine et c’est mon époux qui s’est occupé de notre fils aîné. C’était un Ramadan pas comme les autres et il restera gravé dans ma mémoire », confie notre interlocutrice. Désormais, avec deux enfants à s’occuper, Rookshaal vit le Ramadan différemment. Elle doit impérativement jongler entre le travail et les responsabilités familiales.

Zakil Tarsoo : «L’exposition sur le Coran durant le Ramadan en 2017»

Zakil TarsooPrésident de la Youth Entrepreneur Society Cooperative et directeur de Conexion Media Ltd, Zakil Tarsoo dit avoir vécu son meilleur en 2017. Raison ? La première édition d’une exposition sur le Coran a eu lieu lors du Ramadan à Taher Bagh, à Port-Louis, grâce à la collaboration de plusieurs pays étrangers. Zakil faisait partie de l’équipe organisatrice et cela a été pour lui une expérience inoubliable. « Je me souviens toujours de ce Ramadan. L’exposition avait été un succès. Il y avait des Coran avec traduction en plus de 50 langues et aussi un Coran en braille pour les aveugles. L’événement était ouvert au public durant trois jours consécutives », se rappelle encore le jeune homme.

Il ajoute aussi qu’un forum de discussion avait été organisé. Celui-ci était axé sur l’importance de savoir lire le Coran correctement et de comprendre la signification de chaque verset. « Plusieurs ambassadeurs et diverses personnalités étaient présents. Tous les participants avaient reçu un CD gratuitement », ajoute-t-il.

Madinaa Auleear : «Le Ramadan juste après mes examens»

Madinaa AuleearPasser le Ramadan en toute quiétude sans avoir à se soucier des choses mondaines. C’est ce qu’a vécu Madinaa Auleear l’année dernière. Pour cette habitante de Triolet, le Ramadan 2019 est de loin le plus mémorable. « L’année dernière, j’étais libre tout le long du mois du Ramadan, car j’avais complété mes examens juste avant le début du mois sacré. Cela n’arrive pas souvent et j’avais tout le temps libre pour me consacrer aux préparatifs. Ainsi, en 2019, j’ai aussi pu passer plus de temps en famille, essentiellement pour l’iftaar », dit-elle.

Madinaa Auleear se réjouit aussi d’avoir pu, en 2019, aider sa mère à accomplir toutes les tâches ménagères. « J’avais suffisamment de temps pour préparer au quotidien des gâteaux pour l’iftaar pour environ 15 personnes. C’est une tâche que j’aime bien accomplir et j’étais si heureuse pouvoir préparer l’iftaar après si longtemps », ajoute-t-elle. Et comme elle n’avait aucun engagement, professionnel ou autre, Madinaa dit avoir profité de son temps libre pour se consacrer aux ibadaats.

Autre fait manquant du Ramadan 2019 : elle a pu faire ses shoppings pour la fête Eid elle-même. « D’habitude, je n’ai pas vraiment l’occasion de me rendre à Port-Louis pour acheter mes habits. Mais l’année dernière, je suis partie faire du shopping et je m’en suis donné à cœur joie », précise-t-elle. Madinaa se dit heureuse d’avoir vécu un très beau Ramadan l’année dernière, car cette année, elle se retrouve confinée à la maison. « Cette année, le Ramadan est très diffèrent. Il n’y a pas d’iftaar en famille », regrette-t-elle.

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