mercredi , 23 septembre 2020

Interdiction des rassemblements pour les mariages : la grogne chez les propriétaires de salles de fêtes

Les amoureux devront attendre avant de pouvoir se dire « oui ». Un des critères du plan de déconfinement a trait à l’interdiction des rassemblements pour les mariages. Ils sont nombreux les futurs mariés à avoir repoussé la date de leurs noces. Ce qui chamboule considérablement les plans des responsables des salles de fête à travers le pays.

Covid-19 est venue jouer les trouble-fête pour ceux qui s’apprêtaient à convoler en justes noces. Les rassemblements pour les mariages sont interdites et les salles de mariage resteront donc fermées jusqu’à nouvel ordre. C’est l’une des mesures qui s’inscrit dans le cadre du déconfinement national. Généralement, les mois de juin, juillet et août sont connus à Maurice comme la « saison des mariages ». Plusieurs propriétaires et responsables de salles de fêtes se disent dans l’incertitude.

Aslam Ajaree, propriétaire et directeur de Inous & Hafez Wedding Hall, à Phoenix, dit ne pas comprendre une telle décision. « Pourquoi interdire les rassemblements pour les mariages alors que les centres commerciaux, les restaurants et les marchés, entre autres, sont désormais ouverts et où la distanciation sociale n’est pas nécessairement respectée  ? Le gouvernement aurait pu autoriser les mariages dans les salles sous les même conditions sanitaires », lâche-t-il. Il soutient que la situation est difficile depuis le confinement. « Même si les salles de mariage sont restées fermées pendant le confinement, il y avait des coûts fixes à assurer comme la main d’oeuvre, le salaire des vigiles et autres employés, les prêts bancaires etc. », ajoute-t-il.

Rembourser les clients

De son côté, Yaasiin Soobadur, directeur de Issa Hall, à Mont-Ida, soutient qu’il est dans l’incertitude. « C’est de même pour beaucoup de nos clients, car nous ne savons encore quand les rassemblements pour les mariages seront autorisés. C’est une situation assez compliquée, car certains clients ont déjà fait leurs provisions pour les célébrations surtout concernant l’achat de la nourriture », avance-t-il. Notre interlocuteur se dit prêt à respecter toutes les mesures que le gouvernement imposera telles que la distanciation sociale, l’utilisation des désinfectants et le port du masque. « Je pense même faire installer une caméra infrarouge pour détecter la température des invités », dit-il.

Par ailleurs, au Gymkhana de Port-Louis, un préposé confie que la situation ne présage rien de bon. « Vu la situation économique couplée à l’insécurité au niveau de l’emploi, beaucoup de personnes ne pourront organiser des mariages », dit-il. Même son de cloche du côté de la Surtee Soonnee Mussulman Society (SSMS/Taher Bagh) où le président, Omar Ibrahim Amode Bahemia, avance que la situation restera floue jusqu’au 15 juin. « Ce n’est qu’après les décisions que vont prendre le gouvernement que nous allons savoir la marche à suivre. La situation est difficile car nous devons nous acquitter de nos frais chaque mois mais aussi rembourser les clients qui ont annulé leur mariage. On ignore pour l’instant l’impact que cela va avoir sur la SSMS, qui est une organisation à but non lucratif  », laisse-t-il entendre.

Annulation et report des cérémonies

Aslam Ajaree pense qu’il faudra au moins un mois pour pouvoir commencer à organiser des mariages dans les salles. « L’organisation d’un mariage n’est pas une mince affaire. Même si on obtient le feu-vert, cela prendra au moins un mois avant de pouvoir accueillir le premier mariage. Car, il faut aussi que le service traiteur, les pâtissiers, fleuristes, décorateurs, entre autres, puissent s’organiser », avance-t-il.

Il confie que 75% des clients ont reporté la date de leur mariage. « Ces personnes ont préféré reporter les célébrations à une date ultérieure et cela en fonction de la disponibilité de la salle. Certains ont même repoussé leur mariage à l’année prochaine », avance-t-il. Selon lui, 25% des clients sont en « mode attente » alors que 10% d’entre eux ont préféré annuler. «Nous allons malheureusement subir des déficits de plus d’un million de roupies pour juin, juillet et août », se désole Aslam Ajaree.

De son côté, Yaasiin Soobadur avance que désormais, les clients optent pour une réservation de la salle d’un jour seulement au lieu de trois comme c’est généralement le cas. « Ils n’ont pas le choix que de repousser leur mariage pour les jours de semaine, car les weekends sont déjà réservés. Au Issa Hall, 50% des clients ont tout bonnement annulé alors que l’autre moitié ont préféré reporté la date. J’ai dû rembourser les avances. Ceux qui ont repoussé la date l’ont fait dans un délai d’un an ou plus », explique-t-il.

Au Gymkhana Club, on laisse entendre qu’il y a eu des annulations également. « Ceux qui ont annulé sont principalement les clients dont les mariages étaient prévus pour mars et avril. D’autres clients ont préféré reporter à une date ultérieure et certains ont même reporté les célébrations à l’année prochaine. Cela dit, pour beaucoup, la cérémonie religieuse est plus importante que les réceptions en salle », dit un des responsables. À Taher Bagh, Omar Ibrahim Amode Bahemia soutient que les annulations sont d’actualité. « Ce sont principalement les clients qui avaient réservé pour le mois de mars, avril et aussi juin », dit-il.

Jameela Jaddoo

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