Le pouvoir rend-il fou ? C’est une impression que tant de gens ont vis-à-vis de certains dirigeants, particulièrement les archi-puissants dans le monde politique. « Donald Trump est fou » est une phrase que nous rencontrons venant même de la bouche des enfants, jusqu’à à la radio et autres médias en ligne en passant par les conversations que nous entendons dans notre quotidien. Plus ils se croient forts, plus se comportent-ils comme des fous.
ARROGANCE
Cette folie s’exprime le plus souvent par une arrogance qui dépasse toutes les limites, comme s’ils croient que le pouvoir est absolu et éternel. Même s’il ne s’agit pas là d’un trouble mental qui est reconnu médicalement, en tout cas aussi longtemps qu’aucun psychiatre n’ait eu la possibilité d’en faire le constat, le problème demeure entier. Au sens moral, éthique, psychologique, et si nous voulons aussi, religieux et spirituel, certains leaders assument un complexe de supériorité totalement exagéré quant à ce qu’ils sont en vérité. Avec un mépris insensé et sélectif pour des autres. Ils sont convaincus d’avoir toujours raison, ils ne se remettent jamais en question et ils n’écoutent pas, si ce n’est que ceux qui les confortent dans leurs obsessions folles. Coupés de la réalité, ils réagissent avec violence, parfois tyrannie, notamment par rapport à ceux qui sont vulnérables. Finalement, ils n’ont aucune lucidité, sont incapables de reconnaître leurs erreurs et s’enfoncent dans un processus où ils ont le cœur qui s’endurcit qu’à devenir aveugle.
Si quelques démocrates et autres aux USA s’interrogent si Trump est « mentally fit », son arrogance par contre ne souffre d’aucun doute. Il n’y a qu’à voir l’humiliation extrême qu’il fait subir à certaines journalistes pour se rendre à l’évidence que jamais dans l’histoire des nations dites « civilisées » n’a-t-on témoigné de telles dérives. Lorsqu’il menace d’exterminer une civilisation entière « to never be brought back again », il y a de quoi choquer même ses plus proches partisans. Tout au moins ceux qui ont un peu d’amour-propre. Et que se passe-t-il si le bouton qui peut déclencher une catastrophe nucléaire est laissé entre les mains d’un fou ? En 2021, il y avait même le Joint Chief of Staff, le général Milley, qui avait soulevé la possibilité de ne pas laisser à Trump seul la décision sur toute attaque nucléaire. Certains diront que le leader suprême nord-coréen a bien ce pouvoir. Or, le dernier n’est-il pas tout aussi dérangé que Trump ? Ils font preuve d’une surestime de soi qui poussent à la comparaison avec les Hitler, Pol Pot et autres pharaons de l’histoire.
Admettons que nous ayons affaire à un fou qui nous dirige. Mais ceux qui l’entourent, ne sont-ils pas des gens qui réfléchissent, et certains parmi eux des hommes d’honneur, de dignité et de courage ? On peut imaginer que ces leaders narcissiques ont des suiveurs qui ne cherchent qu’à défendre leurs propres intérêts égoïstes d’abord. Ceux-là ne le corrigeront jamais, mais diront « yes, sir » à toute chose. Cependant, qu’en est-il des autres comme ceux qui font partie de l’Establishment, les experts, les leaders d’opinion de société civile, les forces vives, les divers corps professionnels, l’armée par exemple par la voix des vétérans, les institutions religieuses et autres partenaires sociaux, y compris le secteur privé qui n’est pas exempt de responsabilité éthique, voire morale ? N’ont-ils pas le droit de simplement dire « NON » à la folie des dirigeants qui se croient au-dessus de tout ?
NON !
Le Pape Léon a fait ce que probablement personne au Vatican n’a osé jusqu’ici en mentionnant Trump spécifiquement dans une de ses déclarations récentes. Il a aussi ensuite condamné, car c’est le mot à utiliser même s’il ne le dit pas, la menace de Trump d’exterminer une civilisation, référence faite à l’Iran. D’ailleurs, un message du Président des USA, le dimanche de la Pâques, dans un langage ordurier termine par un « Praise be to Allah » avec une menace de plus vis-à-vis de l’Iran ! Apres le massacre de plus de 300 personnes au Liban par des attaques israéliennes après le « cessez-le-feu » agréé par les USA, le souverain pontife dénonce « une violence absurde et inhumaine…profanés par le blasphème de la guerre et la brutalité des intérêts mercantiles… ». Le Pentagone devait ensuite rencontrer le représentant du Pape suite à ces remarques.
Du général francais Yakovleff à l’ex-leader de l’opposition israélienne Tzipi Livni, sans oublier le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, et tant d’artistes engagés, y compris des vedettes hollywoodiennes, des voix se lèvent pour dire « NON » à Trump et ses alliés comme Netanyahu, pour ne pas dire ceux qui l’exploitent à leurs fins comme ce dernier. Que c’est alors écœurant de voir l’hypocrisie d’autres comme Emmanuel Macron qui ne peut qu’envoyer de l’aide humanitaire et sa sympathie quand le Liban est agressé à l’instant où les armes se taisent ailleurs, plus ou moins. Nul besoin de souligner aussi l’insignifiance du Secrétaire générale des Nations Unies, spécialement lorsque les Casques Bleus de l’organisation sont tués.
CONCLUSION
Terminons en évoquant le recul de Starmer devant Trump par rapport au Chagos. Malgré toute l’arrogance avec laquelle Trump le traite, le maltraite même, le Premier ministre britannique a fini par courber malgré tout ce qu’il clame comme son attachement au droit international. La République de Maurice est face à son destin. Il y a des préoccupations conjoncturelles comme la crise économique, mais il y a aussi ce que l’Histoire retiendra. Certes, Trump n’a pas appelé notre pays de « STUPID ISLAND », l’insulte tombant finalement sur un de ses adorateurs First Minister en exil auto-proclamé d’un îlot des Chagos. Mais insulte il y a, des décisions des instances de la justice internationale et des résolutions des Nations Unies soutenues par pratiquement la planète entière. Insulte arrogante de la part de Trump, mais maintenant notamment des colonisateurs britanniques de l’archipel des Chagos. C’est le moment au Premier ministre mauricien, Navinchandra Ramgoolam, de montrer ce dont il est capable, réussir là où Starmer a failli. Ce sera faire preuve d’une folie qui est tout sauf de l’arrogance : défendre notre souveraineté jusqu’au bout face à Trump.
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