Après la dénonciation adressée à la Financial Crimes Commission (FCC), réclamant une enquête sur les visas accordés à l’épouse et au fils du Chairman de l’ICC, Shakeel Mohamed livre sa version des faits. Le ministre responsable du Hadj affirme que l’offre des deux visas émanait de l’ambassadeur d’Arabie saoudite et que Shamad Ayoob Saab avait ensuite refusé qu’ils soient prélevés sur cinq visas supplémentaires demandés par l’ICC. Selon lui, les deux visas ont finalement été annulés et n’ont « jamais été remis » aux proches du Chairman.
Le ministre Shakeel Mohamed explique qu’environ deux mois avant le Hadj, l’ambassadeur d’Arabie saoudite à Maurice est venu le rencontrer à son bureau. « Nous avons discuté de questions liées au Hadj », indique-t-il. Selon le ministre, l’ambassadeur lui a alors demandé de faire venir Shamad Ayoob Saab, ce qu’il a fait. « En ma présence, l’ambassadeur a informé le Chairman de l’ICC qu’il lui offrirait deux visas pour que son épouse et son fils puissent effectuer le Hadj cette année et lui a demandé de faire les demandes sur NUSUK. Cela devait être deux visas en dehors du quota de 1520 visas. Donc, le droit d’aucune personne sur la liste d’attente ne serait lésé », soutient-il.
Shakeel Mohamed précise que, selon les explications données lors de cette rencontre, l’offre était liée au départ à la retraite prochain de Shamad Ayoob Saab. « Il a ajouté qu’il offrait ces deux visas parce qu’il savait que Shamad Ayoob Saab prenait sa retraite cette année, aussi bien de la fonction publique que comme Chairman de l’ICC. »
Une demande de cinq visas supplémentaires
Le ministre affirme avoir ensuite été informé que l’ambassadeur avait suggéré à l’ICC de demander cinq visas supplémentaires. « Je suis informé que quelque temps plus tard, l’ambassadeur a suggéré à l’ICC de faire une demande de cinq visas additionnels puisqu’il avait des difficultés à obtenir les deux visas à travers NUSUK et que les deux seraient pris sur ces cinq visas additionnels », explique-t-il.
Shakeel Mohamed affirme que le Chairman n’était pas à Maurice au moment de cette démarche. « Shamad Ayoob Saab n’était pas à Maurice à ce moment-là. C’est Gaffoor Kassim qui a envoyé la lettre à l’ambassade saoudienne pour demander les cinq visas supplémentaires, comme cela avait été suggéré. Ce n’est pas Shamad Ayoob Saab qui a signé et envoyé la lettre », déclare le ministre.
« Il ne pouvait pas accepter »
Toujours selon Shakeel Mohamed, à son retour à Maurice, le Chairman de l’ICC est venu le rencontrer au sujet de ces visas. « À son retour à Maurice, Shamad Ayoob Saab est venu me voir et m’a demandé de parler à l’ambassadeur et de lui expliquer qu’il ne pouvait pas accepter les visas pour son épouse et son fils à partir des cinq visas supplémentaires accordés à l’ICC », affirme le ministre.
Il explique que la raison avancée était liée à la perception que pourrait susciter une telle attribution. « Cela aurait pu être perçu comme quelque chose de mauvais, contrairement à des visas séparés du système de l’ICC, comme NUSUK, ainsi qu’il avait été initialement proposé », poursuit-il.
Shakeel Mohamed indique avoir alors pris contact avec l’ambassadeur saoudien. « J’ai appelé Son Excellence et je l’ai informé de cette décision d’Ayoob Saab. »
Le ministre affirme que les visas n’ont finalement pas été utilisés. « Les visas ont été purement et simplement annulés et n’ont jamais été remis à l’épouse et au fils du Chairman », déclare-t-il.
Le directeur de l’ICC au courant
Dans sa réaction, Shakeel Mohamed fait également état d’une conversation qu’il dit avoir eue, une semaine auparavant, avec le directeur de l’ICC, Hisham Rojoa, au sujet « de certaines questions préoccupantes » qui lui auraient été rapportées et qui, selon lui, pourraient placer l’ICC « dans une position difficile ».
Selon Shakeel Mohamed, Hisham Rojoa lui aurait alors indiqué avoir été informé que l’affaire des visas allait être rendue publique. « En réponse à ce que je lui disais, il m’a dit qu’il avait été informé que l’information concernant les visas qui avaient été annulés et qui n’avaient pas été remis à l’épouse et au fils du Chairman était sortie et allait être publiée », affirme le ministre.
Shakeel Mohamed conclut sa réaction en dénonçant l’attitude de certaines personnes. « Pendant ce temps, certaines personnes agissent de manière lâche et mesquine. Comme d’habitude, certaines personnes essaient de marquer des points politiques sans connaître tous les faits », déclare-t-il.
Le ministre explique l’attribution des visas « Hajj Mission »
Le ministre responsable du Hadj, Shakeel Mohamed, justifie l’attribution de visas « Hajj Mission » à cinq opérateurs du pèlerinage par la nécessité de leur permettre de mieux encadrer les pèlerins. « C’est pour qu’ils puissent offrir un meilleur service aux pèlerins. Avec un visa ordinaire, à l’aéroport, ils sont traités comme de simples pèlerins. Ils doivent prendre place dans les autobus au lieu de pouvoir s’occuper des pèlerins », explique-t-il.
Le ministre assure toutefois que ces cinq organisateurs n’ont bénéficié d’aucune faveur financière du gouvernement mauricien. Selon lui, ils ont eux-mêmes pris en charge l’ensemble des frais liés à leur déplacement et à leur participation au Hadj.
Visas « Hajj Mission » : l’ICC désigné comme seule responsable
La Port-Louis Khidmat-ul-Muslimeen Society a réagi à un récent article de STAR concernant l’attribution à son président Khodabocus Abdool Raouf d’un visa relevant du quota « Hajj Mission ».
Dans une mise au point datée du 29 juillet 2026, l’organisation affirme avoir soumis des demandes uniquement en sa qualité d’opérateur et d’aide auprès de l’Islamic Cultural Centre (ICC).
« Notre rôle s’est limité à la soumission de ces demandes. Nous ne gérons pas, ne contrôlons pas et n’avons pas accès aux procédures internes ou aux systèmes administratifs de l’ICC », précise-t-elle.
La société soutient que le traitement et l’émission des visas relèvent exclusivement de l’ICC. Selon elle, toute question concernant leur attribution, leur administration ou leur délivrance doit donc être adressée à cette institution.
« L’ICC est la seule instance en mesure de fournir des informations faisant autorité sur cette question », indique la Port-Louis Khidmat-ul-Muslimeen Society.
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