Chaque année, la fête du Qurbani occupe une place importante dans la vie des musulmans à Maurice et à travers le monde.
Pour beaucoup de familles, c’est avant tout un moment de foi, de spiritualité et de partage. Car derrière le sacrifice accompli en mémoire du prophète Ibrahim (AS), il y a aussi un message profond d’obéissance à Allah et d’humilité. Mais cette période doit également être l’occasion de réfléchir collectivement à la manière dont cette fête est parfois vécue aujourd’hui à Maurice.
Récemment, lors d’une conférence de presse, le ministre Aadil Ameer Meea a tenu à rappeler publiquement que « le Qurbani est avant tout une fête religieuse » et non « une occasion de mettre de l’ambiance, de faire du bruit ou de transformer certains quartiers en lieux d’agitation ». Un appel lancé avec sincérité, notamment parce qu’il habite lui-même la région de Plaine-Verte, où chaque année, des appels au respect de l’animal sont lancés, mais qui, malheureusement, tombent souvent dans l’oreille de sourds. Un constat partagé par de nombreux citoyens qui, eux aussi, déplorent certains débordements mais peinent souvent à faire entendre leur voix.
Un appel au respect
Des messages qui méritent simplement d’être entendus et appliqués, comme l’a souligné le ministre Ameer Meea: « Le Qurbani est avant tout une fête religieuse et non une occasion de créer de l’ambiance ou de circuler bruyamment à moto. Je dis cela parce que j’habite Plaine-Verte où, malheureusement, ce genre de comportements existe parfois. Je tiens donc à lancer un appel afin que l’animal sacrificiel soit avant tout traité avec respect, conformément aux principes et aux valeurs de l’islam. Nous, les politiciens, ne mettons peut-être pas suffisamment l’accent sur cet aspect, contrairement aux religieux qui, année après année, expliquent longuement la manière appropriée d’accomplir le sacrifice d’Abraham. Il est donc extrêmement important de respecter l’animal, l’environnement ainsi que les normes de sécurité. Et si nécessaire, nous ferons en sorte que tout cela soit davantage encadré et réglementé à l’avenir. »
Compassion et miséricorde
Le respect de l’animal fait d’ailleurs pleinement partie des valeurs enseignées par l’islam. Le prophète Mohammed (pssl) était lui-même la personnification de la compassion. Il faisait preuve de miséricorde envers tous ceux qui l’entouraient : sa famille, ses amis, les orphelins, les étrangers, mais aussi envers les animaux et la nature. Il enseignait à ses fidèles que les animaux sont des créatures d’Allah et que leurs souffrances comme leurs sentiments doivent être pris en considération.
Plusieurs hadiths rappellent également que l’être humain a été établi sur Terre comme gardien de la création divine. Traiter les animaux avec bonté, dignité et compassion fait donc partie de ses responsabilités. Les paroles et le comportement du Prophète (SAW) démontrent clairement que faire souffrir physiquement ou mentalement une créature sans défense est contraire aux principes de l’islam et constitue une responsabilité dont l’homme devra répondre devant Allah.
Préserver notre image
Aadil Ameer Meea a, en effet, raison de le dire haut et fort. Car dans le passé, certains comportements liés au Qurbani ont contribué à donner une image négative de notre pays et de notre communauté. Des comportements irresponsables, dont certaines scènes ont malheureusement suffi à marquer les esprits, aussi bien à Maurice qu’à l’étranger. Aujourd’hui donc, chacun doit assumer ses responsabilités afin que cette fête soit vécue dans le respect qu’elle mérite.
Les parents ont aussi un rôle essentiel à jouer en sensibilisant leurs enfants et en leur rappelant que le Qurbani est avant tout un acte religieux profondément symbolique, qui demande calme et respect. L’animal doit se sentir apaisé et non effrayé par des comportements irresponsables et enfantins.
Le Qurbani n’est ni un spectacle, ni une compétition, encore moins une démonstration de force. Car au-delà du sacrifice lui-même, c’est aussi notre comportement qui reflète nos valeurs.
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