Pour Haseenah Boodhoo, la cuisine est bien plus qu’un métier. C’est une manière de créer, de partager et surtout de transmettre.
Enseignante en production culinaire et connue sur les réseaux sociaux sous le nom de Chef Haseenah, Haseenah Boodhoo s’attache à faire découvrir des recettes accessibles tout en mettant en valeur le patrimoine culinaire mauricien. « J’aime voir le sourire des personnes qui reproduisent mes recettes ou de mes élèves lorsqu’ils réussissent une préparation pour la première fois », confie-t-elle.
Un choix qui a changé sa vie
Depuis son enfance, Haseenah savait qu’elle voulait évoluer dans la gastronomie. Après un HSC obtenu avec de très bons résultats, elle choisit d’intégrer l’École Hôtelière Sir Gaëtan Duval pour y poursuivre un Higher National Diploma en Arts Culinaires. Un choix que certains de son entourage avaient du mal à comprendre à une époque où les métiers de la cuisine n’étaient pas toujours considérés comme une véritable perspective professionnelle.
Soutenue par sa famille, elle poursuit néanmoins son chemin. Sa formation lui permet d’effectuer plusieurs stages à Maurice et en France et de développer ses compétences en cuisine comme en pâtisserie. Elle se familiarise également avec les normes de sécurité alimentaire, d’hygiène et de qualité indispensables dans le secteur de la restauration.
« Avec le recul, je suis fière d’avoir suivi mon propre chemin malgré les doutes de certaines personnes. Aujourd’hui, je peux dire que cette décision a changé ma vie », souligne-t-elle.
Une passion née auprès de sa grand-mère
Son amour de la cuisine trouve toutefois ses racines bien avant sa formation professionnelle. Enfant, Haseenah passait beaucoup de temps chez sa grand-mère, qu’elle observait derrière les fourneaux. Elle l’aidait à mélanger les ingrédients et tentait de reproduire ses gestes. C’est là que s’est développée une passion qui allait devenir une véritable vocation.
Cette passion est également partagée avec son frère, le Chef Hashmi Boodhoo, connu sous le nom de Hashmi Cuisine sur les réseaux. Durant le confinement lié à la pandémie, frère et sœur ont passé de nombreuses heures en cuisine à préparer des plats et à tester de nouvelles recettes. « Cette période nous a rapprochés encore plus, surtout dans ce domaine qui nous fascine tous les deux », raconte Haseenah.
C’est d’ailleurs Hashmi qui l’encourage à partager ses propres créations sur les réseaux sociaux. Si chacun a depuis développé son univers, la complicité demeure. « Nous continuons à nous soutenir et à nous encourager. Je suis heureuse que cette passion, née dans la cuisine de notre famille, nous ait permis de suivre chacun notre propre chemin. »
Entre tradition et créativité
Sur ses plateformes, Haseenah ne se limite pas à un type de cuisine. Plats traditionnels mauriciens, pâtisseries, desserts, recettes internationales ou créations revisitées : elle aime explorer différents univers. « J’aime montrer que la cuisine est un univers où la tradition et la créativité peuvent se rencontrer et évoluer côte à côte », explique-t-elle.
Parmi les recettes qui lui tiennent particulièrement à cœur figurent les « mines Mona », héritées de sa grand-mère maternelle. « Chaque fois que je la prépare, j’ai l’impression de faire revivre une partie de notre histoire. C’est aussi une façon pour moi de lui rendre hommage et de transmettre cette recette aux générations futures. »
Lorsqu’elle choisit une recette à publier, elle pense avant tout à ses followers. Elle privilégie des préparations réalisables avec des ingrédients faciles à trouver à Maurice. « Mon objectif est de donner envie de cuisiner. »
Faire vivre les recettes d’hier
La transmission occupe une place centrale dans sa démarche. Faratas feuilletés, halwa et autres préparations traditionnelles apparaissent ainsi dans ses vidéos, avec la volonté de préserver des savoir-faire qui risquent de disparaître au profit des produits industriels.
Pour Haseenah, ces recettes ont une valeur qui dépasse la simple gastronomie. « Chaque recette traditionnelle est liée, pour chaque Mauricien, à des souvenirs de famille ; elle nous rappelle notre enfance et les moments simples de nos vies. »
Les réseaux sociaux sont pour elle un moyen particulièrement efficace de transmettre cet héritage aux nouvelles générations. « Si, grâce à mes vidéos, ils apprennent à faire un farata, un halwa ou une autre spécialité mauricienne, alors j’aurai contribué, à ma manière, à faire vivre notre patrimoine culinaire », dit-elle.
Aujourd’hui, la cheffe souhaite poursuivre cette aventure en mettant toujours davantage en valeur la cuisine de son enfance et l’héritage transmis par ses parents et grands-parents. « En tant qu’enseignante, je veux également utiliser mon expérience pour encourager les jeunes à envisager la cuisine comme une véritable carrière », conclut-elle.
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