lundi , 30 mars 2020
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Sharfaa Muthy
Sharfaa Muthy

L’amendment de la loi sur la citoyenneté en Inde : Sharfaa Muthy a participé à une manifestation à Mumbai

L’amendement de la loi sur la citoyenneté, Citizenship Amendement Act (CAA), a déclenché une vague de protestations en Inde.

Notre compatriote, Sharfaa Muthy, 23 ans, partie en vacances le 27 décembre 2019 dans la Grande Péninsule était en première ligne lors d’une manifestation le 4 janvier 2020 à Mumbai sur la place «Gateway of India» à côté de l’hôtel Taj . Plus de 5000 manifestants de la société civile étaient descendus dans la rue pour protester contre les agressions sur des étudiants de l’université Jawaharlal Nehru à Delhi par des dizaines d’hommes masqués proches d’un syndicat d’étudiants allié du Bharatya Janata Party (BJP) de Narendra Modi.

Risque d’être agressée

Sharfaa Muthy nous explique qu’elle devait se rendre à Delhi mais qu’on lui avait conseillé de ne pas s’y aventurer au risque d’être agressée par des bandits. Elle indique qu’elle suivait la polémique depuis l’adoption de cette loi discriminatoire qui permet aux minorités religieuses non musulmanes d’Aghanistan, du Pakistan et du Bangladesh d’obtenir plus facilement la nationalité indienne. Par contre les musulmans devaient prouver par un document en date de plus de 60 ans qu’il sont des Indiens à part entière. S’ils n’arrivent pas à se procurer ce document ils risquent d’être envoyés dans un camp de détention. « Mo pas capave accepter discrimination contre éne banne dimoune ki vive dans la paix dans ène pays composé de plusieurs nationalités », dit-elle.

Sharfaa Muthy était au courant que des étudiants de l’université, qui avaient protesté contre le Citizens Amendement Act à Delhi ,avaient été agressées par des étudiants de l’organisation des étudiants du (ABVP) l’aile jeune du Bharatya Janata Party. « Zotte fine rentre dans l’université zotte fine batte banne filles et garçons et la police fine débouté zotte pas fine intervenir », dit-elle. En effet, des dizaines d’hommes masqués avaient pris d’assaut la prestigieuse université, attaquant des étudiants et des professeurs avec des tiges et des briques, vandalisant des dortoirs et blessant au moins 42 personnes, dont certaines gravement, ont déclaré des responsables. Suite à cela plus de 5000 personnes, toutes confessions religieuses confondues, ont organisé une manifestation à Mumbai pour dénoncer l’attaque contre les étudiants. Sharfaa laisse entendre qu’elle ne pouvait pas rester insensible et se croiser les bras sans rien faire.

Léthargie de la police

« Li pas dans mo tempérament pou reste tranquille contre l’injustice. Demain n’importe cotte éna injustice dans le monde mo pou lève la voix», dit-elle encore. Elle précise qu’elle n’a rien contre le gouvernement de Narendra Modi mais qu’elle est contre les agressions sur les minorités et surtout contre la léthargie de la police de Delhi qui a assisté à l’attaque sur les étudiants dans l’enceinte de l’université.

Ce jour-là, accompagnée d’amies de plusieurs pays, elle s’est rendue sur la place Gateway of India munie d’une pancarte et d’un drapeau de l’Inde. « Mo fine lève pavillon l’Inde pou montré ki sa pays-là li ène pays de liberté et ène pays séculaire», fait-elle ressortir.

Les manifestants, encadrés par la police de Mumbai, sont restés sur place pendant 24 heures en scandant des slogans et faisaient entendre leurs voix en entonnant des chants patriotiques. « Ti éna ène la foule monstre ki ti pe manifesté dans l’ordre», souligne-t-elle.

Avant le début de la manifestation, le chef de file de l’organisation a demandé aux manifestants de ne pas consommer des gâteaux sucrés ni de viande en signe de solidarité avec les musulmans.
« Mo ti senti moi fière comme ène Mauricienne ki pe lève drapeau l’Inde et mo pe faire tanne mo la voix pou ène cause juste », se réjouit-elle.

Dans la foule il y avait des hommes, des femmes et des jeunes professionnels qui scandaient des slogans contre l’amendement de la loi sur la citoyenneté. Sharfaa dit être restée 24 heures sur place. « Ti éna ène bon l’ambiance et ène grand solidarité entre banne manifestants. Mo ti parmi banne filles et garçons par devant et mo pas ti senti moi en danger à aucun moment  », ajoute-t-elle.

Avec le drapeau indien

Sharfaa fait ressortir que les jeunes Indiens été surpris de voir une étrangère soulevant le drapeau de l’Inde. Elle dit avoir passé la nuit sur place en bavardant avec les manifestants. À aucun moment la police de Mumbai n’est intervenue pour disperser la foule. Sharfaa a fait comprendre aux manifestants que sa présence parmi eux était un signe de solidarité en faveur de la minorité musulmane. « Mo banne grands-parents sorti dans le sud de l’inde et zotte victime sa la loi la », leur a-t-elle dit.

Sharfaa est retournée au pays vendredi mais elle a gardé contact avec le groupe qui a organisé la manifestation. « Mo pe suive la situation et mo pou sensibilise le monde entier à travers réseaux sociaux lors ceki pe passer dans l’Inde », assure-t-elle.

Sharfaa est la fille de Salim Muthy, président du Front Commun Travayer Social.

Situation des musulmans en Inde

L’intervention de Pravind Jugnauth auprès de son homologue indien réclamée

Mettre un terme au mauvais traitement de milliers d’Indiens, dont la plupart sont issus de la communauté musulmane. C’est en somme le message que la Sunniy Ulama and Aimmah Council (SUAC) demande au Premier ministre, Pravind Jugnauth, de transmettre à son homologue indien, Narendra Modi.

Une requête faite par le biais d’une lettre datée du vendredi 10 janvier 2019 dans laquelle la Sunniy Ulama and Aimmah Council attire l’attention de Pravind Jugnauth sur ce qu’il considère de « catastrophic human situation » prévalant actuellement en Inde. Une situation face à laquelle les représentants de SUAC indiquent qu’ils ne peuvent se taire.

La Sunniy Ulama and Aimmah Council avance que Maurice et l’Inde partagent les mêmes valeurs portant sur une société paisible, multiculturelle et multiethnique où chacun a la liberté de pratiquer sa religion. Des valeurs qui toutefois seraient en train de s’effriter, selon le SUAC. « (…) today, India is losing this core value of its living democracy to which the world used to admire. Thousands of people, mostly from the Muslim community are suffering on a daily basis, without any help from the Government of India », déplorent-ils.

Ces derniers sont d’avis que Maurice en tant que « respected democracy » ne peut être témoin des « unfair and arbitrary actions happening in the so-called world largest democratic country, while we continue to hold hands with them ». Ainsi, tout en rappelant que les ancêtres de la majorité des Mauriciens sont issus de l’Inde, le Sunniy Ulama and Aimmah Council demande au Premier ministre d’intervenir auprès de son homologue indien afin que les musulmans puissant à nouveau vivre en paix et en harmonie en Inde. Une demande réitérée dans une deuxième lettre adressée, à l’ambassadeur de l’Inde à Maurice.

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