dimanche , 25 juillet 2021
Qurbani

Transport du bétail pour le qurbani : rallye interdit !

Le ton est donné. Les rallyes dans le cadre de la fête Eid-ul-Adha, soit les cortèges de véhicules qui suivent habituellement les camions transportant le bétail, ne seront plus tolérés. Les zones rouges seront particulièrement surveillées.

La police sera particulièrement intransigeante cette année face aux rallyes en marge du qurbani qui sera célébré le mercredi 21 juillet. La police veillera au grain dans les zones rouges, notamment à Plaine-Verte et Cité Martial où cette pratique perdure depuis maintenant plusieurs années. Dans une déclaration à STAR, l’Assistant Surintendant de Police (ASP) Bye Hassen Chady, basé au poste de police de Plaine-Verte, explique qu’un plan a été élaboré en ce sens.

La police, dit-il, assurera une présence dans ces régions à trois niveaux. L’objectif, explique-t-il, est d’atténuer ce phénomène de cortèges de motocyclettes suivant des camions qui transportent les bétails. Ainsi, à l’extérieur des zones rouges, ce sont les postes de police des régions respectives qui s’en chargeront. Aux abords des zones rouges, les accès seront contrôlés par les différentes unités qui y sont déjà postées, en l’occurrence la Special Mobile Force (SMF) et la Special Support Unit (SSU). « Elles veilleront à ce que seuls les camions transportant le bétail soient autorisés à entrer et sortir des zones rouges et non les cortèges », précise-t-il. Et à l’intérieur, l’ASP Chady indique que des Police Posts ont été aménagés, à l’instar de celui à l’école Jean Lebrun à Cité Martial. « Ces policiers, quant à eux, effectueront des patrouilles à l’intérieur des zones rouges », dit-il.

L’ASP Bye Hassen Chady souligne que la police sera intransigeante envers les contrevenants, surtout dans les zones rouges. « Si besoin est, nous n’hésiterons pas à verbaliser les contrevenants », prévient-il. Le haut gradé espère cependant obtenir la coopération de tout un chacun et souhaite que tout se fait dans la discipline et dans le respect des règles sanitaires et des gestes barrières. À cet effet, la police a mis en place un plan pour sensibiliser les habitants de Plaine-Verte, Cité Martial et Vallée-Pitot, en sillonnant notamment les rues de ces régions et en transmettant des messages via haut-parleur. « Nous bénéficions aussi pour cela de l’aide des forces vives de la région », affirme-t-il.

« Aucun rallye »

« Aucun rallye ni de rassemblement ne sera autorisé lors de la livraison des animaux », devait pour sa part faire ressortir le conseiller au bureau du Premier ministre, Dr Zouberr Joomaye. C’était lors de la conférence de presse de la National Communicaiton Committee (NCC), jeudi 15 juillet. Il venait d’annoncer que le qurbani sera autorisé dans les zones rouges sous certaines conditions.

Et à l’Assemblée nationale, mardi 13 juillet, lors de la tranche des questions réservées au Premier ministre (PMQT), Pravind Jugnauth a déclaré que cette pratique ne peut perdurer. « We cannot be doing what has been done in the past where so many people gather whenever the animal is being brought to a place (…) ». Il a ainsi appelé à la « collaboration, la coopération et la compréhension » du public tout en exhortant les parlementaires de sensibiliser les habitants de leur circonscription respective sur ce phénomène.

Qurbani en zones rouges

Rassemblements de 15 personnes uniquement

Les règles sanitaires seront strictes durant ces trois jours de la fête Eid-ul-Adha dans les zones rouges. C’est ce qu’a souligné le Dr Zouberr Joomaye lors de la conférence de presse de la National Communicaiton Committee (NCC), jeudi 15 juillet.

Ainsi, ceux qui se trouvent dans les zones rouges, ne seront pas autorisés à quitter la région pour aller effectuer des démarches pour récupérer l’animal. Le paiement des animaux devra se faire par virement bancaire. Autre option : une tierce personne, qui n’est pas dans une zone rouge, peut effectuer le paiement à leur place.

Les chauffeurs responsables de la livraison des animaux, le boucher et les « helpers » devront obligatoirement faire une demande pour l’obtention d’un « special permit » auprès de la police dans le cadre de la célébration de la fête Eid-ul-Adha. Ce précieux sésame sera valable pour la livraison du 18 au 22 juillet. « Sel mouvman an deor zonn rouz ek a linterieur zonn rouz ki pou posib se bann kamion ki pou vinn livre zanimo dan zonn rouz », a déclaré le Dr Zouberr Joomaye. Et de préciser : « La polis pou bien strik pou gete ki tou bann veyikil ki rant dan zon rouz ena permi pou rant dan zonn rouz », a-t-il souligné. Pas plus de cinq « helpers » seront autorisés sur un camion. Les camionneurs sont recommandés de recruter des « helpers » qui sont vaccinés. Par ailleurs, il a indiqué qu’il y aura un suivi au niveau du ministère de la Santé concernant le nombre de personnes qui entreront dans les zones rouges pour la livraison.

Et enfin, uniquement les rassemblements de 15 personnes, incluant l’Imam, la famille, le boucher, et ceux qui aideront dans le sacrifice d’Abraham, seront permis.

Cortèges de motocyclettes

Nissar Ramtoola lance un appel à la responsabilisation des parents

À trois jours de la fête de l’Eid-ul-Adha, le président de la Jummah Masjid, Nissar Ramtoola, met l’emphase sur le qurbani et le respect envers l’animal. « Le qurbani est un acte qui fait partie de notre ibâdaat. C’est un acte que notre Créateur aime beaucoup. On doit l’accomplir d’après les enseignements du notre Créateur et selon la façon dont le prophète Muhammad (pssl) nous a enseignée », dit-il.

Selon lui, le bon traitement de l’animal est un aspect important à prendre en considération. « La prise en charge de l’animal à sacrifier commence à partir de la livraison de l’animal sur le parc. L’embarquement doit se faire en douceur et la livraison chez la personne qui a acheté l’animal doit se faire dans des conditions bien définies. Tout cela doit se faire d’après des principes et dans un cadre islamique », fait-il ressortir. « Comme musulmans, nous savons combien d’emphase est mise sur le bon traitement de l’animal pour ne pas le faire souffrir. Il faut s’assurer que nos actes soient en conformité avec les principes islamiques », ajoute-t-il.

Nissar Ramtoola déplore le mauvais traitement infligé à l’animal à sacrifier par ignorance des principes islamiques. « Il est malheureux que parfois nous effrayons l’animal et nous le terrorisons sans nous rendre compte du mal qu’on lui fait. Les rallyes des motocyclettes et les défilés lors du transport de l’animal ne font pas partie des principes de notre religion », soutient-il. Il demande que le qurbani soit accompli selon les enseignements de l’islam. Aussi, il lance un appel aux jeunes et à la responsabilisation des parents pour mettre fin à ce « tamtam qui déshonore notre religion ».

Parallèlement, le président de la Jummah Masjid lance un appel aux transporteurs pour qu’ils s’assurent que l’animal soit embarqué avec douceur et avec tendresse pour éviter qu’il ne se blesse « car un animal est aussi une créature d’Allah ». « Tout au long du qurbani, il faut appliquer la charia et la sunna du prophète Muhammad (pssl) et si nous respectons ces conditions, Allah enverra Ses bénédictions sur nous », dit-il encore. « Je prie pour que la fête de l’Eid-ul-Adha se passe dans les meilleures conditions et que le qurbani soit accompli d’après les enseignements des hadiths et d’après notre religion», conclut-il

Qurbani en zones rouges

Une seule annulation chez Neel Agro/Master Breeders

À l’annonce de l’instauration de la zone rouge à Terre-Rouge, suivie de Vallée-des-Prêtres, Plaine-Verte et Cité Martial, une quinzaine de clients qui avaient déjà réservé une tête de bétail dans le cadre du Qurbani avaient exprimé « des doutes ». C’est ce qu’indique Zakariia Jeeva, directeur de Neel Agro/Master Breeders.

Toutefois, l’instauration de zones rouges dans plusieurs régions à Port-Louis n’a nullement impacté les ventes de la compagnie importatrice de bétail. Zakariia Jeeva concède qu’une quinzaine de clients ont toutefois appelé. « Ils étaient inquiets, car aucune solution n’avait alors encore été annoncée pour le qurbani en zones rouges. Mais suivant l’annonce du gouvernement jeudi, avec notamment l’octroi de permis aux camionneurs et aux bouchers, ils ont été soulagés et ont maintenu leur commande », dit-il. Le directeur soutient néanmoins avoir eu une annulation. « Il s’agit d’un client qui a été placé en quarantaine », devait-il toutefois préciser.

À quelques jours seulement du Bakr’Eid, Master Breeders met les bouchées doubles afin que ses quelque 900 têtes de bétail vendues dans le cadre de cette fête puissent être livrées à leurs clients respectifs dans les meilleures conditions. L’exercice de pesage s’est tenu jeudi et vendredi, lequel était diffusé en direct sur YouTube. Le paiement se fait depuis jeudi et la livraison débutera à partir de ce dimanche 18 juillet.

Aucune annulation chez Socovia

Par ailleurs, selon un porte-parole de la ferme Socovia, située à Saint-Martin, les livraisons seront faites à partir de ce dimanche à 9h et ce jusqu’à fort tard dans la soirée. Cette année, 4600 têtes de bétail ont été importées de l’Afrique du Sud. Notre interlocuteur précise qu’après les quelques annulations en début de semaine en raison de l’instauration des zones rouges, tout est entré dans l’ordre et les clients sont retournés pour confirmer leurs réservations et ont déjà fait le paiement nécessaire après l’annonce du gouvernement, jeudi soir.

En ce qui concerne l’âge de l’animal qui doit obligatoirement être de deux ans, le porte-parole assure les consommateurs que tous les animaux importés ont l’âge requis pour le qurbani. Il indique aussi que le personnel du ministère du Commerce et celui du service vétérinaire du ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire seront présents lors du pesage et le nombre d’animaux ainsi leur poids seront enregistrés dans un registre du ministère de Commerce. « Il est obligatoire de faire publier dans un journal le nombre d’animaux pesés et leur poids », dit-il.

Il fait ressortir par ailleurs qu’une lettre a été adressée au commissaire de police pour demander la présence des membres de la Special Support (SSU) Unit les jours de la livraison pour assurer la sécurité, faciliter la circulation automobile, empêcher tout attroupement sur la route menant au parc et pour veiller à ce que les gens respectent la distanciation sociale et le port du masque. « Tout écart de langage des camionneurs lors de la livraison sera sanctionné par la police », a-t-il ajouté.

En ce qui concerne les personnes qui sont en zone rouge et qui ont déjà réservé un animal, les camionneurs munis d’un permis spécial procèderont à la livraison à leur domicile selon les arrangements faits avec ceux-ci. D’autre part, le porte-parole tient à préciser que tous les directeurs et les employés du parc Sovovia sont vaccinés contre la Covid-19.

Qurbani interdit au Cachemire indien

Une vague d’indignation secoue le Cachemire sous contrôle indien après que les autorités ont interdit vendredi le sacrifice d’animaux pendant la fête de l’Eid-ul-Adha.

Les musulmans constituent plus de 70 pour cent de la population du Cachemire. Mais l’administration locale a ordonné, jeudi, une « interdiction des abattages ou des sacrifices illégaux de vaches ou de veaux, de chameaux et d’autres animaux », mettant en garde contre « des mesures strictes contre les contrevenants violant les lois sur le bien-être des animaux ».

Les Cachemiris disent qu’ils voient l’interdiction, précédant la deuxième fête musulmane la plus importante, comme une autre initiative de l’Inde visant leur identité. « L’ordonnance va à l’encontre de l’article 14 de la Constitution indienne qui garantit l’égalité de traitement, ainsi que des articles 25 et 26 qui garantissent la liberté des pratiques religieuses », a déclaré à Arab News l’avocat des droits humains de Srinagar, Habeel Iqbal. « Cet ordre cible une communauté particulière et est donc mauvais en droit. »

D’autres voient également l’interdiction comme une attaque contre la liberté religieuse au Cachemire. « Il s’agit d’un programme communautaire du gouvernement hindou de droite qui prive les musulmans, qui sont une minorité en Inde, même de leurs droits fondamentaux à la liberté de religion », a déclaré Majid Hyderi, journaliste et analyste politique à Srinagar.

L’interdiction fait suite à une série de réglementations ciblant la population autochtone de la région qui, jusqu’en août 2019, était le seul État indien à majorité musulmane. Au cours de ce mois, le gouvernement indien du parti Bharatiya Janata (BJP) a abrogé les articles 370 et 35A de la constitution du pays, qui accordaient un statut autonome spécial au Cachemire, et a supprimé son statut d’État en le divisant en deux unités administrées par le gouvernement fédéral.

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