lundi , 1 juin 2020
Noorshaba Jamalsha

Elle marche sur les genoux : Noorshaba Jamalsha,5 ans, pas acceptée par les écoles

Souffrant d’un handicap qui l’empêche de se tenir sur les jambes, Noorshaba Jamalsha,5 ans, se retrouve sans école. Blessés, les parents gardent quand même espoir qu’elle guérira. C’est une mignonne petite fille de cinq ans qui souffre depuis sa naissance d’un handicap qui l’empêche de marcher comme tous les enfants de son âge. Elle se déplace ainsi sur ses genoux puisqu’elle n’arrive pas à se tenir en position débout malgré les multiples tentatives des médecins mauriciens.

Très intelligente, Noorshaba n’a jamais été scolarisée en dépit de toutes les démarches de ses parents. Toutes les écoles à Rose-Hill ont refusé de l’inscrire sans toutefois donner de raison valable. Son père, Ally, et sa mère, Nazima, ont en effet fait le tour de toutes les écoles pour supplier les directeurs de donner une chance à leur enfant mais sans succès . La maman de Noorshaba ne désespère pas pour autant. Avec détermination, elle interpelle les autorités, surtout la ministre de l’Éducation qui tarde à agir et n’a rien fait pour tous ces enfants qui sont dans le même cas que sa fille. Deux questions lui trottent dans la tête. D’abord, elle se demande pourquoi le ministère de la Sécurité Sociale n’a jamais délégué personne pour connaître les besoins de son enfant. Et ensuite, pour quelle raison un psychologue n’est jamais venu chez elle pour voir dans quel état d’esprit est sa fille qui a l’âge d’être scolarisée. « Ti bizin avoye ène professeur 3 fois la semaine pou vinne à domicile pou aide banne zenfant ki pas fréquente l’école, » dit-elle.

Souffrir en silence

Au bord de larmes, la mère de la petite fille nous explique qu’elle souffre en silence. Comme toutes les mamans, elle guette avec impatience les premiers pas de sa fille, mais hélas ! Noorshaba ne marchera pas comme les autres enfants. Le plus dur pour elle c’est quand sa fille lui demande en voyant ses cousines aller à l’école: « Mama ki faire mo pas alle l’école et quand mo pou capave jouer avec camarade dans la cour ?» Des questions qui font mal à la mère car elle ne sait quoi lui répondre. Elle nous indique que Noorshaba est venue au monde prématurément et qu’elle a été placée dans un incubateur pendant des semaines.

 «Mama ki faire mo pas alle l’école et quand mo pou capave jouer avec camarade dans la cour ?»

Neuf mois après la naissance de Noorshaba, le Dr Abdool, pédiatre, avait fait s’asseoir l’enfant et avait ordonné un scan avant de l’envoyer faire une thérapie occupationnelle. Les parents de Noorshaba remercient le pédiatre pour sa bonté et son humanisme. Cependant, les années sont passées sans que l’enfant ait pu se mettre debout. Elle marche sur les genoux dans la maison et elle a assez de forces pour s’appuyer sur les jambes pour grimper sur une chaise.

Des parents impuissants

En outre, ses déplacements à l’hôpital et chez un médecin du privé plombent le budget familial. À chaque visite chez le médecin, les parents doivent trouver Rs 5000. Par obligation, son père a contracté un prêt auprès d’une banque pour s’acheter une voiture afin de transporter sa fille à l’hôpital et chez les thérapeutes. « Mo obliger trouve Rs 5000 chaque mois pou paye loan la banque, » laisse-t-il entendre.

Se sentant impuissants, les parents de Noorshaba taisent quand même leur souffrance. Forte dans sa tête et infatigable, Nazima accepte le handicap de sa fille et veille sur elle matin et soir. La nuit venue, elle ne dort que d’un œil. Parfois elle surveille même sa respiration. Nazima regrette qu’il n’y ait aucune intervention des autorités concernées afin d’alléger un tant soit peu le quotidien des enfants handicapés. Nazima et Ally sont blessés par le regard dur de la société sur le handicap de leur enfant . « C’est blessant et cruel, » nous dit Ally.

Intervention chirurgicale

C’est une maman désespérée qui s’est adressée à nous . Pour Nazima, il y a urgence pour que sa fille trouve une place dans une école de sa localité. En attendant, Ally et Nazima explorent les possibilités d’une intervention chirurgicale pour leur fille dans un hôpital spécialisé en Inde. Les parents souhaitent ardemment qu’un jour Noorshaba puisse marcher et gambader en plein air comme tous les enfants. « Mo demande mo banne frère et sœur ki dans mois ramadan demande duah au Créateur pour ki nous zenfant capave marcher ène jour. Allah éna le pouvoir pou faire miracle, » ajoute Nazima.

Avant de s’en aller, Noorshaba nous envoie un bisou et ne nous quitte pas du regard. Regard innocent d’une enfant qui n’a pas encore la capacité de se tenir en position debout avec un pied avant l’autre et qui ne sait pas qu’elle souffre à cause de l’égoïsme et du manque de compassion de ses semblables. Un proverbe arabe nous vient alors à l’esprit : « L’odeur de l’enfant vient du paradis et un foyer sans enfant est comme un ciel sans étoiles. »

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