Pour sa première célébration de l’Eid-ul-Fitr à Maurice, le Haut-commissaire de la République islamique du Pakistan, Syed Zahid Raza, livre un témoignage empreint de sincérité. Entre souvenirs de Lahore et découvertes culinaires mauriciennes, il évoque avec chaleur son expérience du mois béni de Ramadan dans une société pluraliste et respectueuse, qui l’a profondément touché.
Installé depuis quelques mois dans l’île, le Haut-commissaire du Pakistan n’a pas eu à forcer son adaptation à son nouvel environnement. « C’était notre premier Ramazan à Maurice, explique-t-il, visiblement reconnaissant. Contrairement aux pays où j’ai exercé précédemment, avec des jeûnes de 17 ou 18 heures, ici le jeûne dure environ 14 heures. Avec un climat agréable, c’était une expérience plaisante. » Son Excellence, Syed Zahid Raza, ajoute, avec une touche de nostalgie : « Entendre l’appel à la prière depuis les mosquées, ou encore la sirène pour signaler la rupture du jeûne, nous a rappelé le Pakistan. »
Mais au-delà de ces repères familiers, c’est surtout la société mauricienne qui l’a impressionné. « Nous avons vu beaucoup de gestes de charité pendant Ramazan. Les programmes d’Iftar interreligieux montrent à quel point la culture mauricienne repose sur la tolérance et la coexistence pacifique », souligne-t-il.
Cette diversité respectueuse s’est aussi manifestée dans le quotidien familial. « Ce ne fut pas difficile pour moi et ma famille de nous adapter au Ramadan à Maurice. Les gens respectent votre pratique. Mes filles ont même été soutenues dans leurs écoles pendant leur jeûne », témoigne-t-il avec gratitude.
Une foi discrète mais profonde
Interrogé sur ce qu’il a préféré durant le mois sacré à Maurice, le Haut-commissaire ne cache pas son admiration pour l’esprit de communauté : « Les gens cherchent à se rapprocher les uns des autres et à adopter leur meilleur comportement pendant Ramazan. Il y a un véritable élan de générosité et de paix. » Il salue également la simplicité des pratiques religieuses : « J’ai remarqué que la plupart des Mauriciens rompent le jeûne à la maison. Il n’y a pas de fastes inutiles. C’est une foi discrète mais authentique. »
Et dans son immersion dans la culture locale, le diplomate s’est également laissé séduire par la gastronomie. « Nous avons goûté à quelques plats mauriciens pendant Ramazan. J’ai beaucoup aimé les gâteaux piments, les bhajias et les petits samoussas au poulet. »
Un mois de solidarité avec Gaza
Plus encore que la nourriture ou l’ambiance, c’est l’engagement spirituel de la communauté musulmane mauricienne qui l’a marqué : « Ramazan a certainement été une occasion de rencontrer de nombreuses nouvelles personnes issues de la communauté musulmane. Presque tous jeûnent pendant ce mois, y compris les enfants. Les gens fréquentent assidûment les mosquées pour les prières et les Iftars collectifs. J’ai remarqué que la plupart préfèrent rompre le jeûne à la maison. J’ai apprécié le fait qu’il n’y ait pas de grandes réceptions somptueuses pour l’Iftar. »
Son Excellence observe que toutes les communautés ethniques et religieuses respectent ce mois béni, notamment lorsqu’elles sont en présence de musulmans. Il a aussi observé que des prières spéciales étaient faites dans les mosquées pour Gaza et que des fonds étaient collectés pour soutenir les Palestiniens. « C’est cela que demande Ramazan : penser aux souffrances des autres et leur venir en aide en ces temps difficiles. J’ai aussi remarqué que les musulmans consacrent leur temps libre à la récitation du Quran. Il y a une grande importance accordée aux prières de Taraweeh », fait-il ressortir.
Eid en toute simplicité
À la veille de l’Eid-ul-Fitr, les préparatifs vont bon train dans la résidence du Haut-commissaire. « Comme partout dans le monde musulman, la prière de l’Eid est le moment central. » Ses enfants, eux, attendent déjà leur moment de joie : « Mes trois filles se préparent avec leurs vêtements neufs. Mon épouse cuisinera quelques plats spéciaux que nous partagerons avec les voisins. »
Le Haut-commissaire Pakistanais prévoit aussi de passer beaucoup de temps à répondre aux messages de vœux sur WhatsApp. « Nous ferons des appels vidéo avec notre famille à Lahore, en particulier avec ma mère », ajoute-t-il.
Bien qu’éloigné de ses racines, il tient à perpétuer une tradition chère au Pakistan : « Ce sera notre premier Eid ici. Je pense que Maurice et le Pakistan ont des traditions assez similaires à cette occasion. Une tradition que nous avons au Pakistan est de donner de l’argent (Eidi) aux enfants, offert par les aînés le jour de l’Eid. Cela rend la fête encore plus joyeuse pour les enfants. »
Un message de paix et de fraternité
À l’attention de la communauté musulmane de Maurice, S.E. Syed Zahid Raza adresse un message empreint de spiritualité : « Je tiens à féliciter mes frères et sœurs musulmans à l’occasion de l’Eid-ul-Fitr. Je prie pour que vos jeûnes et vos efforts afin d’obtenir les bénédictions du Ramazan soient acceptés par Allah. L’Eid est un moment de joie et de gratitude envers le Tout-Puissant pour ses bienfaits, en particulier durant le mois de Ramazan. Nous ne devons pas oublier les pauvres et les nécessiteux dans nos instants de bonheur et faire autant de dons que possible. »
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