jeudi , 21 novembre 2019
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SAHMOOD HISAINDEE

Sahmood Hisaindee, facteur retraité : 43 ans dans le service postal

Le nonagénaire Sahmood Hisaindee est une figure incontournable dans sa région. Cet habitant de Hisaindee Lane à Eau Coulée, a toujours été à l’écoute de tous ceux qui faisaient appel à lui. Il a été Iman bénévole  et a eu une carrière enrichissante de 43 ans dans le service postal. C’est sa foi en son Créateur qui lui donne l’énergie nécessaire pour faire ses namaz et le garde en bonne santé.  

Il nous raconte : « J’ai pris mon premier emploi à la poste de Curepipe comme « Dayman Telegraph Messenger ». C’était en 1945, sans recevoir aucun salaire, sauf dans le cas où un facteur ou un Telegraph messenger s’absentait du travail, je recevais alors 50 sous par jour comme remplaçant. Je ne me décourageais pas car j’aimais le travail. Après une année, c’est-à-dire en 1946, j’obtiens ma nomination comme Telegraph messenger pour un salaire mensuel de Rs 15. » Tout heureux, il met tout son cœur dans son travail et ses efforts vont être récompensés trois ans après, il devient « Acting Postman » affecté à la poste de Chemin-Grenier. Le 1er février 1950, il reçoit sa nomination comme « Postman » avec le double de son salaire et perçoit Rs 35. chaque mois. Peu de temps après, il bouge pour la poste de Forest-Side mais n’y reste pas longtemps. On lui demande alors d’aller travailler à Terre-Rouge. Pour cela, il doit voyager par le bus, de Curepipe à Port-Louis, et payer 30 sous le trajet. Et il fait le trajet Port-Louis/Terre-Rouge à bicyclette. Il a fait ce trajet pendant 8 ans avant d’être transféré à Vacoas. Il y passera ses plus longues années dans le service postal, de 1958 à1988.

Durant son service à la poste de Vacoas, il est promu pour travailler au bureau comme « Walk Sorter ». Après 2 ans, le 1er mars 1979, il est nommé « Postman Higher Grade ». Et 9 ans après, il est enfin nommé « Inspector of Postmen ». L’année suivante, c’est-à-dire le 29 juillet 1989, il tire sa révérence. Il sera toutefois récompensé pour son long service et en 1990, il est décoré par le gouvernement de Maurice et le titre de « Impérial Service Medal » (ISM) lui est conféré.

Aujourd’hui à la retraite, il vit toujours avec le souvenir de ceux qu’il a côtoyés et se rappelle encore de T. Callychurn, Lan Kin Son, Rashid Dargahee. G. Gheetamun, R. Cootoopermal, Sylvio Figon, Alex Toussaint, Aboo Roojee, tous décédés. Et de Monaff Raymode, Ismael Ghanty, Mohamed Ally Sahebdin, Amine Bundhoo, Fazal Soobhany, Issop Soomauroo, entres autres.

A-t-il un conseil pour nos jeunes ? « Ne quittez jamais le chemin d’Allah, et la prière est la meilleure récompense d’Allah. Celui qui, le matin, accomplit le namaz Fajr sera toujours en bonne santé et celui qui accomplira les 5 namaz quotidiens aura la bénédiction d’Allah sur lui. Un enfant a le devoir de respecter ses parents. Allah sait mieux que nous en toute chose. »

Profil

SAHMOOD HISAINDEE
Aujourd’hui à la retraite, il vit toujours avec le souvenir de ce métier.

Bhai Sahmood est le cadet d’une lignée de 9 enfants. Son père, Issah Meeah, était chauffeur, et sa mère, Kathoon Soobhany, femme au foyer. Bhai Sahmood a travaillé pendant 43 ans dans le service postal où il a côtoyé des milliers des gens de différentes cultures. «Les gens avaient, à cette époque, une autre mentalité qu’on ne trouve plus de nos jours. Il y avait le respect mutuel et la couleur de la peau et la religion ne faisaient aucune différence», nous raconte-t-il. Il se remémore avec nostalgie les années 1945. «Le pain se vendait à 1 sou, un autre pain à 2 sous et à 3 sous l’unité, et 5 livres de poisson à Rs 1, le demi-kilo de viande de bœuf avec os se vendait à 35 sous, 50 sous sans os, et 70 sous le filet », dit-il.

Bhai Sahmood a fréquenté l’école RCA St. Esprit d’Eau Coulée jusqu’à la 5è, ensuite l’école St Jean Bosco de Curepipe-Road où il a terminé sa 6è et décroché son Primary School Leaving Certificate.

Pratiquant, Bhai Sahmood ne rate jamais ses prières. Il profite de ses dimanches libres pour aller visiter et accomplir ses namaz dans une mosquée dans une différente région de l’île. Il est un mouride du Maulana Abdul Aleem Siddiqui (RA). « Et j’ai eu la chance de faire mon premier Kamat namaz derrière le Maulana. » Il a tenu à remercier d’une part, Mahmad et Bibi Mittoo du BM Bookcentre de Curepipe-Road, pour avoir publié un livre sur le Maulana Abdul Aleem Siddiqui (RA) et d’autre part, l’auteur du livre, Dr Ibrahim Alladin.

Bhai Sahmood a accompli le hadj en 1973 avec son épouse Bibi Rabeya Mannoa (marhoom) quand le billet d’avion ne coûtait que Rs 1 000. Ils ont 5 enfants, 19 petits-enfants et 3 arrière-petits-enfants.

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