lundi , 15 juillet 2019
Accueil / Actualités / Journée mondiale du recyclage : l’avenir du recyclage à Maurice
Journée mondiale du recyclage

Journée mondiale du recyclage : l’avenir du recyclage à Maurice

Cette année, la campagne de sensibilisation et d’information s’adresse tout particulièrement aux jeunes. Son thème : « Recycler dans le futur ». C’est l’occasion de s’interroger sur notre comportement en matière de tri. Rencontre avec les responsables de l’association Mission verte à Curepipe et des sociétés de recyclage pour en savoir plus sur l’avenir du recyclage à Maurice.

Mission Verte est une association mauricienne active pour la protection de l’environnement à travers la sensibilisation et les actions positives. Créée au début de 2007, elle compte aujourd’hui 200 membres. Pour Véronique Menagé, assistante administrative de l’association,  les mauriciens sont de plus en plus nombreux à être conscients que le recyclage de certains déchets est possible et primordial. « Nous le voyons par nos poubelles de tri qui se remplissent rapidement et une demande constante pour l’installation de nouvelles poubelles de tri que nous ne pouvons malheureusement pas fournir pour des raisons financières et logistiques, » laisse-t-elle entendre.

L’explication est simple : l’association ne dispose que de deux petits camions qui assurent les collectes sur une quarantaine de sites. Mission Verte agit come une intermédiaire entre le public  et les recycleurs. « Nous avons des poubelles de tri dans lesquelles il est possible de venir déposer du papier, du carton, du plastique et des canettes en aluminium (conteneurs pour les boissons pas les boîtes de conserve). Nos camions récupèrent ensuite ces déchets recyclables pour les acheminer vers des entreprises qui recyclent à Maurice même ou qui exportent pour le recyclage, » explique Véronique Menagé..

D’autres déchets qui peuvent être recyclés, sont tous les végétaux pour le compost, le verre, les appareils électriques, électroniques, les piles et certaines ampoules.

Éviter de polluer la nature

Selon notre interlocutrice, les Mauriciens pourront apporter leur contribution au recyclage en faisant justement du recyclage. « On de doit pas jeter les déchets recyclables avec les autres déchets destinés à Mare Chicose et surtout à ne pas les jeter dans la nature, comme n’importe quel déchet du reste, » conseille-t-elle. Selon elle, il est effectivement important de recycler des déchets qui peuvent l’être pour deux raisons : La première pour ne pas aller puiser à nouveau dans la nature les matières premières qui s’épuisent mais plutôt utiliser celles qui sont déjà là. La seconde pour éviter de polluer la nature ne jetez pas tout automatiquement au dépotoir qui arrive bientôt au niveau de la saturation.

L’association organise souvent des sessions pour sensibiliser les gens sur les problèmes de pollution, sur le volume trop important de déchets que nous produisons et les inciter à réduire, réutiliser, recycler et composter. « Quand nous faisons des achats il est important d’évaluer la quantité de déchets qu’ils produiront, acheter des produits qui ont moins d’emballage, ou des emballages recyclables, compostables. Et aussi, il faudrait que le recyclage fasse partie de notre quotidien, devienne une habitude, je dirai même un devoir,» souligne-t-elle. Elle est d’avis que les petits gestes de chacun, mêmes s’ils paraissent négligeables, sont importants et contribuent à sauvegarder notre environnement.

Avant de sensibiliser les gens au recyclage dans le futur, Véronique Menagé pense qu’il faudra d’avantage penser « RÉDUIRE, RÉDUIRE » avant tout. « Par ce que l’objet qui a été fabriqué à partir de produits recyclables deviendra lui aussi un jour un déchet qui ne pourra pas forcément être recyclé à son tour, » conclut-elle.

Ajay Jahree, directeur d’Ecology Bags co Ltd : «On doit complètement interdire le plastique à Maurice»

Ajay JahreePour Ajay Jahree, le directeur d’Ecology Bags co Ltd à Riche Mare,  les Mauriciens ont beaucoup à apprendre sur le recyclage car selon lui on donne trop  d’importance aux sacs en plastique à Maurice. « Les Mauriciens ne réalisent pas que le plastique est nocif pour notre environnement. Les plastiques biodégradables prennent environ six mois pour qu’ils disparaissent dans la nature, tandis que le papier se dilue en quelques jours seulement dès qu’il vient au contact avec de l’eau, » fait-il ressortir. À son avis, il faut « complètement interdire l’utilisation de plastique à Maurice » pour préserver notre île-paradis  des méfaits néfastes à long terme.

Il nous indique qu’Ecology Bags co Ltd est une société qui importe du papier de l’Inde et de la Chine pour fabriquer des sacs et des gobelets en papier. Il fait importer le papier de l’étranger car il n’y a actuellement aucune usine de papier de recyclage Maurice. « J’ai créé cette compagnie avec l’objectif de protéger l’environnement car en privilégiant le papier recyclé on fait moins de tort à la nature et aux arbres qui sont détruits pour fabriquer plus de papier, » soutient-il. Il estime qu’il est de notre devoir de protéger notre environnement pour le bien de chacun sur la planète et pour les générations futures.


Denis Poonen de Compagnie Mauricienne de Commerce Ltée: «Le gouvernement doit opter pour une compagnie plus agressive»

Denis Poonen de Compagnie Mauricienne de Commerce LtéeLa Compagnie Mauricienne de Commerce Ltée située à Pailles, réchappe les pneus usés de camions et d’autobus. La compagnie qui représente la franchise internationale Bandag en Afrique du sud, réchappe en moyenne  2000 à 3000 pneus en un mois, ce qui représente environ 25 000 pneus qui pourraient se retrouver dans la nature par an.  Denis Poonen avance qu’un pneu pourra prendre 100 ans pour se dégrader dans la nature. Ce qui représente un grand danger à notre environnement. « Les insectes comme les moustiques qui s’abritent dans ces pneus sont souvent la source d’épidémies et de maladies, » explique-t-il. Avec un pneu recyclé, une personne pourra couvrir 90,000 km de plus et cela aide à diminuer conséquemment le nombre de pneus dans la nature.  « Heureusement qu’avec la conscientisation des médias, les gens deviennent plus conscients de leur environnement et pour cette raison le nombre de nos clients grimpe constamment », poursuit-il,. Il est d’avis que le gouvernement  doit opter pour des une « campagne de sensibilisation plus agressive au niveau national». « L’avenir est entre les mains des jeunes. Il faut qu’ils prennent conscience de l’importance d’un environnement plus sain, » conclut-il.


Michel Moonien de Paperlink : «Les Mauriciens doivent adopter une culture de tri des déchets»

Michel Moonien de PaperlinkLa compagnie Paperlink qui se trouve à Riche-Terre collecte environ 400 à 500 tonnes de déchets recyclables mensuellement pour leas faire recycler en Inde. « Le nombre pourra paraître conséquent aux yeux des Mauriciens mais c’est un chiffre très faible comparé aux déchets qui vont aux dépotoirs chaque mois. La plupart des Mauriciens n’ont pas une culture de tri de déchets dans notre pays, » déclare-t-il. Il estime que les compagnies de recyclage ont une grande importance pour notre pays car elles utilisent les déchets des gens de façon écologique.  « Je pense que plus de compagnies ainsi que plus de gens doivent participer  à la préservation de environnement, » estime-t-il.

Michel Moonien est d’avis que le gouvernement doit encourager davantage les gens à faire des tris en leur offrant des poubelles de recyclage. « Si on facilite la tâche des gens de cette façon, le gouvernement pourra rendre notre population écoresponsable,» indique-t-il. À son niveau, Paperlink dispose de véhicules pour collecter les déchets recyclables à travers l’île et place des poubelles dans plusieurs bureaux pour le ramassage d’objets recyclables. Concernant le thème de cette année, « recycler dans le futur» Michel Moonien se dit optimiste. « Les jeunes prennent le recyclage au sérieux. Beaucoup de jeunes universitaires nous invitent dans les séminaires pour mieux conscientiser leurs amis sur le recyclage, » dit-il. Son conseil: « Notre avenir est entre nos mains. C’est à nous de décider dans quel type d’environnement nous voulons respirer. »

Commentaires

A propos de Ahmad Fakuddeen Jilani

Ceci peut vous intéresser

Hadj 2019

Hadj 2019 : les dates de départ et de retour finalisées

À dix jours du départ du premier contingent des hadjees pour l’Arabie saoudite, tous les …