Friday , 15 May 2026

The Good, the Bad and the Ugly

Ainsi pourrait-on qualifier les commentaires qui fusent sur les réseaux sociaux.

Désormais, tout le monde a droit à la parole. Quasi-gratuitement. Et généralement de manière anonyme, sinon sans que son identité soit précisée, une personne a parfaitement le droit de dire tout ce qu’il veut. Comme il souhaite, à sa façon. Les modérateurs, lorsqu’ils existent, permettent la plupart des fois la libre expression sans aucun filtre. Et qui plus est, les « posts » s’affichent en temps réel, quitte à se demander si les gens ont le temps de réfléchir avant de se prononcer.

Et il n’y a pas de restriction aussi concernant les sujets abordés. Celui qui ne sait rien du tout a la même importance qu’un savant lorsqu’il commente sur internet. Il n’y a aucune loi qui empêche quelqu’un d’écrire s’il est sous une influence quelconque, que ce soit l’alcool, un problème psychiatrique ou même l’emprise d’une force occulte. Le lecteur inaverti ne verra pas la différence, car ce sera finalement un commentaire parmi d’autres. Ce qui n’empêche pas que certain « posts » impactent sur les échanges sur les réseaux sociaux plus que les autres. Pas toujours dans le bon sens. Sans mentionner qu’il y a aussi le phénomène de l’astro-surfing, ces faux profils qui inventent des commentaires biaisés pour manipuler l’opinion.

Good

Arrêtons-nous à un cas spécifique que nous avons témoigné la semaine écoulée : les interdictions dans l’espace public d’illuminations artificielles non-essentielles et autres panneaux publicitaires digitaux ou « bill-boards », qui sont alimentés à partir du réseau électrique nationale. Cette mesure aurait passé inaperçue s’il n’y avait pas les réseaux sociaux. En direct, les plateformes d’information numérique ont transmis les images de la toute première notice servie par les autorités pour ce type de gaspillage d’énergie au plus grand shopping-mall de l’océan Indien à Tribeca.

Immédiatement, les commentaires inondent sur les réseaux sociaux. Quelques-uns seulement peuvent être qualifiés de « positifs » dans les premières minutes, voire les premières heures. Ils viennent de gens qui ont un certain recul par rapport à toute la question, pour ne pas dire qui connaissent le sujet. Mais leurs « posts » sont noyés dans l’abondance de remarques de la part de ceux qui sont surpris, s’interrogent, doutent et particulièrement s’élèvent contre « encore une erreur » du gouvernement « dominer  ».

Mais ce qu’il y a de « good » viendra dans les heures suivantes où les réseaux sociaux afficheront le même centre commercial de Tribeca avec les lumières éteintes. Sans que cela n’affecte évidemment la sécurité que ce soit pour les magasins, les usagers ou le trafic. Certes, c’est mauvais pour les affaires de certains, particulièrement ceux qui abusent de la pub pour attirer les acheteurs. Mais en temps de crise énergétique, une telle mesure est pertinente. D’ailleurs, la preuve viendra le lendemain où d’autres bâtiments et infrastructures à l’instar de ceux de la SBM, de Metro Express ou… du CEB lui-même éteindront leurs panneaux illuminés non-indispensables. Une plateforme en ligne fera le tour de la capitale pour montrer le City Building en violation du règlement ; les commentaires exploseront instantanément mais rapidement la Mairie interviendra.

Bad

Ce qui est de l’ordre du « mauvais » est la désinformation que certains propagent, parfois disant tout ce qui leur passe à travers la tête. Aucune intelligence, sans retenue, voire point de conscience peut-être de la gravité de leurs propos. L’ignorance à son comble, mais sans aucune gêne. Ils ne le réalisent pas eux-mêmes, peut-être. L’humilité est souvent un bouclier contre les bêtises, mais beaucoup disent n’importe quoi, aussi car il y a un malin plaisir dans le fait de passer ainsi des commentaires les uns plus juteux que les autres sur internet.

Le blâme est probablement partagé comme il est évident que les autorités auraient pu mieux communiquer les règlements. Cependant est-ce pour autant que les gens doivent faire abstraction de toute pudeur dans le langage, de modération de leurs propos et d’esprit critique face à une situation inédite pour tous ? Par exemple, insinuer que ces interdictions concernent toute la population, y compris dans leurs maisons relève de l’intox, si ce n’est de la mauvaise foi. Avancer que ses mesures impactent sur le bien-être ou la qualité de vie serait aussi déplacé, car c’est une décision qui s’applique dans un contexte de crise seulement. « Bad » serait également l’idée qu’avec le solaire ces utilisations seraient alors absolument normales ; elles seraient légales mais pas trop judicieuses. Mauvais également serait de chercher à prolonger cette mesure d’économie d’énergie à d’autres secteurs comme le transport, car chaque secteur a sa propre réalité. Par exemple, nous ne pouvons pas compromettre la sécurité routière le soir au nom de la sobriété énergétique.

Ugly

Et il y a, enfin, ce qui est « ugly » comme commentaires. Comme lorsque certains « postent » que c’est un retour à la « bougie », une action rétrograde comme si le bonheur est à la hauteur de notre consommation d’électricité, pire son gaspillage. S’en prendre à l’officier qui ne fait que son travail en l’insultant sur les réseaux sociaux est également inadmissible. Accuser les autorités que les sanctions seront appliquées seulement sur certains et non d’autres, deux poids et deux mesures, est une imputation sérieuse, totalement infondée. S’il y a des failles ailleurs, il ne faut pas se douter de tout. En vérité, le but de la mesure est de mener les parties concernées à agir dans un délai de cinq jours en prenant des actions correctives. La législation doit agir comme « deterrent », décourager les habitudes énergivores dans des cas similaires mais aussi ailleurs, au-delà ce qui est couvert par les règlements fraichement introduits. Il est impossible d’avoir un officier dans chaque endroit pour veiller sur chaque panneau publicitaire ou espace public où il y a usage d’électricité.

« Ugly » notamment les jurons et autres expressions vulgaires qui accompagnent malheureusement les « comments ». Il faut les ignorer, éviter de les lire si possible. Pour ce qui est des « bad comments », il faut prendre certains avec une pincée de sel, car nous pourrons ainsi mieux comprendre comment mieux communiquer. Parfois, la solution serait simplement de les reformuler sous la forme de matières qui demandent à être clarifier. Par exemple, comment choisi-t-on un lieu où une descente serait nécessaire  ? Comment fera-t-on pour soutenir l’action des autorités dans le long terme  ? Comment faire évoluer les mentalités, car il ne suffit pas d’avertir, encore moins de sanctionner ?

Et il faut principalement retenir le « good », car tant d’internautes ont contribué à diminuer du gaspillage en indiquant les infractions qu’ils notent autour d’eux. Pas par méchanceté, jalousie, sentiment de supériorité ou cynisme, mais parce qu’ils veulent en tant que citoyens responsables que la sobriété énergétique soit une vraie culture. Mais « good » comprend aussi tous ceux qui ont agi diligemment quand ils ont été appelés à l’ordre. Non pas avec honte, mais convaincus que l’être humain n’est pas parfait, qu’il ne peut que s’élever avec dignité lorsqu’il apprend à mieux faire, à mieux être. Do better, be better

Par PROF. KHALIL ELAHEE

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