mercredi , 22 septembre 2021

Trois mois après leur mariage – Iqbal et Aaliyah Nunnoo séparés par la Covid-19

Testés positifs à la Covid-19 mais tous asymptomatiques, les Nunnoo de Surinam – une famille composée de douze personnes – ont été placés dans un centre de quarantaine. Iqbal Nunnoo, jeune marié de 28 ans, raconte l’expérience du Ramadan en quarantaine mais aussi la douloureuse séparation avec son épouse qui a été, elle, placée dans un autre établissement.

Bien qu’il a été testé positif et placé en quarantaine, Iqbal Nunnoo, opérateur dans le domaine de la construction, se dit bien décidé à ne manquer aucun jeûne du Ramadan. « Je ne souffre d’aucun symptôme. Je n’ai pas de médicament à prendre. Je dois juste attendre que je développe des anticorps. Du coup, je peux observer le jeûne », nous a déclaré cet habitant du sud qui a été placé dans un centre de quarantaine situé dans le nord du pays.

Une première pour ce jeune homme de 28 ans qui s’évertue toujours à s’adapter à cette situation inédite. Iqbal Nunnoo indique que les quelques inconvénients de la quarantaine sont les repas du quotidien, loin des plats faits maison, délicieux et copieux auxquels il avait l’habitude durant le Ramadan. « Fek la nu ti gagne briani. Li pa ceki ou cuit lacaz. Li ti imper fort. Pan capav manz boukou acoz lendemain bizin gard roza », fait-il ressortir.

Repas du sehri servi la veille

Si les autorités ont fait un effort pour les Mauriciens de foi musu lmane qui s ont a c t u e l l e m e nt e n quarantaine, ces derniers ne recevraient toutefois pas de sehri à proprement dit. « Le sehri nous est servi la veille au même moment que le dîner, soit aux alentours de 18h. Le premier jour, nous avons obtenu des ‘toasts’, du beurre, du fromage, du jus et des bananes », indique Iqbal Nunnoo. Il ne manque pas de souligner, avec humour, que les farata préparés à la maison ou encore les naan lui manquent.

Et pou r l’if t a a r, les ‘résidents’, comme ils sont appelés, peuvent faire une croix également sur les ‘samoussa’, ‘pâtés’, ‘cateless’ ou encore ‘alouda’. « On ne reçoit rien de tout cela, ici. L’iftaar est, en fait, notre repas du dîner. Nu cass roza avec ca meme », précise le jeune homme. Il confie avoir néanmoins pu faire des arrangements pour obtenir au moins des dattes pour la rupture du jeûne.

Séparé de son épouse

En sus d’avoir été testé positif à la Covid-19, Iqbal Nunnoo doit surmonter une toute autre épreuve. Le jeune homme s’est marié, il y a trois mois seulement. Une union qui s’est faite dans un contexte particulier. « Mon épouse, Aaliyah, a fait le choix d’embrasser l’Islam avant qu’on se marie et depuis, la relation entre ses proches et elle n’est pas au beau fixe. Je suis, depuis, son seul soutien », indique notre interlocuteur.

Sauf qu’Aaliyah figure p a r m i le s deux seul s membres de la famille qui ont été testés négatifs à la Covid-19. Elle a tout de même été placée en quarantaine mais dans un hôtel de l’est, loin de son époux. Une séparation que la jeune mariée vit difficilement. « Déjà, dès qu’elle a appris que j’étais positif, elle est tombée malade au point qu’elle a dû être admise à l’hôpital de Flacq où elle était sous perfusion pendant trois jours », indique Iqbal Nunnoo. Et d’ajouter : « Li pas capav reste tousel, li malade. Tous le zour mo bizin fer video call avec li, li gagne peur. Dayerr, mo bzin atane li dormi, lerla mo capav coupe telefonn », raconte-t-il.

Not r e i nt er lo c ut eu r concède que la situation est tout aussi compliquée pour lui. « Etant moi-même en quarantaine, je me sens impuissant. Si ce n’est de pouvoir lui parler pour lui remonter le moral chaque jour. Mo dir li mo pe demande duas pou nous zwen tre vit, pren enn ti pé patience, Allah grand, Li pou ouver nou simé », indique Iqbal Nunnoo.

Appel aux autorités

Iqbal Nunnoo nous apprend que ce vendredi 16 avril, son épouse doit subir un test PCR. « Si ses résultats sont toujours négatifs, elle sera peut être autorisée à partir. Sauf qu’elle n’a nul endroit où aller. Tou fami ki reste dans chemin cot moi dans quarantaine. Mo na pas capav laisse enn tifi tousel dans lacaz alors qui nous pas coner kan nou pou sorti. Et li pas possib pou li alle cot so fami non plus », souligne-t-il, précisant que son épouse ne détient pas non plus les clés de la maison.

D’où l’appel lancé par Iqbal Nunnoo pour qu’une solution soit trouvée. Le jeune homme suggère que si son épouse est autorisée à partir, qu’elle soit admise dans le même hôtel que la famille, mais dans une chambre séparée. « Dé ki ene fami cot moi sorti, li sorti ensam ek zot. Li pas enn problem si moi mo encor positif et ki mo bizin res encor », dit Iqbal Nunnoo à l’attention des autorités.

Le désir de célébrer Eid à la maison

Bien qu’en quarantaine, Iqbal Nunnoo soutient qu’il éprouve aucun problème à faire ses prières. « J’ai apporté un tapis de prière. Les prières sont accomplies dans la chambre, avec mon père et ma mère, car nous avons tous les trois été placés dans la même chambre. Les prières se font en jamaat, y compris le Taraweeh », dit-il.

Notre interlocuteur indique qu’il n’a qu’un souhait pour le moment : que la fête Eid-ul-fitr puisse être célébrée en famille à la maison. « Je prie pour que tout le monde soit testé négatif le plus rapidement possible, que nous puissions tous rentrer de sorte à pouvoir être chez nous, à la maison, pour les célébrations de la fête Eid », espère-t-il.

Pour rappel, Iqbal Nunnoo a été testé positif depuis le 1er avril dernier. Après un bref passage à l’hôpital, il a été placé dans un centre de quarantaine. C’est à la suite d’un exercice de Contact Tracing qu’Iqbal Nunnoo ainsi que toute sa famille, y compris plusieurs enfants, ont été testés positifs. Un proche, exerçant dans le domaine hospitalier, aurait à la base contracté le virus sur son lieu de travail. « Ils sont, par la grâce de Dieu, tous asymptomatiques, ne souffrent d’aucun symptôme et se portent bien », a tenu à préciser notre interlocuteur.

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