jeudi , 17 octobre 2019
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Les proches de Swaley.
Les proches de Swaley.

La veuve de Swaleh Futta : «Tanveer ti vine manger kot nous jour Eid. Zordi li touy mo missié»

Abu Swaleh Futta, 54 ans, a été agressé mortellement dans l’après-midi du samedi 6 juillet à son domicile à Vallée-des-Prêtres. Ce père de famille laisse derrière lui, une veuve et quatre filles. Une semaine après cette tragique disparition, nous nous sommes rendus chez la famille Futta pour rencontrer son épouse et ses enfants.

L’atmosphère est lourde et la tristesse et l’affliction se lisent sur tous les visages. La mort violente et soudaine de Swaleh a été un véritable choc pour sa famille.

Au fond de la cour, un homme d’un âge avancé est assis sur une chaise et semble perdu dans ses pensées. Nous nous somme approchés et il s’est présenté à nous comme Hassen Goomany Futta, 83 ans, le père de la victime. « Mo pas oule croire ki sa banne criminels là fine prend la vie mo garçon  », dit-il.

Hassen Goomany Futta est père de 5 enfants, dont quatre fils et une fille, et est aussi grand-père de 15 petits-enfants et de 9 arrière petits-enfants. Il nous explique qu’avec la mort d’Abu il perd un deuxième fils. Pour lui, Abu a été pour lui a été un fils exceptionnel et exemplaire. Il n’a jamais manqué à  ses devoirs en tant que fils.  « Li même ti cuit mangé et chaque jour li bizin donne moi mo mangé et li assuré ki mo pas manque narien. Mo nepli capave ferme les yeux depi zot fine tire la vie mo garçon », affirme l’octogénaire.

Il nous apprend qu’Abu était Hafeez Quran et avait sa formation islamique au Pakistan sous la férule du Maulana Noorani. Par la suite, il a dirigé le Tarawih dans une mosquée. « Abu ene dimoune ki pas fer dimal ene mouche. Li ti calme et douss et bien jovial. Dernier fois mo trouve li samedi.  Mo atane li vini pou alle la foire Abercrombieet  après kot mo tifi.  Mo trouve li pe donne li chien manger. Mo badine avec li dire li to prend nous mange to donne chien errant. Li dire non papa tantot nous mange Briani. Sa même dernier fois mo trouve mo garçon vivant », nous dit-il.

Inconsolable

Taveer Toofany.
Taveer Toofany.

Nasreen, la veuve d’Abu, est inconsolable. Elle n’a pas de qualificatifs pour décrire son regretté époux.  « Il a été pour moi un époux et un père idéal. Nous comptons 25 ans de mariage et jamais nous avions manqué quoi ce soit avec lui. Même la veille de sa mort, les enfants ont voulu manger des crêpes dans la nuit. Il les avait même préparées et nous en a servies.  Les pâtes de crêpe qu’il avait préparés sont toujours là  », dit-elle.

Chaque matin c’était Abu qui préparait le petit déjeuner de son épouse et la servait dans son lit. « Il aimait bien faire la cuisine. Pendant le ramadan, il préparait le repas chaque jour pour la famille et aimait partager. L’un des plus beaux souvenirs que nous gardons d’Abu est le jour d’Eid-ul-Eid quand toute la famille était réunie. Mon époux était très heureux. La seule chose qui était importante pour lui était de voir sa famille heureuse », ajoute t-elle.

Tanveer Toofany, l’un des suspects, faisait le va-et-vient à la maison de la victime. Selon Nasreen, c’était lui qui venait livrer des volailles et passait récupérer l’argent. Toute la famille le connaît bien. « Jour Eid le 6 juin, Tanveer ti vine mange briani avec nous.  Li ti assise à coté mo missié ki ti pe servi li. Et ene mois après 6 juillet li touy mo missié. La loi bizin sans pitié pou zot sa »,  laisse entendre Nasreen.

Elle était dans la maison quand l’incident s’est produit. C’est sa fille aînée Elam qui a été un témoin oculaire de l’agression mortelle de son père.  « Kan li vine crié moi mo vini mo trouve zot fini batte Abu. Li ti enbas plein du sang avec li. Moi et Elam demande zot aide.  Nous fine supplié zot pou amène Abu l’hôpital.  Zot pousse nus are zot la main et zot sauvé zot allé », raconte-t-elle.

Depuis sa naissance jusqu’à la mort de son père, Elam était la prunelle des yeux de celui-ci et il l’appelait toujours « Baba ». Il accordait une grande importance à l’éducation de ses filles et  avait plein de projets pour l’avenir. Il attendait que ses filles terminent leurs études pour les emmener toutes à La Mecque. « Avec mon père nous n’avions jamais à nous plaindre. Tout ce qu’on désirait il nous offrait. Si dans la soirée on avait faim, il se levait pour préparer quelque chose à manger pour nous. D’ailleurs la veille de sa mort j’avais envie de mange une rougaille de poulet et ‘ti puris’. Il avait tout préparé. Ces criminels ont ôté la vie de notre ange-gardien. La vie ne va jamais  être pareille sans lui pour nous. Si seulement zot ti épargne la vie mo papa  », lance Elam.

«Nous souhaitions avoir une protection policière»

Pour rappel, Elam a  assisté à l’agression de son père  et est un témoin oculaire dans cette affaire. Ses proches souhaitent que la police place une sentinelle devant leur domicile ou envoie des patrouilles régulières chez eux chaque jour vu que des suspects sont toujours en cavale. « Nous lance ene appel au commissaire de police pou aide sa famille là.  Zot tout seul sans aucaine soutien ni sécurité de la police », fait ressortir un proche.

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