Friday , 19 July 2024

Importation de bétails : face à d’importantes pertes, Yousuf Jeeva change de stratégie

L’intention était bonne. Celle d’apporter plus de concurrence dans le secteur de l’importation et la vente de bœufs sur le marché local. Toutefois, face à des pertes de plusieurs dizaines de millions de roupies, Neel Group of Companies est contraint de revoir son ‘business model’.

Son PDG, Yousuf Jeeva, indique qu’en tant que nouveau ‘player’ dans ce secteur, il a eu à faire face à d’innombrables défis. La pandémie de la Covid-19 serait toutefois venue exacerber la situation. Parmi les difficultés évoquées, figure un approvisionnement constant en bétails de bonne qualité d’Afrique du Sud à un bon prix. La dépréciation de la roupie face au rand sud-africain a aussi été vécue comme un coup de massue. « Le rand est passé de Rs 2,25 à Rs 3,40 environ actuellement », souligne-t-il. La hausse du fret a aussi été au détriment de la compagnie importatrice de bétail.

Avec la hausse du coût de la vie, Yousuf Jeeva dit avoir enregistré une baisse dans la consommation parmi les Mauriciens. Par conséquent, les bœufs restent plus longtemps sur le parc, représentant un coût additionnel en termes de nourriture pour ces animaux. « Dès qu’une bête dépasse 45 jours dans le parc, vous commencez à perdre de l’argent  », souligne-t-il. Et d’ajouter : « Notre point faible c’est que nous importons environ 600 têtes qui passent entre 2 à 5 mois sur notre parc. Je vous laisse faire le calcul », dit-il.

Il indique que le groupe Neel a fait tout ce qu’il pouvait pour amortir les pertes, en vain. « Ce n’est pas rentable pour nous. Nous avons essayé d’améliorer nos opérations. But we are working at loss », ajoute-t-il. Ajouté à cela, il fait comprendre que la compagnie Neel, engagée dans la vente de meubles de bureau et de produits décoratifs a aussi souffert de la pandémie avec un baisse dans son chiffre d’affaires.

Viande transformée

Yousuf Jeeva pense cependant avoir trouvé un moyen de rester sur le marché en exploitant d’autres créneaux que le marché traditionnel. Il indique que ses plus gros clients sont les restaurants et les hôtels qui, dit-il, cherchent une viande transformée. Une activité dans laquelle le groupe Neel s’est lancée depuis 2021, à travers sa nouvelle filiale Island Meat. « Depuis septembre, nous sommes certifiés ISO avec d’autres accréditations et depuis quelques mois, nous livrons ces restaurants et ces hôtels », dit-il.

Yousuf Jeeva indique qu’il souhaite ainsi se focaliser davantage sur ce marché, tout en maintenant son marché traditionnel avec la livraison de viande aux bouchers. « Je compte ainsi mettre davantage mes finances et mes ressources dedans tout en gardant en tête d’aller vers un produit Made in Moris à travers l’élevage », annonce-t-il. Pour cela, le PDG de Neel indique qu’il est à la recherche d’un partenaire, existant ou nouveau, qui lui permettra d’obtenir les bétails nécessaires pour poursuivre avec ses opérations. « Je vais donc rester sur le marché mais avec un nouveau type de clientèle à fournir en sus des bouchers », précise-t-il.

Qurbani : L’importation de bœufs par Master Breeders incertaine

Interrogé sur une prochaine cargaison de bétails en marge du Qurbani 2022, Yousuf Jeeva dit être en réflexion. « Parce que les prix ont augmenté les années précédentes, nous avons dû essuyer pas mal de critiques à l’effet que malgré notre arrivée dans ce marché, le prix a grimpé au lieu de baisser. Je ne dis pas que je ne vais pas porter le chapeau cette année, mais nous sommes toujours en train de réfléchir si nous allons importer des bœufs pour le prochain Qurbani, ou pas », dit-il.

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