Wednesday , 18 March 2026

À quelques jours de l’Eid-ul-Fitr : des veuves toujours privées de leur pension SPA

À quelques jours de l’Eid-ul-Fitr, plusieurs veuves musulmanes à Maurice disent vivre une situation qu’elles qualifient d’ « injuste et humiliante ». Malgré les annonces officielles affirmant que la pension de veuve (SPA) devait être rétablie dans l’attente d’une enquête, certaines affirment n’avoir toujours rien reçu pour les mois de février et mars.

Dans un contexte déjà marqué par les dépenses supplémentaires du mois sacré de Ramadan, l’absence de ces paiements plonge plusieurs familles dans une grande précarité. Pour certaines de ces femmes, cette pension représente leur seule source de revenu. Face à cette situation, une lettre officielle a été adressée au ministre de la Sécurité sociale Ashok Subron, afin de réclamer une intervention urgente.

Dans cette correspondance, les signataires rappellent qu’une première démarche avait déjà été effectuée auprès du ministère. La question avait alors été portée au niveau du Conseil des ministres, qui avait finalement annoncé que la pension SPA serait rétablie dans l’attente des conclusions d’une enquête. Cette décision avait même été relayée dans les médias.

Lors d’une émission sur une radio privée, le ministre avait également indiqué que le Cabinet avait suspendu la décision de mettre fin à cette pension, laissant entendre que les paiements seraient maintenus pour les bénéficiaires concernés. Mais selon les veuves elles-mêmes, la réalité serait tout autre. « Malgré tou sa bann lanons la, nou pankor regagn nou pension », affirment certaines d’entre elles.

Dépenses essentielles

Pour ces femmes, la pension de veuve n’est pas une aide secondaire. Elle constitue souvent la seule ressource permettant de payer le loyer, acheter de la nourriture ou subvenir aux besoins des enfants. En plein Ramadan et à une semaine de l’Eid-ul-Fitr, la pression financière devient encore plus lourde. « Ramadan est un mois où les familles se réunissent pour rompre le jeûne. Mais pour certaines veuves, il n’y a même pas assez pour préparer un repas convenable », explique un proche des familles concernées.

À l’approche de l’Eid-ul-Fitr, la détresse est encore plus palpable. « Les enfants parlent de vêtements neufs pour la fête, mais certaines mères ne savent même pas comment payer les dépenses essentielles », confie Javed Soyfoo qui milite en faveur de ces veuves.

Pour ces veuves, cette situation dépasse la simple question financière. Elle est vécue comme une humiliation sociale, particulièrement dans un moment aussi important pour la communauté musulmane.

Des procédures administratives jugées humiliantes

Un autre point suscite l’indignation : certaines veuves affirment que des officiers des bureaux régionaux continuent de leur demander des certificats de Nikah ou des documents provenant des mosquées pour prouver leur statut. Une exigence que plusieurs considèrent comme inutile et profondément blessante.

« Ces femmes ont déjà perdu leur mari. Leur demander encore des preuves religieuses est vécu comme une remise en question de leur dignité », explique Javed Soyfoo.

La situation devient encore plus confuse lorsqu’une correspondance de la National Human Rights Commission (Mauritius) indique que le ministère aurait déjà rétabli le paiement de la pension. Or, selon les informations recueillies auprès des veuves concernées, aucun paiement n’aurait été effectué jusqu’à présent.

Rendre justice à ces veuves

Dans sa lettre au ministre Subron, Javed Soyfoo, appelle le gouvernement à agir rapidement. « Pendant le mois de Ramadan, ces veuves sont toujours privées de la pension qui leur a été retirée injustement », écrit-il. Il demande également au ministre de mettre en place un panel ou un comité afin d’examiner chaque dossier individuellement, permettant ainsi de résoudre les situations bloquées.

Selon lui, une approche humaine et transparente est indispensable. « Pourquoi ne pas rencontrer ces veuves et écouter leurs cas un par un ? » demande-t-il.

Dans sa correspondance, plusieurs interrogations sont directement posées au ministre :

  • Pourquoi la décision du Cabinet n’a-t-elle pas encore été appliquée ?
  • Pourquoi certaines veuves doivent-elles encore fournir des documents religieux pour justifier leur statut ?
  • Comment se fait-il que les informations communiquées publiquement ne correspondent pas à la réalité vécue par les bénéficiaires ?

Pour Javed Soyfoo, la situation est incompréhensible. « Monsieur le Ministre, arrêtez de jouer avec les sentiments de ces veuves. Vous avez les pouvoirs nécessaires pour résoudre ce problème », écrit-il.

Un appel urgent avant l’Eid

Alors que la fin de Ramadan approche, l’espoir des veuves repose désormais sur une intervention rapide des autorités. Au-delà des chiffres et des décisions administratives, ce sont des vies fragiles qui sont en jeu.

Pour ces femmes qui ont déjà perdu leur époux, la pension représente bien plus qu’un simple soutien financier : elle symbolise la reconnaissance et la solidarité de la société envers leur situation.

À quelques jours de l’Eid-ul-Fitr, beaucoup espèrent encore que la situation sera réglée. Car pour ces veuves, recevoir leur pension à temps serait plus qu’une aide financière : ce serait un geste de justice et de dignité.

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