Sunday , 8 March 2026

Faveur d’Allah : à 100 ans, Dadi Fatimah jeûne toujours

Le 24 juin, Dadi Fatimah fêtera ses 101 ans. Convertie à l’Islam à 25 ans, elle n’a jamais cessé de faire le namaz, d’observer le roza de Ramadan et de réciter le Quran. À Plaine-Magnien, elle reste un symbole vivant de patience, de partage et de pardon.

Née en 1925 dans une fratrie de cinq enfants, Marie Yolande Raboude grandit à Rose-Belle dans une famille modeste où les valeurs comptaient plus que les biens matériels. Elle se souvient d’une enfance faite de respect, d’entraide et de discipline. « Nou ti viv simp mé ti ena lamour », raconte la centenaire avec émotion. Très jeune, elle apprend le sens du travail et l’importance du partage. Sa mémoire est impressionnante. À presque 101 ans, elle se rappelle chaque étape de sa vie avec une précision étonnante. « Mo rapel tou. Allah finn preserv mo memwar », affirme-t-elle.

En 1950, à l’âge de 25 ans, sa vie prend un tournant décisif. « Mo ti ale serss delo dan pwi. Syed Haroon Mahomathoo Ghaboos ti laba avek so bann kamarad. Nou finn kozé. Apré nou finn revwar », raconte-t-elle. Elle décrit Syed, un homme humble, bon, au cœur généreux. Il était sirdar, puis agent de Walter à l’époque. Par amour et par conviction, Marie Yolande embrasse l’Islam et devient Fatimah. Son époux lui offre des livres, lui apprend à lire le Quran et lui montre comment accomplir le namaz correctement. « Li finn montrer mwa pa par pa. Dépi sa zour-la, mo pa finn rate mo namaz. Zamé ! » dit-elle précisant que son époux est décédé à l’âge de 62 ans.

Le namaz, pilier d’une vie

Pour Fatimah, la prière n’est pas une habitude occasionnelle mais une discipline quotidienne. « Mo la foi, c’est tou letan mo fer namaz, mo garde roza, mo fer la sarité, mo rann servis dimoun », explique-t-elle. Chaque Ramadan, elle se lève à 3 heures du matin pour le sehri, même aujourd’hui à la veille de ses 101 ans. En temps normal, son petit-déjeuner reste simple : du thé, des biscuits et une banane. Elle insiste aussi sur l’importance de la lecture du Quran. « Si ou lir verset Quran, ou leker gagne trankilite », affirme-t-elle. Pour elle, la longévité et la mémoire exceptionnelle qu’elle possède sont des bénédictions divines : « Allah finn donne mwa sa. »

Parmi les moments historiques marquants de sa vie, Fatimah évoque surtout les Ramadans passés avec son époux et ses enfants. Elle se souvient des réveils avant l’aube, des repas partagés dans la simplicité, des salâts accomplies ensemble. « Ramzaan ti rasanblé nou. Nou ti fer ibadat ensam », confie-t-elle. Elle parle aussi avec émotion des célébrations de l’Eid-ul-Fitr, des visites chez les voisins et les proches, des plats échangés et des bénédictions partagées.

Une enseignante pour cinq familles

À Plaine-Magnien, plusieurs jeunes couples fraîchement mariés sont venus la voir pour apprendre à accomplir correctement le namaz. « Zot ti fek marié, zot pa ti koné bien. Mo finn explik zot kouma fer namaz », raconte-t-elle. Elle leur montre les gestes, les paroles, l’importance de la régularité et du respect des horaires. Elle leur parle aussi de la lecture du Quran et de la nécessité de vivre dans le pardon. « Pa gard rankinn. Bizin konn pardoner. Allah konten dimounn ki pardoner », répète-t-elle. Cinq familles ont ainsi appris grâce à elle les bases de la prière et l’importance de la discipline spirituelle.

Descendance immense

De son union avec Syed Haroon, Fatimah donne naissance à huit enfants. Trois d’entre eux partent trop tôt, une douleur qu’elle évoque avec pudeur. « Perdi ou zenfan, li bien dir pou enn mama. Mé mo finn aksepte volonté Allah », confie-t-elle. Aujourd’hui, sa famille compte 25 petits-enfants, 43 arrière-petits-enfants et déjà deux arrière-arrière-petits-enfants. Elle rit en disant : « Ena inpe dimounn la ! »

Elle a toujours inculqué à ses enfants le respect, le partage et le pardon. « Mo montrer mo ban zenfan pu fer bon, pu aide lezot, pu pa garde la haine dan leker. »

La perte de la vue, mais pas de la lumière

Il y a 35 ans, la tension oculaire lui fait perdre la vue. Une épreuve immense. Pourtant, elle ne se laisse pas abattre. « Mo pa trouve, Mé mo fer mo namaz, mo resit Quran », affirme-t-elle avec assurance. D’ailleurs, Dadi Fatimah connaît de nombreux versets par cœur. Elle continue à participer aux tâches de la maison. Elle coupe les légumes, prépare la pâte au fromage, confectionne des gâteaux gingeli que sa fille Faiza, 62 ans, fait frire ensuite. « Mo pa konten res amplas. Mo bizin bouzé », dit-elle avec énergie.

Un message fort aux jeunes générations

À l’approche de ses 101 ans, Dadi Fatimah lance un appel aux jeunes. « Mo pou gagne 101 ans, mo resit Quran malgré mo pa trouve, mo pa rate namaz. Ki exkiz zot ena ? » Son message est clair : le chemin d’Allah est béni. « Fer namaz, lire Quran, Allah pou donn zot so benediktion. Si ou mars dan so simé, ou pou gagne la paix dan ou leker », conclut la centenaire.

Azeem Khodabux

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