Wednesday , 21 January 2026

La facilité, et non la difficulté

Au cœur de la révélation affirmant l’obligation du roza du mois de Ramadan, il est rappelé que Dieu veut pour nous la facilité, et non la difficulté. La vraie facilité, donc, et non la vraie difficulté. Car, il se peut que nous aimions une chose qui soit mauvaise pour nous, et n’aimions pas une chose qui soit bonne pour nous. Dieu sait infiniment mieux. Le Coran, Sa Parole, est descendu pour ainsi nous guider, nous apporter des preuves du droit chemin, et nous permettre de discerner. Jusqu’aujourd’hui, ici et maintenant, nous sommes témoins de tant d’exemples où la facilité prime réellement sur la difficulté lorsque nous cheminons sur la voie du musulman.

1. Roza

Dès le commencement avec la toute première mention du jeûne dans le Coran, la deuxième année de l’hégire, les malades et les voyageurs sont permis de ne pas l’accomplir. Et même, un moment, les autres gens qui l’observeront avec peine peuvent en être dispensés, mais immédiatement dans le verset suivant cette dernière catégorie n’est plus exemptée. Or, comme une évidence que Dieu veuille vraiment la facilité, et non la difficulté, les malades et les voyageurs sont mentionnés, à nouveau, avec toujours la possibilité de remplacer les jours manqués plus tard. À cela s’ajoutera les femmes dans certaines situations d’indisposition biologique.

Ceux qui n’ont pas espoir d’être capables de remplacer les rozas, comme pour cause de maladie gravement chronique, devront alors donner à manger aux pauvres, s’ils en ont les moyens. Avec une population vieillissante, nous voyons autour de nous tant de signes de cette miséricorde divine, tous ces dadas et dadis qui, et des moins âgés, après avoir jeûnés pendant des décennies, arrivent à un jour où cela leur est pratiquement irréalisable. Nous ne pouvons imaginer leur chagrin, même s’ils essayent de dépenser davantage que ce qui est prescrit comme compensation…

2. Sehri

À l’origine, le roza commençait à partir de la nuit, soit avec la disparition de la dernière lueur du soleil, pour terminer avec le coucher du soleil. Et il arriva qu’un compagnon à l’époque prophétique s’endormit au moment de la rupture du jeûne, l’iftar. Donc, il ne pourrait rien manger ou boire jusqu’au lendemain soir, devant enchaîner deux jours de roza continuellement. Il tomba sans connaissance et ainsi fut descendu le verset suivant établissant l’apparition du premier rayon du jour comme l’instant où débute le roza. Le repas qui le précède, le sehri, est très fortement recommandé, reconnu comme bénie. Il est aussi preuve de la facilité que Dieu a voulue.

Imaginons un instant qu’il n’y avait pas la possibilité de prendre ce repas, le sehri. Combien cela aurait été difficile de tenir toute une journée ! Même si pour certains manger et boire à une heure si tôt n’est pas si attrayant ou plaisant en soi, il y a du bien pour eux dans l’observation du sehri. Pour beaucoup, c’est ainsi qu’ils se réconcilient assidument avec la première prière de la journée qu’ils ne pourront, donc, nullement manquer. N’est-ce pas un peu là le secret derrière le constat que les croyants ne négligent pas le namaz pendant ce mois ? Un signe qu’il leur sera facilement envisageable de faire de même durant le reste de l’année. S’abstenir aussi, ainsi, de tout ce que Dieu a défendu comme Lui obéir ainsi dans ce qu’Il a ordonné. Et ce avec facilité, et non difficilement.

3. Iftar

La rupture du roza, l’iftar, est une autre évidence de la facilité que Dieu a voulue pour nous. Certes, c’est un des deux moments de contentement du croyant, quel que soit son âge, l’autre moment étant la rencontre avec Dieu, car il a observé le roza pour Lui. Mais la facilité se situe aussi dans la pratique qu’il ne faut pas retarder l’iftar, tout comme il faut essayer de repousser le sehri jusqu’à la limite autorisée. Prolonger le roza au-delà de l’iftar n’est aucunement un acte de piété. Et pour rompre le jeûne, il suffit d’une datte, sinon une gorgée d’eau. Les cultures dominantes, ici comme ailleurs, nous éloigne trop de la facilité si simple de l’authentique tradition islamique, nous poussant même aux extravagances extrêmes que sont les interminables « iftar parties ». La difficulté s’invite avec de tels abus, souvent très coûteux, à commencer par le fait qu’il devient difficile de prier immédiatement ensuite, et encore plus difficile de se consacrer au tarawîh, cette rencontre avec Dieu par le biais du Coran durant la nuit de Ramadan.

Finalement, avec la sécheresse et la chaleur qu’il fait ces temps-ci chez nous, comment trouver et prendre avantage de la facilité que Dieu a voulu pour nous, y compris dans l’exercice même du roza dans ce mois béni ? Si boire nous est interdit pendant le jour, ne faut-il pas saisir de cette épreuve qu’est la soif pour prendre conscience intimement que ce liquide est bien synonyme de vie ? Il faut remercier Dieu pour chaque goutte d’eau, de la facilité avec laquelle nous l’avons toujours pour beaucoup parmi nous. Facilité qui s’étend jusqu’à la manière que nos lèvres, notre bouche, notre estomac, notre intestin, notre vessie, notre corps accueille l’eau et en facilite le passage si essentiel pour notre santé. Il y a une facilité pareillement avec laquelle les systèmes environnementaux, des rivières jusqu’à l’océan à travers les nappes souterraines, participent au cycle naturel de l’eau. Il faut empêcher que la main destructive de l’homme y crée maintes difficultés, la pollution par exemple. Ce sont autant de responsabilités qui reviennent au jeûneur consciencieux, qui doit être particulièrement un consommateur très averti.

4. Faciliter

Le gaspillage d’eau, comme de la nourriture, est un péché, et nous devons en être encore plus sensibles pendant le mois de Ramadan. Puisque c’est aussi le mois de la générosité, de la solidarité et de l’action, ne faut-il pas s’engager davantage afin d’apporter des solutions aux épineux problèmes actuels liés à l’approvisionnement en eau ? De la collecte des eaux de pluie, lorsqu’il y en a, jusqu’au recyclage des eaux usées quand c’est approprié pour arroser des plantes, en passant par le fait de donner à boire aux animaux qui souffrent de la chaleur ou s’arranger pour que toute fuite soit réparée au plus vite, voilà autant de bonnes actions que nous devrons multiplier en ces jours. Faciliter ainsi la vie des autres et la nôtre, en quête du bien commun.

S’il fait une température torride, il est permis de se doucher sans que cela ne rompre le roza. C’est une facilité qui nous est offerte afin de mieux se sentir, mais il ne faut pas abuser de l’usage en eau en temps de sécheresse. Sinon pourquoi ne pas faire une ablution avec l’intention de se purifier spirituellement aussi ? Sachant qu’il est interdit d’utiliser plus d’eau qu’il en faut même si un fleuve coule devant nous. Si possible, il faut également ne pas se déshydrater en restant à l’ombre, à l’air frais ou à l’abri du soleil ardent… la valeur du jeûne n’augmente pas avec les souffrances qui sont évitables mais pas évitées.

Penser aussi à rendre plus facile pour les autres, comme ceux qui travaillent à l’extérieur, les conditions où ils opèrent, qu’ils soient jeûneurs ou non. Et même s’il n’est nullement nécessaire en général de prendre des jours de congé uniquement pour pouvoir observer le roza, alléger les préoccupations mondaines afin de faciliter la proximité avec Dieu pendant ce mois demeure une priorité. Pour soi-même, pour sa famille, pour ses collègues, mais aussi pour ceux qui sont sous son autorité. Faisons de ce mois celui de la facilité dans le plaisir de Dieu. L’historique du roza ou du sehri nous montre, entre autres, que c’est par une pédagogie graduelle que Dieu nous facilite vers la voie de la facilité.

« Wa nuyasiruka lil yusra. » Et Nous te faciliterons vers la facilité (Le Coran 87:8)

Par PROF. KHALIL ELAHEE

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